Le Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal (MMFIM) dévoile ses priorités électorales et réclame des engagements concrets pour répondre à une crise humanitaire qui ne peut plus être ignorée
EnglishMONTRÉAL, le 15 juin 2026 /CNW/ - Le MMFIM a tenu aujourd'hui une conférence de presse afin de lancer un appel clair à l'ensemble des partis politiques provinciaux : reconnaître l'itinérance pour ce qu'elle est devenue, soit une véritable crise humanitaire, et s'engager à mettre en œuvre des solutions à la hauteur de l'urgence.
À l'approche de la prochaine campagne électorale au Québec, le MMFIM y a présenté quatre leviers d'action prioritaires visant à transformer les réponses ponctuelles en de véritables engagements durables et mesurables.
Les données sont sans équivoque. Plus de 12 000 personnes étaient en situation d'itinérance visible au Québec en 2025, une hausse de 20 % depuis 2022. À Montréal seulement, plus de 5 000 personnes vivent actuellement sans logement stable. Derrière ces chiffres se trouvent des trajectoires marquées par des ruptures de logement, des sorties institutionnelles mal accompagnées et de la pauvreté. Ce n'est sans doute que la pointe de l'iceberg car 19% des ménages à Montréal peinent à payer leur loyer. De plus, 24% font appel aux banques alimentaires. Ces gens sont à risque de se retrouver en situation d'itinérance.
Les organismes communautaires continuent de développer de nouvelles réponses à cette hausse des besoins mais assument une pression sans précédent. Bien que le budget provincial 2026-2027 maintienne les niveaux de financement actuels, l'absence d'indexation adéquate depuis 2024 et la croissance rapide des besoins se traduisent concrètement par un affaiblissement de leur capacité d'intervention.
« L'itinérance est devenue une crise humanitaire. Il faut reconnaître que l'itinérance est un enjeu structurel qui mérite une réponse structurée et cohérente. Nous avons les connaissances, les solutions éprouvées et l'expertise terrain pour agir et inverser la tendance. La question n'est plus de savoir quoi faire, mais de démontrer la volonté politique nécessaire pour passer d'une logique de gestion de crise à une stratégie durable de prévention et de sortie de l'itinérance », a déclaré Michèle Chappaz, directrice générale du MMFIM.
Les résultats démontrent pourtant que les investissements portent fruit. Entre 2015 et 2024, 14 organismes membres ont accompagné près de 70 % de l'ensemble des personnes sorties de l'itinérance à Montréal. Chaque personne soutenue vers un logement permanent représente non seulement un gain humain majeur, mais aussi une utilisation plus efficiente des ressources publiques. Il est urgent de multiplier ces gains.
Les quatre priorités du MMFIM
1. Adopter un plan d'action national ambitieux et imputable
Mettre en place, dès le début du prochain mandat, un plan gouvernemental assorti de cibles annuelles mesurables et d'une reddition de comptes publique à l'Assemblée nationale.
2. Assurer un financement stable et prévisible du communautaire
Garantir aux organismes œuvrant en itinérance un financement pluriannuel de trois à cinq ans, pleinement indexé et adapté à l'évolution des besoins.
3. Accélérer le développement du logement hors marché
S'engager vers une cible de 20 % de logements hors marché dans le parc locatif québécois, soutenue par un fonds permanent dédié et des mécanismes accélérés d'approbation des projets.
4. Prévenir les entrées en itinérance à la sortie des institutions
Faire de la prévention de la perte du logement une priorité, tout en instaurant une directive interministérielle garantissant qu'aucune personne ne quitte un centre jeunesse, un établissement de santé, un centre de détention ou une maison d'hébergement sans solution de logement et plan d'accompagnement.
Le MMFIM lance également une invitation formelle à tous les partis politiques provinciaux : venez sur le terrain. Rencontrez les intervenants. Voyez ce que vivent les personnes en situation d'itinérance et les personnes qui les accompagnent. Les décisions qui se prennent à Québec ont des conséquences directes sur des vies réelles. Au-delà des chiffres, il s'agit de personnes. Il est temps de faire de la lutte à l'itinérance une véritable priorité nationale.
La conférence de presse s'est déroulée en présence de Michèle Chappaz, directrice générale du MMFIM, Alexandre Lampron, directeur des affaires publiques du MMFIM, Sonia Côté, présidente-directrice générale du Chaînon, Marie Depelteau-Paquette, directrice générale de L'ACHAT, Jaëlle Bégarin, présidente-directrice générale de la Maison du Père, Pauline Marois, ancienne première ministre du Québec et Benoît Langevin, responsable du développement social et de la cohabitation au comité exécutif de la Ville de Montréal.
À propos du MMFIM
Le Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal (MMFIM) rassemble une cinquantaine de membres issus des milieux communautaires, institutionnels et d'affaires pour proposer des solutions concrètes pour prévenir, réduire et mettre fin à l'itinérance à Montréal. À titre d'exemple, depuis 2015, quatorze organismes membres ont accompagné près de 5 000 personnes vers le logement avec un taux de maintien en logement élevé. mmfim.ca
SOURCE Mouvement pour mettre fin à l'itinérance à Montréal

Pour information et demandes d'entrevues : Daniel Tran, Casacom, 514-686-8299, [email protected]
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