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Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)10 avr, 2026, 09:46 ET
MONTRÉAL, le 10 avril 2026 /CNW/ - Face aux crises sociales de l'inabordabilité du logement et de l'itinérance qui prennent de l'ampleur, des groupes sociaux de divers horizons lancent une nouvelle coalition contre le logement cher, répondant à l'appel du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ). La Coalition contre le logement cher exige que le gouvernement québécois adopte des mesures structurantes pour assurer le droit au logement, comme le contrôle des loyers et le développement massif de logements sociaux.
Jusqu'ici, la Coalition réunit une quinzaine de regroupements nationaux dont la Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC), le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), le Regroupement des organismes en hébergement pour les personnes migrantes (ROHMI), le Réseau québécois des OSBL d'habitation (RQOH), le Réseau d'action pour l'égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ), la Fédération des locataires de HLM du Québec (FLHLMQ), le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), le Fédération des maisons d'hébergement pour femmes(FMHF), L'R des Centres de femme et le Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ). À peine lancée, la coalition commence déjà à recevoir les adhésions de nombreux autres groupes locaux et régionaux. «Le consensus sur l'urgence de la situation pour les locataires exige de parler d'une seule voix» selon les organisations sociales.
Selon le dernier recensement de Statistique Canada en 2021, 173 000 ménages locataires du Québec avaient des besoins impérieux de logement (logements inabordables, insalubres ou trop petits), avec un revenu médian annuel de seulement 21 400 $. La situation n'a fait qu'empirer de plus en plus rapidement depuis. Cette réalité doit être au cœur de l'élaboration des politiques en habitation, insiste la nouvelle coalition. Le gouvernement n'a plus d'excuses pour l'ignorer. La crise du logement cher frappe de manière disproportionnée les personnes à faibles et modestes revenus. Elle se vit dans les grands centres urbains comme dans les régions, et ses conséquences dramatiques sur l'itinérance, l'insécurité alimentaire, la santé physique et mentale et le développement des enfants sont démontrés par plusieurs études.
Les organisations membres de la Coalition constatent que les mesures mises de l'avant par le gouvernement ont échoué. Elles ne s'attaquent pas aux causes réelles : le faible encadrement du marché locatif et le déficit de construction de logements sociaux. Au lieu d'y remédier, le gouvernement accuse l'immigration et réduit le débat à une question d'offre. Présentement, il manque de protections pour les locataires qui subissent des hausses de loyers qui les appauvrissent observent les organisations sociales de divers milieux. Les reprises de logements de mauvaise foi et les évictions se multiplient, les loyers sont poussés à la hausse par l'absence de contrôle des loyers, les projets de coopératives et d'OSBL d'habitation portés par les communautés stagnent et les listes d'attente pour un HLM s'allongent d'année en année en l'absence d'un programme de logements publics.
Trois revendications phares
Les organisations membres de la Coalition s'unissent autour de trois revendications cardinales pour permettre une sortie durable de la crise.
La première est la mise en œuvre d'un réel contrôle des loyers au Québec, pour mettre fin à la spirale des hausses abusives qui appauvrissent les locataires et les déracinent de leurs milieux. Les loyers médians ont augmenté de plus de 30% en 5 ans seulement, bien plus que les revenus des ménages. Et près de la moitié des locataires, dont une majorité de femmes, mettent plus de 30% de leur revenu dans leur loyer. Avec le coût de la vie qui explose, comment peut-on espérer vivre décemment?
La seconde est le développement massif du logement social sous forme de HLM, de coopératives et d'OSBL d'habitation, répondant à la capacité de payer des locataires ayant des besoins urgents. Le logement social est une mesure structurante parce qu'il sort le logement de la logique de marché : de propriété collective, sans but lucratif. Il doit être subventionné adéquatement par les gouvernements pour garantir des loyers immédiatement accessibles financièrement. En plus d'offrir une sécurité résidentielle et un pouvoir des locataires sur leurs conditions de vie, le logement social a un effet déflationniste sur les loyers des secteurs où il s'implante. Les investissements dans le logement social ne sont pas une dépense, mais une politique sociale dont les coûts seront toujours inférieurs aux coûts sociaux et humains du mal-logement et de l'itinérance. C'est le devoir de l'État de le financer pour mettre en œuvre le droit au logement et à la dignité de tous et toutes insiste la coalition.
La troisième est la reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés du Québec, pour consacrer la primauté de ce droit sur sa marchandisation. La Stratégie québécoise en habitation n'a produit ni reconnaissance du droit au logement, ni surtout, de mesures concrètes pour sa mise en œuvre. Le droit au logement est pourtant un prérequis à l'exercice d'autres droits (à la santé, à l'éducation, à la dignité).
Ces 3 mesures structurantes et complémentaires sont les exigences de la Coalition envers le gouvernement actuel et celui à venir. La Coalition ne se contente pas d'énoncer des revendications : elle se dote d'un plan d'action pour construire un rapport de force réel avec le gouvernement du Québec à commencer par la manifestation organisée par le RCLALQ pour la Journée des locataires du 24 avril. Rassemblant des locataires et leurs alliés de toutes les régions du Québec, elle rendra visible et incontournable la colère, l'impatience et la détermination de ceux et celles qui vivent la crise tous les jours.
CITATIONS
"Une société plus juste ne met personne à la rue. Pour y arriver, il est temps de s'attaquer aux causes de l'appauvrissement de la population, et en particulier celle des locataires! Contrôler les loyers, créer des logements sociaux, et penser que le logement est un droit sont les clés de notre avenir commun! Le logement n'est pas une source de profit, c'est la condition de base pour que les gens puissent vivre dignement."
"Nos demandes sont simples, et leur mise en place doit être la priorité des prochaines années quel que soit le gouvernement. " - Benoit Rullier, RCLALQ
Le gouvernement caquiste soumet le logement social à une logique financière qui trahit sa mission première. En le rendant encore plus dépendant du marché et des institutions financières, il sacrifie son abordabilité réelle et affaiblit les garanties que ces logements financés à même les fonds publics demeureront abordables dans le temps et resteront de propriété collective. On ne peut pas se permettre d'attendre 20 ans pour que des logements dits « abordables » le soient vraiment. Les besoins sont immédiats, massifs et ils s'aggravent. Il est urgent de recréer les conditions pour que du logement social se développe, ce qui passe nécessairement par des programmes gouvernementaux ambitieux. Il est temps que le Québec prenne au sérieux son obligation de mettre en œuvre progressivement le droit au logement. -Véronique Laflamme, FRAPRU
SOURCE Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

Informations et demandes d'entrevues : Véronique Laflamme, FRAPRU: 418 956-3403; Benoit Rullier, RCLALQ : 514 781-2220 (français); Steve Baird, RCLALQ : 514 781-2220 (anglais)
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