Fonderie Horne : le premier ministre Legault doit terminer le travail avant son départ
ROUYN-NORANDA et MONTRÉAL, le 19 janv. 2026 /CNW/ - La CSN et les Métallos (FTQ) estiment qu'il est minuit moins une pour conclure une entente entre le gouvernement du Québec et la Fonderie Horne (Glencore), afin d'assurer la pérennité de la filière du cuivre. Rappelons que le début de la procédure de fermeture est prévu pour le 31 janvier prochain.
« Le premier ministre Legault, qui est aussi responsable de la région de l'Abitibi-Témiscamingue, doit finaliser une entente acceptable avec Glencore avant de quitter son poste. Sinon, le possible changement de gouvernement en octobre va faire perdre beaucoup de temps. On jouerait alors avec le feu pour l'avenir de la seule fonderie de cuivre au Canada », soutient Caroline Senneville, présidente de la CSN.
Incertitude interminable
Le Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda-CSN ainsi que la section locale 6887 des Métallos à l'affinerie CCR de Montréal-Est tiennent à rappeler que la période d'incertitude sur l'avenir des emplois pèse lourdement sur la santé psychologique des travailleuses et travailleurs des deux usines ainsi que de l'ensemble de la communauté.
« Nos membres vivent avec une pression constante depuis 2018, et même depuis plus longtemps encore. Lorsque surviennent des événements hors de notre contrôle, comme l'annonce du premier ministre cette semaine, cela peut amplifier le stress, l'inquiétude et le sentiment d'insécurité face à l'avenir », soulignent le président du Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda-CSN, Shawn Smith, ainsi que celui de la section locale 6887 des Métallos à l'affinerie CCR de Montréal-Est, Stéphane Côté.
Soulignons qu'à l'heure actuelle, la Fonderie Horne compte un peu plus de 50 travailleuses et travailleurs de moins qu'à pareille date l'an dernier. La polarisation médiatique et politique entourant le dossier n'est pas sans conséquences : presque aucun nouveau curriculum vitae n'est reçu, alors que l'usine doit continuer de produire au même rythme. Cette situation exerce une pression supplémentaire sur les équipes en place. « C'est intenable à moyen terme », précise Shawn Smith.
L'importance du cuivre
Si la Fonderie Horne disparaît, l'usine CCR de Montréal fermerait aussi ses portes, puisqu'elle s'approvisionne principalement à l'usine de Rouyn-Noranda. « La norme de 15 nanogrammes d'arsenic permet d'assurer un équilibre entre la santé de la population et la pérennité des emplois et des communautés. Le Québec et le Canada au complet ont besoin de cuivre et ces deux usines sont essentielles au recyclage des batteries. Le suspense a assez duré, le gouvernement doit faire son lit », plaide le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre.
« Le cuivre est essentiel pour la transition énergétique, puisqu'il est une composante de tout appareil électrique ou électronique, de même que des lignes de transport d'électricité. Et c'est possible de produire du cuivre selon des normes environnementales comparables à celles du reste du Canada ou de l'Europe. Il ne s'agit pas de donner une passe gratuite à Glencore, simplement d'être réaliste sur les objectifs », soutient Kevin Gagnon, président de la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN).
Ce dernier ajoute que l'immense chantier prévu par Hydro-Québec dans les prochaines années nécessitera plusieurs tonnes de cuivre et qu'il serait hasardeux de dépendre complètement des importations en ces temps incertains.
Les discussions sur le rachat de Glencore par Rio Tinto ajoutent à l'incertitude. Si cette fusion de deux grandes multinationales advient, le géant qui en résulterait pourrait prendre de nouvelles décisions en fonction de l'ensemble de ses nombreuses usines partout dans le monde, surtout si l'incertitude persiste sur le droit de produire à la Fonderie Horne. « Il est donc urgent de régler si l'on veut que l'intérêt du Québec et du Canada compte dans la décision finale sur l'avenir de la Fonderie Horne », font valoir le président de la FIM-CSN, Kevin Gagnon, ainsi que le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre.
Instabilité politique pour la région
Depuis la fin du premier mandat de la CAQ en 2022, aucun député régional n'a occupé le poste de ministre responsable de la région. Pendant cette période, Mathieu Lacombe, Jean Boulet et François Legault se sont succédé dans ce rôle. Ce dernier va quitter à son tour et il n'a pas encore terminé ce mandat. « Cette instabilité n'envoie pas un signal positif, tant pour l'attractivité de Rouyn-Noranda que pour celle de l'ensemble de la région. », souligne Félix-Antoine Lafleur, président du Conseil central d'Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec.
À propos
Le Syndicat des travailleurs de la Mine Noranda (STMN-CSN) compte environ 400 membres et est affilié à la Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN), laquelle rassemble plus de 25 000 travailleuses et travailleurs réunis dans plus de 320 syndicats à travers toutes les régions du Québec. La CSN compte 330 000 membres répartis dans 2 000 syndicats, 8 fédérations et 13 conseils centraux, dont le Conseil central de l'Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec-CSN. La CSN œuvre pour une société solidaire, démocratique, équitable et durable.
Le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, est le plus important syndicat du secteur privé au Québec. Il regroupe plus de 60 000 travailleurs et travailleuses de tous les secteurs économiques.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Source : CSN et Syndicat des Métallos (FTQ); Renseignements : Thierry Larivière, 514-966-4380, [email protected]; Clairandrée Cauchy, 514 774-4001, [email protected]
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