Politiques d'immigration : une mobilisation pour des politiques humaines, stables et prévisibles
MONTRÉAL, le 5 févr. 2026 /CNW/ - La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), la Chambre de commerce et d'industrie de Laval, la Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ) et l'Association hôtelière du Grand Montréal (AHGM), le Conseil du patronat du Québec (CPQ), l'Université Concordia, la Ville de Longueuil et la Ville de Laval expriment conjointement leur profonde préoccupation face à la fin du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) ainsi qu'à l'annonce récente et aux précisions du ministre Jean-François Roberge concernant le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Ces décisions, prises sans mécanisme de transition clair et sans égard aux parcours déjà engagés, plongent des milliers de travailleurs, d'étudiants internationaux et de chercheurs déjà établis au Québec, francisés et intégrés dans une profonde incertitude quant à leur avenir. Elles fragilisent également des secteurs économiques clés, des établissements d'enseignement et de recherche, ainsi que la capacité du Québec et de la métropole à attirer et à retenir les talents dont ils ont pourtant un besoin criant. Cette mesure est essentielle à court terme, mais elle ne peut à elle seule répondre aux défis structurels auxquels font face les entreprises.
Une revendication commune : une clause de droit acquis immédiate
Par cette mobilisation conjointe, les organisations signataires unissent leur voix pour dénoncer les effets humains et économiques des politiques d'immigration actuelles, marquées par une vision à court terme. Elles proposent l'instauration immédiate d'une mesure pour les personnes qui répondaient aux critères du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), désormais aboli. Cette demande rejoint celle de la mairesse Soraya Martinez Ferrada ainsi que de l'opposition à l'hôtel de ville de Montréal, alors qu'une requête a été adressée au gouvernement du Québec pour reconsidérer l'abolition du PEQ ou à tout le moins offrir une alternative juste et équitable aux personnes déjà établies ici et qui auraient été admissibles au programme.
ll est urgent d'apporter des réponses humaines, concrètes et prévisibles à celles et ceux qui ont fait le choix du Québec et qui y contribuent déjà pleinement. Nous soutenons également l'initiative du cœur bleu, un geste de solidarité lancé par l'Union des municipalités du Québec envers les travailleurs étrangers temporaires et les personnes orphelines du Programme de l'expérience québécoise (PEQ).
« Le Québec doit changer radicalement de perspective en matière d'immigration. Plutôt que de multiplier les ajustements de programmes, il doit se doter d'une véritable expertise d'accueil à long terme, fondée sur la prévisibilité, la cohérence des politiques publiques et l'intégration durable des talents. Le logement et le français doivent être traités comme des priorités, et non comme des variables secondaires. J'ai formulé cette proposition au ministre Jean-François Roberge dès l'automne dernier. Nous avons malheureusement perdu de précieux mois où nous aurions pu nous concerter, nous activer et commencer à déployer des solutions. Les communautés, le secteur privé et les institutions sont prêts à se mettre à table avec le gouvernement. Enfin, des décisions aussi structurantes pour l'avenir du Québec doivent impérativement s'appuyer sur des données fiables, accessibles et partagées, afin d'éclairer l'action publique et d'éviter les choix à l'aveugle. Il est temps de passer de l'improvisation à l'action », a déclaré Isabelle Dessureault, présidente et cheffe de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
« Étant à la tête d'une organisation publique, je comprends la complexité administrative et les contraintes auxquelles nos gouvernements font face, mais j'invite nos décideurs à être à l'écoute de la grande mobilisation qui s'opère présentement sur le territoire, ainsi qu'aux voix de celles et ceux qui ont cru en nous, qui souhaitent faire partie de nous. Le gouvernement canadien doit faire baisser la pression et relever le niveau de traitement des permis temporaires, tandis que le gouvernement du Québec doit trouver une manière d'honorer ses engagements auprès des personnes déjà établies chez nous qui répondaient aux critères du PEQ. Une voie de passage doit être dégagée rapidement. Il s'agit d'une question de cohérence, de justice et d'équité : des valeurs qui définissent notre société », a souligné Catherine Fournier, mairesse de Longueuil.
« Les décisions en matière d'immigration ont des effets directs sur notre économie locale et sur des personnes bien réelles qui ont choisi de bâtir leur vie ici. À Laval, des mesures uniformes mal adaptées risquent de freiner l'attraction de talents et d'investissements, tout en nuisant à la prévisibilité dont nos employeurs ont besoin. Nous devons privilégier une approche à la fois plus humaine et mieux arrimée à la réalité régionale », a ajouté Stéphane Boyer, maire de Laval.
« L'incertitude créée par le manque de mesures transitoires, l'absence de prévisibilité et le manque de considération pour les régions de Montréal et Laval causent déjà des dommages à l'industrie hôtelière et à ceux qui la font vivre. Ce secteur doit être considéré comme prioritaire. Malgré des conditions de travail attractives, nous faisons face à des défis de recrutement constants. Nous réitérons l'urgence de trouver des solutions qui permettront de conserver nos employés actuels avec des paramètres qui offrent de la prédictibilité pour les années à venir », a ajouté Dominique Villeneuve, présidente-directrice générale de l'Association hôtelière du Grand Montréal.
« L'abolition du PEQ et la mise en place du PSTQ ont plongé les entreprises privées qui emploient des travailleurs étrangers dans l'incertitude. Les invitations et les orientations annoncées récemment ne règlent rien, puisque les employeurs et les travailleurs menacés par le non-renouvellement de leur permis n'ont pas d'assurance de recevoir une invitation lors des prochaines rondes. L'incertitude générée par l'abolition du PEQ combinée à la baisse des seuils d'immigration et aux restrictions au PTET force déjà des entreprises à annuler des contrats, à suspendre des investissements et à réduire leur production, faute de main-d'œuvre disponible », a affirmé Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.
« Le Québec s'est bâti une réputation internationale fondée sur un savoir-faire, mais aussi sur un savoir-être : l'accueil, la prévisibilité et le respect. On ne peut pas modifier les règles en cours de route pour nos PME, surtout dans le contexte économique actuel. La clause grand-père est nécessaire, mais elle doit s'inscrire dans une vision à plus long terme, cohérente avec nos défis démographiques et économiques », a ajouté Caroline De Guire, PDG de la Chambre de commerce et de l'industrie de Laval.
« Le PEQ a été pour Montréal un facteur critique d'attraction et de rétention des plus grands talents du monde. Ces étudiants, professeurs et professionnels - ainsi que leurs familles - se sont engagés à enrichir notre société lorsqu'ils ont choisi de bâtir leur vie ici. Au strict minimum, ils méritent un processus clair, prévisible et respectueux pour s'établir parmi nous. À défaut de le leur fournir, le Québec érodera encore davantage sa réputation internationale en tant que haut lieu de la créativité, de la recherche et de l'innovation », a déclaré Graham Carr, recteur et vice-chancelier de l'Université Concordia.
« Dans un contexte de déclin démographique avéré, le Québec ne peut se permettre de perdre les talents qualifiés et francisés qui contribuent déjà à notre économie et à notre prospérité collective. Changer les règles en cours de route envoie un signal dévastateur et mine la crédibilité de notre société d'accueil. Nos entreprises ont besoin de ces travailleurs aujourd'hui, et elles ont besoin de prévisibilité pour planifier demain. Une clause grand-père n'est pas qu'une mesure de compassion : c'est un impératif économique et un enjeu de cohérence pour l'avenir du Québec », a affirmé Frédérik Boisvert, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec.
« Les employeurs québécois ont besoin de règles claires, stables et prévisibles pour planifier leurs opérations et leurs investissements, mais surtout pour retenir les talents qui contribuent déjà à notre prospérité. Mettre fin au PEQ sans mécanisme de transition crée une incertitude majeure, tant pour les employeurs que pour des travailleurs qualifiés, francisés et intégrés. Une clause de droit acquis est essentielle pour rétablir la confiance, assurer la continuité économique et éviter que le Québec ne perde des talents dont il a cruellement besoin, aujourd'hui comme demain », a ajouté Michelle LLambías Meunier, président et cheffe de la direction du Conseil du patronat du Québec.
À propos de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM)
Forte d'un réseau de près de 8 000 membres, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (ci-après « la Chambre ») agit sur trois fronts : elle porte la voix du milieu des affaires de la métropole, offre des services spécialisés aux entreprises et à leurs employés et mène des initiatives d'impact pour renforcer l'environnement d'affaires. Depuis plus de 200 ans, elle intervient dans des dossiers déterminants pour la prospérité des entreprises et de la métropole. Avec l'appui de ses spécialistes, la Chambre vise à accélérer la création et la croissance des entreprises de toutes tailles, ici et à l'international.
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SOURCE Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Source : Sandrine Veillette, Directrice, Affaires économiques et communications, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, T. 438 886-4675, [email protected]
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