Les associations médicales demandent au gouvernement de l'Alberta de revenir sur sa décision d'élargir le champ d'exercice chirurgical des optométristes
EnglishLa SCO, l'EPSAA et la Section d'ophtalmologie de l'AMA soulèvent des préoccupations entourant la sécurité des patients, la formation médicale et chirurgicale ainsi que la compétence clinique.
CALGARY, AB, le 30 oct. 2026 /CNW/ -- La Société canadienne d'ophtalmologie (SCO), l'Association des médecins et chirurgiens de l'œil de l'Alberta (Eye Physicians and Surgeons Association of Alberta [EPSAA]) et la Section d'ophtalmologie de l'Association médicale de l'Alberta (AMA) demandent au gouvernement de l'Alberta de revenir sur sa décision d'élargir le champ d'exercice des optométristes pour y inclure certaines interventions au laser, des interventions chirurgicales dites « mineures » ainsi que l'administration d'injections, invoquant de graves préoccupations concernant la sécurité des patients, la formation médicale et chirurgicale ainsi que les compétences cliniques.
Annoncées le 26 octobre 2026, les modifications réglementaires doivent entrer en vigueur le 1er novembre, avec une mise en œuvre progressive et des exigences d'autorisation supplémentaires pour les optométristes qui souhaitent réaliser ces interventions.
Même si les optométristes jouent un rôle important dans l'offre de soins oculaires primaires, leur formation professionnelle et leur formation clinique diffèrent considérablement de la formation médicale et chirurgicale reçue par les ophtalmologistes.
Selon le programme d'études publié par l'Université de Waterloo, le cours Interventions au laser et interventions chirurgicales mineures en cabinet à l'intention des optométristes comprend environ 40 heures de formation, dont 12 heures de travaux pratiques en laboratoire en personne. En revanche, les ophtalmologistes font des études en médecine, puis suivent un minimum de cinq ans de formation en résidence agréée par le Collège royal, qui comprend une vaste expérience clinique et chirurgicale sous supervision, une prise de responsabilités progressive et des évaluations répétées des compétences.
« La sécurité des patients doit demeurer notre plus grande priorité lorsque nous envisageons des changements à la prestation des soins oculaires », a déclaré la Dre Nina Ahuja, présidente de la Société canadienne d'ophtalmologie. « Nous devons avoir la certitude que les patients recevront des soins sûrs et de grande qualité, peu importe leur lieu de résidence et les professionnels qui prodiguent ces soins. Des décisions de cette nature doivent reposer sur des données probantes et une véritable consultation auprès des experts médicaux et chirurgicaux. »
Bien que le cadre d'autorisation de l'Alberta comprenne une formation supplémentaire, des examens et des exigences relatives à des stages cliniques supervisés, la pertinence de ces mesures de protection doit faire l'objet d'une évaluation transparente et indépendante, qui accorde une attention particulière à la sélection des patients, à la maîtrise des techniques interventionnelles, à la prise en charge des complications et à la supervision clinique. Une formation complémentaire aux techniques interventionnelles ne doit pas être considérée comme équivalente à l'étendue des connaissances médicales, au jugement chirurgical et à l'expérience qui s'acquièrent au fil de nombreuses années d'études en médecine et de résidence en spécialité.
« Apprendre à réaliser une intervention ne signifie pas savoir dans quelles circonstances la réaliser - et, surtout, dans quelles circonstances s'abstenir de le faire », a déclaré le Dr Colin Mann, président du Conseil des grands enjeux de la profession de la Société canadienne d'ophtalmologie. « Ce jugement nécessite une compréhension approfondie des maladies oculaires, une connaissance des autres options thérapeutiques et des risques, ainsi que l'expérience nécessaire pour prendre en charge les complications lorsqu'elles surviennent. »
Même des interventions au laser relativement courtes réalisées en cabinet exigent une sélection rigoureuse des patients, un diagnostic précis ainsi que la capacité de reconnaître et de prendre en charge des complications potentiellement graves qui, dans certains cas, peuvent menacer la vision. Les interventions dites « mineures » peuvent elles aussi présenter des défis considérables sur le plan diagnostic, notamment la possibilité qu'une lésion palpébrale apparemment bénigne soit en réalité cancéreuse et nécessite des techniques chirurgicales spécialisées pour être retirée de manière appropriée.
La SCO, l'EPSAA et la Section d'ophtalmologie de l'AMA sont conscientes de l'importance d'améliorer l'accès à des soins oculaires opportuns, en particulier dans les collectivités rurales et mal desservies, et reconnaissent la valeur de la collaboration entre les ophtalmologistes et les optométristes dans la prestation des soins aux patients. Toutefois, un meilleur accès aux soins doit s'accompagner d'une formation et d'une expertise à la hauteur de la complexité des soins prodigués, de mesures de protection clinique et de décisions réglementaires fondées sur les données probantes. Ces organisations demandent également des données probantes démontrant l'existence d'obstacles importants à l'accès à ces interventions précises ou de délais d'attente considérables, ainsi que des éléments démontrant qu'un élargissement du champ d'exercice interventionnel des optométristes permettrait d'améliorer concrètement l'accès aux soins, particulièrement pour les patients des collectivités rurales et éloignées.
« Depuis plusieurs années, nous collaborons avec les gouvernements qui se sont succédé en Alberta afin de leur faire part de ces préoccupations et de veiller à ce que la sécurité des patients demeure au cœur de tout changement proposé », a déclaré le Dr David Ehmann, président de l'Association des médecins et chirurgiens de l'œil de l'Alberta. « Malgré notre mobilisation de longue date, d'importantes questions demeurent sans réponse. Nous sommes déçus que la décision ait été prise sans la consultation supplémentaire à laquelle nous nous attendions. »
La décision de l'Alberta - l'unique province canadienne à autoriser les optométristes à réaliser ces interventions - entraîne des répercussions qui dépassent les frontières provinciales.
La SCO, l'EPSAA et la Section d'ophtalmologie de l'AMA demandent au gouvernement de l'Alberta de revenir sur sa décision et de mener une véritable consultation auprès des représentants de l'ophtalmologie avant d'aller de l'avant avec tout élargissement du champ d'exercice interventionnel.
Ces organisations demeurent déterminées à collaborer avec le gouvernement, les optométristes et d'autres professionnels de la santé dans le but d'améliorer l'accès à des soins oculaires opportuns au moyen de solutions éclairées par des données probantes, y compris de meilleurs parcours d'orientation vers des soins spécialisés, des modèles de soins collaboratifs et un meilleur accès à des spécialistes possédant la formation et l'expertise nécessaires pour offrir des soins sûrs et de grande qualité, veillant ainsi à ce que la sécurité des patients demeure la principale priorité.
À propos de la Société canadienne d'ophtalmologie
La Société canadienne d'ophtalmologie (SCO) est l'association professionnelle nationale représentant les ophtalmologistes au Canada. La SCO a à cœur la poursuite de l'excellence en ophtalmologie et en soins oculaires grâce à l'éducation, à la représentation et à la promotion de soins aux patients de grande qualité.
www.cos-sco.ca
À propos de l'Association des médecins et chirurgiens de l'œil de l'Alberta
L'Association des médecins et chirurgiens de l'œil de l'Alberta (Eye Physicians and Surgeons Association of Alberta [EPSAA]) représente les ophtalmologistes de l'Alberta et plaide pour des soins oculaires médicaux et chirurgicaux de grande qualité ainsi que pour la sécurité des patients dans l'ensemble de la province.
https://epsaa.ca/
À propos de la Section d'ophtalmologie de l'Association médicale de l'Alberta
La Section d'ophtalmologie de l'Association médicale de l'Alberta (AMA) représente les ophtalmologistes faisant partie de l'AMA et fournit une plateforme pour aborder les questions ayant une incidence sur l'exercice de l'ophtalmologie en Alberta. La Section soutient les efforts de représentation et la participation des membres sur des questions se rapportant aux soins oculaires médicaux et chirurgicaux, aux normes cliniques et à la sécurité des patients.
https://www.albertadoctors.org/about/governance/sections/ophthalmology/
SOURCE La Société canadienne d’ophtalmologie (SCO)

Personne-ressource pour les médias : Isabelle Del Rio, [email protected], 647 839-0445
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