QUELQUES MESURES CIBLÉES POUR L'ÉCONOMIE, MAIS DES DÉFIS DE TAILLE DEMEURENT POUR LES ENTREPRISES DU QUÉBEC
MONTRÉAL, le 18 mars 2026 /CNW/ - Le budget sobre présenté aujourd'hui dans ce dernier budget du mandat de la CAQ reflète bien, selon le Conseil du patronat du Québec (CPQ), la faible marge de manœuvre du gouvernement. Dans le contexte d'incertitude économique et politique, le CPQ accueille ainsi favorablement l'absence d'importantes nouvelles dépenses et note la présence de certaines mesures ciblées pour renforcer notre économie.
« Nous nous attendions à un budget sans surprise et c'est exactement ce que nous avons. La très faible marge de manœuvre budgétaire du gouvernement nous mène à reconnaître ses efforts pour le maintien de la trajectoire vers un retour à l'équilibre budgétaire et une attention accrue au maintien d'actifs dans le Plan québécois d'infrastructures (PQI). Toutefois, on constate un saupoudrage de mesures pour les entreprises et aucune réelle avancée fiscale », déclare Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ.
Soutenir l'investissement et la compétitivité des entreprises
« Dans le contexte d'incertitude, il est important de souligner certaines mesures qui visent l'investissement et la croissance des entreprises et l'innovation. On peut penser au montant de 375M$ pour appuyer les investissements des entreprises, particulièrement des PME, à travers le programme ESSOR et les interventions financières du Fonds de développement économique. Nous soulignons également l'appui au secteur forestier de 365M$ sur cinq ans », indique Norma Kozhaya, vice-présidente à la recherche et économiste en chef du Conseil du patronat du Québec.
« Les nouveaux montants de 2G$ disponibles dans le Fonds pour les minéraux critiques et stratégiques et le Fonds pour la croissance des entreprises québécoises, qui vise à favoriser le développement des entreprises stratégiques et le maintien des sièges sociaux au Québec, notamment par le repreneuriat, sont également bien accueillis », ajoute Mme Kozhaya.
Lourdeur réglementaire et fiscale : encore beaucoup à faire pour un environnement d'affaires favorable
Le fardeau réglementaire et administratif et son alourdissement représentent une préoccupation de premier ordre pour les employeurs.
À cet égard, le CPQ note la volonté du gouvernement d'améliorer l'environnement d'affaires et accélérer les processus, avec notamment la somme de 6,9M$ sur cinq ans prévue pour soutenir le BAPE dans ses nouvelles responsabilités. Beaucoup reste toutefois à faire pour alléger le fardeau réglementaire de toutes les entreprises.
« Étant donné les défis budgétaires, il est urgent de s'attaquer vigoureusement aux facteurs qui nuisent à la compétitivité des entreprises, notamment l'accès à une main-d'œuvre qualifiée, la fiscalité et les charges sociales et la lourdeur réglementaire, qui demeurent plus élevées qu'ailleurs en Amérique du Nord », ajoute Mme LLambias Meunier.
Maintien des actifs et des infrastructures : un effort dans la bonne direction
Assurer un financement prévisible et suffisant pour le maintien des actifs et des infrastructures, représente un enjeu important pour la performance économique du Québec.
« Le vieillissement des infrastructures publiques entraîne des coûts croissants et des risques pour la continuité des activités économiques. Il est essentiel que les investissements puisent permettre de développer de nouveaux projets qui peuvent être nécessaires, mais aussi surtout de préserver et optimiser les actifs existants. Ceci est vrai dans tous les secteurs et particulièrement nécessaire afin d'assurer la fiabilité des réseaux de transports, incluant le transport collectif, d'énergie et autres infrastructures stratégiques », ajoute Mme Kozhaya.
À cet égard, le CPQ note positivement la bonification du PQI et surtout le fait qu'une proportion de 71 % de ses investissements 2026-2036 servira pour le maintien d'actif, en comparaison à 65% dans le PQI 2025-2035. Nous notons toutefois que le déficit de maintien d'actifs associé aux infrastructures en « mauvais » et en « très mauvais » état continue d'augmenter et est évalué à 44,8 G$ en mars 2026.
Le CPQ rappelle qu'un sous-investissement en maintien d'actifs peut ultimement nuire à la productivité des entreprises et à l'attractivité du Québec pour les investisseurs.
La disponibilité de la main-d'œuvre demeure un enjeu central
Le CPQ rappelle également que la disponibilité de la main-d'œuvre constitue un facteur déterminant pour la réussite de toute stratégie économique et invite le gouvernement à renforcer les efforts visant à augmenter la participation au marché du travail, faciliter l'intégration des travailleurs expérimentés et améliorer l'accès aux talents internationaux.
Miser sur les avantages stratégiques du Québec
Le CPQ rappelle enfin que le Québec dispose d'atouts importants : énergie renouvelable, innovation, ressources stratégiques et expertise industrielle, etc. Ces atouts doivent être pleinement mis à contribution afin de renforcer l'autonomie économique et la prospérité du Québec.
À propos du CPQ :
Créé en 1969, le CPQ est une confédération de près de 100 associations sectorielles et de plusieurs membres corporatifs (entreprises, institutions et autres employeurs). Il représente ainsi les intérêts de plus de 70 000 employeurs, de toutes tailles et de toutes les régions, issus des secteurs privé et parapublic. www.cpq.qc.ca
SOURCE Conseil du patronat du Québec

Source : Anne-Sophie DesRoches, Conseillère principale, Affaires publiques et gouvernementales, Conseil du patronat du Québec, [email protected], Cell. : (514) 238-1825
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