Réouverture du PAD : une annonce recyclée qui ne fera pas disparaître un an et demi d'attente
QUÉBEC, le 17 juill. 2026 /CNW/ -- La réouverture du Programme d'adaptation au domicile (PAD) est une nouvelle attendue par des milliers de Québécoises et de Québécois en situation de handicap ou à mobilité réduite. Toutefois, cette annonce ne constitue pas un nouvel investissement. Sur les 88 millions de dollars annoncés, 58 millions ont déjà été dépensés et les sommes restantes permettront de traiter, au mieux, environ 1 000 demandes. Or, le gouvernement en a traité près de 5 000 au cours des cinq dernières années, alors que le programme est suspendu depuis avril 2025. Les crédits annoncés seront donc insuffisants pour répondre aux besoins.
Cette annonce ne fait pas non plus oublier la décision du gouvernement de suspendre le PAD pendant près d'un an et demi et qu'elle était mal avisé, voire irresponsable. Ce programme permet aux personnes de demeurer à domicile de façon sécuritaire, autonome et digne, tout en évitant des admissions prématurées en CHSLD. La fermeture du programme a privé de nombreux citoyens d'un soutien essentiel et a retardé la réalisation de travaux indispensables à leur qualité de vie.
En interrompant le programme pendant une si longue période, le gouvernement a également contribué à accroître le nombre de demandes en attente. Les délais risquent maintenant de s'allonger davantage, alors que les besoins, eux, n'ont jamais cessé de croître.
Il est également important de rappeler que cette réouverture ne s'accompagne pas de nouveaux investissements. Les sommes annoncées proviennent essentiellement de crédits déjà prévus dans les derniers budgets et mises à jour économiques. Il ne s'agit donc pas d'un nouvel engagement financier permettant de répondre à la demande grandissante.
La ministre a aussi annoncé la mise en place d'un nouveau formulaire et d'un processus de demande en ligne censés être plus simples et plus efficaces. Après les difficultés majeures qu'ont connues plusieurs projets numériques gouvernementaux, notamment SAAQclic et le Dossier santé numérique. Le gouvernement devra cette fois livrer un outil réellement simple, accessible et fonctionnel dès son lancement.
Au-delà de cette annonce, cette séquence illustre un manque de vision préoccupant. Le vieillissement de la population était prévisible. Suspendre un programme aussi essentiel démontre un manque de planification et une profonde déconnexion avec les besoins réels des Québécoises et des Québécois. Un gouvernement responsable aurait dû protéger ce programme plutôt que de le suspendre.
La réouverture du Programme d'adaptation au domicile était nécessaire. Mais elle ne doit pas faire oublier qu'un gouvernement responsable n'aurait jamais dû interrompre un programme aussi fondamental ni créer des délais supplémentaires pour des milliers de Québécoises et de Québécois qui comptent sur cette aide pour vivre chez eux en toute sécurité.
Citations :
« Le gouvernement tente aujourd'hui de présenter comme une nouvelle annonce des sommes qui étaient déjà prévues. Pire encore, elles seront nettement insuffisantes pour répondre aux besoins. Permettre aux personnes de demeurer à domicile, c'est aussi éviter d'engorger davantage les CHSLD, qui sont déjà à pleine capacité et dont les coûts sont beaucoup plus élevés. Nous attendons maintenant des gestes concrets : réduire les délais, financer adéquatement le programme et mettre en place un processus de demande en ligne qui fonctionne réellement. »
- Virginie Dufour, députée des Mille-Îles et porte-parole du PLQ en matière d'habitation
« Pour les personnes en situation de handicap, le Programme d'adaptation au domicile n'est pas un luxe, c'est un service essentiel qui leur permet de vivre de façon autonome, sécuritaire et digne chez eux. Sa suspension pendant près d'un an et demi a eu des conséquences bien réelles sur leur quotidien et celui de leurs proches. Sa réouverture doit s'accompagner d'un engagement clair à réduire les délais, à répondre à l'ensemble des demandes et à assurer un financement stable. Les personnes en situation de handicap méritent mieux que des décisions improvisées : elles méritent des services accessibles, prévisibles et à la hauteur de leurs besoins. »
- Elisabeth Prass, porte-parole du PLQ pour les personnes vivant avec un handicap
SOURCE Aile parlementaire du Parti libéral du Québec

Sources : Audrée Meessen-Pinard, Attachée de presse, Aile parlementaire de l'opposition officielle, 819-347-8332, [email protected]; William Huynh-Jan, Attaché de presse, Aile parlementaire de l'opposition officielle, 514-229-9955, [email protected]
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