Les leaders syndicaux du Canada mettent sur pied une cellule de crise pour contrer les restrictions au droit de grève du gouvernement Carney
EnglishOTTAWA, ON, le 29 oct. 2026 /CNW/ -- Des leaders syndicaux de partout au Canada ont annoncé aujourd'hui la création d'une cellule de crise nationale pour soutenir les syndicats confrontés à des interventions gouvernementales et coordonner la riposte aux restrictions au droit de grève proposées dans le projet de loi C-39.
Réunis à Ottawa à l'occasion du Conseil canadien du Congrès du travail du Canada (CTC), les leaders syndicaux se sont engagés à mettre en commun leurs ressources juridiques, politiques et de communication pour défendre les syndicats touchés et leurs membres. Ils ont prévenu le premier ministre Mark Carney que les restrictions proposées par son gouvernement risquent de plonger le Canada dans des années de conflits de travail et de coûteuses contestations constitutionnelles.
De plus, le groupe s'est engagé à combattre les restrictions proposées dans le projet de loi C-39 et a demandé au gouvernement d'abroger l'article 107 du Code canadien du travail.
« Le projet de loi C-39 pourrait plonger le Canada dans des années de conflits de travail et de batailles judiciaires coûteuses, a déclaré Bea Bruske, présidente du CTC. Les entreprises veulent assurer la circulation des marchandises, conquérir de nouveaux marchés et réaliser de grands projets. Passer des années à se battre contre les travailleurs devant les tribunaux ne permettra d'atteindre aucun de ces objectifs. »
Cet avertissement survient alors que le premier ministre Carney accueille les dirigeants de l'Union européenne à Montréal pour renforcer les liens économiques, tandis que des informations indiquent que les pays de l'UE ont abandonné une proposition visant à offrir au Canada le statut de membre associé.
La Confédération syndicale internationale a prévenu que les restrictions proposées risquent fort de contrevenir aux obligations internationales du Canada en matière de droits du travail. IndustriALL Global Union et la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE ont également dénoncé l'approche du gouvernement.
Les leaders syndicaux préviennent qu'en donnant aux employeurs des raisons de compter sur une intervention gouvernementale, le gouvernement rendra les conflits de travail plus difficiles à régler, et non l'inverse.
« Pour nos membres, les conséquences sont claires. Un employeur qui compte sur Ottawa pour intervenir n'a aucune raison de négocier sérieusement. Personne ne souhaite faire la grève, surtout pas les travailleuses et les travailleurs qui doivent renoncer à leur paie. Le droit de grève, c'est notre seul véritable rapport de force à la table de négociation », a déclaré David Chartrand, vice-président général canadien de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale (AIM).
« Ce qui se passe chez Stelco nous rappelle à quel point les grandes entreprises ont déjà du pouvoir sur les travailleurs. Avec le projet de loi C-39, le gouvernement voudrait leur enlever le seul moyen de faire contrepoids : le droit de grève. Nous voulons tous une économie forte. Mais on ne peut pas bâtir un Canada plus fort en affaiblissant les droits des travailleuses et des travailleurs qui le bâtissent », a déclaré Marty Warren, directeur national du Syndicat des Métallos.
Bea Bruske a exhorté le premier ministre à reconnaître que le respect des droits des travailleuses et des travailleurs est essentiel à la construction d'une économie forte, alors qu'il rencontre les dirigeants européens.
« Le Canada a besoin d'une économie forte, et les travailleuses et les travailleurs sont indispensables pour y arriver. Ce n'est pas en affaiblissant leurs droits qu'on va y parvenir. Le gouvernement doit abroger l'article 107 et retirer ces nouvelles restrictions au droit de grève. »
SOURCE Congrès du travail du Canada (CTC)

Pour obtenir une entrevue, veuillez communiquer avec : Relations avec les médias, CTC, [email protected], 613-526-7426
Share this article