Solidaires et unis contre l'antisémitisme au Canada
OTTAWA, ON, le 27 janv. 2026 /CNW/ - À l'occasion de la Journée internationale de commémoration de l'Holocauste, Charlotte-Anne Malischewski, qui occupe le rôle de présidente de la Commission canadienne des droits de la personne, fait la déclaration suivante :
En cette Journée internationale de commémoration de l'Holocauste, la Commission canadienne des droits de la personne se joint aux citoyens et citoyennes du Canada et du monde entier pour honorer les six millions de Juifs qui ont perdu la vie pendant l'Holocauste. Cette journée solennelle marque l'anniversaire de la libération du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, où plus d'un million de Juifs ont perdu la vie.
Nous appelons l'ensemble de la population canadienne à faire front commun aujourd'hui -- et chaque jour -- contre l'antisémitisme.
Nous commémorons également les nombreuses autres victimes de la persécution nazie, notamment des Polonais, des Roms et des Sintis, des citoyens soviétiques, des personnes 2ELGBTQI+, des personnes en situation de handicap, ainsi que des dissidents politiques et religieux.
Nous ne devons jamais oublier ou nier l'ampleur de l'Holocauste ni les mécanismes qui ont permis que de telles atrocités se produisent. Ces crimes sont le fruit d'actions délibérées d'un État ayant normalisé la déshumanisation, l'exclusion, la violence et un discours haineux.
De ces atrocités sont nés la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies et les traités internationaux en matière de droits de la personne. L'ordre juridique international façonné au lendemain de la guerre - auquel le Canada a pris part - a été pensé comme un rempart, destiné à prévenir le retour de tels abîmes. Au fil des décennies, ces engagements internationaux se sont enracinés dans notre écosystème national de protection des droits de la personne. Et tout récemment encore, dans son allocution au Forum économique mondial, alors qu'il réfléchissait aux nouvelles réalités auxquelles le Canada doit faire face, le premier ministre Carney a rappelé que le respect des droits de la personne demeure une valeur fondamentale de notre identité collective.
Nous devons donner un sens concret à ces engagements dans la vie quotidienne des personnes au Canada. Et cela exige de lutter fermement contre l'antisémitisme. Statistique Canada rapporte une augmentation de 178 % des crimes haineux ciblant les personnes juives déclarés par la police entre 2020 et 2024 - un chiffre qui demeure toutefois incomplet, car tant de gestes et de paroles empreints de haine restent tus, étouffés par la peur ou en raison d'un manque de confiance envers nos institutions. Le récent massacre antisémite sur la plage de Bondi, en Australie, se dresse comme un rappel tragique : lorsque la haine et l'intolérance ne rencontrent aucune limite, elles se nourrissent mutuellement et ouvrent la voie à la violence.
La haine nous divise et ronge les fondements mêmes de notre démocratie et de notre tissu social. Lorsqu'elle s'installe dans nos communautés, elle menace non seulement notre sécurité, mais aussi l'âme de notre nation. Elle réduit les voix au silence, étouffe le dialogue, renforce les préjugés et déshumanise les individus et les communautés. Ce faisant, elle ouvre la voie à la discrimination et endurcit nos cœurs, nous rendant insensibles à la menace et à la brutalité.
En tant qu'institution nationale des droits de la personne du Canada, nous exhortons le gouvernement à aller plus loin dans la mise en œuvre de son Plan d'action canadien de lutte contre la haine de 2024. Le Canada a besoin d'un régime proactif, capable de s'attaquer aux causes profondes de l'intolérance, pour contenir la haine avant qu'elle ne s'embrase et se transforme en violence.
L'action du gouvernement ne saurait se substituer à notre responsabilité collective de veiller à la sécurité de nos concitoyens et concitoyennes. Il incombe à chacun et chacune d'entre nous de prendre la parole, de refuser de détourner le regard et de rejeter l'antisémitisme - ainsi que toutes les formes de haine et de discrimination.
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SOURCE Commission canadienne des droits de la personne

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