Cégep de Saint-Laurent : la CSN dénonce les coupes sauvages en francisation
MONTRÉAL, le 11 avril 2026 /CNW/ - Alors que le gouvernement du Québec prétend vouloir protéger la langue française et favoriser l'intégration des nouveaux arrivants, le programme de francisation établi depuis deux décennies au Cégep de Saint-Laurent, à Montréal, fermera complètement dans quelques jours. Pour la CSN, c'est une quinzaine de postes de perdus, des animatrices et animateurs, ainsi que des professionnel-les. Pour le Québec, c'est un recul inexplicable. Rappelons que le gouvernement caquiste se targuait, slogan à l'appui, que des personnes immigrantes, « il faut en prendre moins, mais en prendre soin ».
On envoie ainsi un signal contradictoire quant au maintien du programme de francisation, pourtant si bénéfique à l'intégration. Cette fermeture met aussi en lumière l'état pitoyable de nombreux cégeps, puisque le manque de locaux utilisables est l'un des facteurs qui ont sonné la fin des cours de francisation au Cégep Saint-Laurent.
Le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, Jean-François Roberge, se vantait cette semaine d'avoir repris le « contrôle » sur la liste d'attente en francisation, notamment en raison de la baisse de l'immigration. Le ministre semble plutôt déconnecté de la réalité terrain : des groupes de francisation sont dissous, des travailleurs et travailleuses perdent leur emploi et on met en péril l'intégration socio-économique d'immigrants et d'immigrantes qui veulent contribuer à la société québécoise.
« Le nouveau premier ministre ou la nouvelle première ministre, qu'on connaîtra dimanche, doit infirmer cette décision et s'engager à maintenir l'offre de francisation pour que tous les nouveaux arrivants apprennent le français. C'est important pour l'avenir de la langue française au Québec, mais aussi pour favoriser l'intégration en emploi », affirme Caroline Senneville, présidente de la CSN.
Impact des cégeps vétustes
« Le Cégep de Saint-Laurent doit composer avec un pavillon fermé parce qu'il est trop vétuste. Plusieurs années de sous-investissement gouvernemental dans l'entretien des infrastructures sont directement en cause. Et qui paie pour les conséquences de ce sous-financement ? Une population fragilisée et une demi-douzaine d'animateurs et d'animatrices engagées dans une mission sociale indispensable », fulmine Benoit Lacoursière, président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec-CSN, qui représente la forte majorité du personnel enseignant dans les cégeps, dont les animatrices et les animateurs en francisation.
« Les mauvais choix budgétaires de ce gouvernement s'étendent même aux domaines qu'il juge prioritaires, comme la francisation », souligne Jessica Goldschleger, présidente de la Fédération des professionnèles-CSN. Son refus d'investir suffisamment dans nos cégeps pour maintenir les installations ou encore de déplacer les activités dans des locaux en meilleur état mène aujourd'hui à la fin du programme de francisation et aux pertes de postes de professionnel-les. »
« Il y a quelques années déjà, le Vérificateur général du Québec soulevait que la majorité des établissements étaient en mauvais état et que les investissements déjà prévus ne suffiraient pas à renverser leur dégradation importante. La situation ne va pas en s'améliorant. Le gouvernement agit de façon irresponsable en laissant les choses aller », fait valoir Frédéric Brun, président de la Fédération des employé-es de services publics-CSN.
À propos
Fondée en 1921, la CSN compte près de 80 000 membres dans le secteur de l'éducation et de l'enseignement supérieur qui sont répartis dans trois fédérations.
Fondée en 1969, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) parle au nom de 85 % des professeur-es de cégep et de 80 % des chargées et chargés de cours des universités québécoises. Elle regroupe quelque 40 000 membres dans 45 cégeps, 49 établissements privés et 12 universités.
Avec ses 6300 membres travaillant dans le soutien au niveau collégial, répartis dans 34 établissements collégiaux et un centre informatique, la Fédération des employé-es de services publics (FEESP-CSN) représente plus de 70 % du personnel de soutien dans les cégeps au Québec.
La Fédération des professionnèles (FP-CSN) représente quelque 10 500 professionnèles, techniciennes et techniciens de partout au Québec, dont plus de 750 professionnèles du réseau collégial et universitaire et près de 1500 professeur-es d'université.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Renseignements : Thierry Larivière, Service des communications, CSN, [email protected], 514 966-4380
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