Une hausse de 6 % des loyers pourrait plonger plus de 30 000 personnes dans la précarité, selon Centraide du Grand Montréal
EnglishMONTRÉAL, le 7 juill. 2026 /CNW/ - Une analyse prévisionnelle réalisée par RUNWITHIT Synthetics pour le compte de Centraide du Grand Montréal, révèle qu'une hausse de 6 % des loyers pourrait faire basculer plus de 30 000 personnes dans la précarité, soit près d'une fois et demie la capacité du Centre Bell. Parmi elles, plus de 16 000 se retrouveraient en situation de précarité extrême, où la moindre dépense imprévue pourrait entraîner des conséquences graves : insécurité alimentaire, endettement, perte de logement, voire itinérance.
Ces résultats reposent notamment sur des modèles développés à l'aide de l'intelligence artificielle, conçus pour simuler l'évolution du marché locatif dans le Grand Montréal et prévoir les effets de la hausse des loyers. En s'appuyant sur une réplique numérique du territoire couvrant 66 municipalités, l'analyse sur le poids du loyer permet d'estimer l'impact possible de l'augmentation des coûts du logement et de montrer concrètement comment cela affecte les populations.
L'hypothèse d'une hausse de 6 % repose sur les tendances récentes du marché. Elle permet de mesurer l'impact d'une augmentation significative, mais plausible, sur les ménages, surtout ceux dont la marge de manœuvre financière est déjà limitée. À titre de comparaison, la hausse recommandée par le Tribunal administratif du logement était d'environ 4 % en 2024, de 5,9 % en 2025, et de 3,1 % en 2026. Sur trois ans, cela représente une augmentation cumulative d'environ 13,6 % des loyers.
Cette analyse sur le poids du loyer s'inscrit dans la continuité de la mobilisation collective Agir ensemble pour le logement, lancée en 2023 par Centraide du Grand Montréal. Elle répond à l'une des pistes de solution identifiées, soit le renforcement et la diffusion des données permettant de favoriser l'accès à des logements adéquats pour les ménages à faible revenu.
« Trois ans après Agir ensemble pour le logement, l'urgence est encore plus criante. La demande pour les services des organismes a explosé (comme le démontrent les données de l'Indice d'anxiété financière), et ces derniers constatent chaque jour les impacts du coût du logement : familles déplacées, personnes seules à bout de ressources, travailleurs incapables de se loger dignement », mentionne Tasha Lackman, présidente et directrice générale de Centraide du Grand Montréal. « Ces données confirment qu'investir dans le logement social et communautaire est essentiel pour permettre à la population de se loger adéquatement selon ses moyens. Elles nous amènent également à explorer de nouvelles avenues avec nos partenaires de l'écosystème afin d'améliorer les conditions de logement et d'assurer le maintien du parc locatif. De nouvelles initiatives émergent déjà, comme les subventions au loyer et les banques d'aide au loyer, qui offrent des pistes concrètes pour répondre à l'urgence. »
« La plateforme INFLECTOR AI de RUNWITHIT Synthetics a généré une population synthétique détaillée et précise de Montréal qui n'est jamais associée à des personnes identifiables et sans utiliser de données de surveillance. Cela comprend des données sur les revenus, les dépenses, les ménages et les résidences réelles, avant de simuler une augmentation des loyers de 6 % », déclare Dean Bittner, directeur de la technologie et cofondateur de RUNWITHIT Synthetics.
« Ce qui en ressort, ce sont les ménages, les personnes, leurs lieux de résidence et leur situation, nous permettant de mesurer le retour sur investissement ainsi que l'impact des mesures que nous pouvons prendre ─ pour qui et à quel endroit ─ et ce, afin de freiner le glissement vers la précarité et la pauvreté et d'éviter ces répercussions sociales et économiques. »
Dix arrondissements sous pression
Selon les projections de RUNWITHIT Synthetics, une hausse de 6 % des loyers entraînerait un basculement vers la précarité extrême pour 10 000 résidents répartis dans 10 arrondissements de l'île de Montréal : Ahuntsic-Cartierville, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, LaSalle, Le Plateau-Mont-Royal, Le Sud-Ouest, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Montréal-Nord, Rosemont-La Petite-Patrie, Ville-Marie et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.
Les situations les plus préoccupantes se retrouveraient dans Ville-Marie et sur Le Plateau-Mont-Royal, où les taux de précarité extrême atteindraient respectivement 43 % et de 34 %, rendant ces secteurs particulièrement vulnérables à une hausse des loyers.
L'indice de précarité : une mesure plus complète pour mieux intervenir
Les indicateurs traditionnels de vulnérabilité financière se concentrent généralement sur les revenus, en négligeant le poids des dépenses. Pour combler cette lacune, un indice de précarité a été développé. Il tient compte à la fois des revenus et des dépenses essentielles (logement, alimentation, énergie). Cet indice se décline en quatre niveaux : stabilité, faible précarité, forte précarité et précarité extrême.
La précarité extrême se caractérise par une instabilité constante. Après ces dépenses incontournables, il reste peu ou presque rien. Les personnes sont alors contraintes à faire des choix immédiats, comme se priver de repas, retarder des paiements, réduire le chauffage ou renoncer à des soins.
Pour consulter l'étude, cliquez ici.
À propos de Centraide du Grand Montréal
Véritable agent de changement, Centraide du Grand Montréal est une fondation publique qui a pour mission de rassembler et agir pour un Grand Montréal inclusif et sans pauvreté. Pour ce faire, il soutient un réseau de 375 organismes et projets communautaires qui interviennent à Laval, à Montréal et sur la Rive-Sud afin d'améliorer les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté. Centraide collabore avec la population du Grand Montréal, ainsi qu'avec les milieux communautaires, des affaires, institutionnels et philanthropiques. Pour plus d'informations ou pour contribuer à la campagne Centraide : centraide-mtl.org.
SOURCE Centraide du Grand Montréal

Renseignements : Annick Gagnon, conseillère relations publiques, Centraide du Grand Montréal, 514 437-3672, [email protected]
Partager cet article