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Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ)01 avr, 2026, 13:43 ET
QUÉBEC, le 1er avril 2026 /CNW/ - La Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ) prend acte du dépôt de la stratégie conjointe Grandir en confiance et de son plan de mise en œuvre 2026-2029 par le ministère de la Santé et des Services sociaux et Santé Québec. Cette première stratégie québécoise en protection de l'enfance constitue un pas dans la bonne direction, et la FFARIQ est heureuse de constater que ses représentations des dernières années semblent avoir portée fruit, et reconnaît l'effort de rassembler une vision claire et structurée pour les prochaines années.
Cependant, la FFARIQ ne peut passer sous silence deux lacunes importantes qui touchent directement les quelque 3 700 familles d'accueil qu'elle représente, lesquelles accueillent environ 6 000 enfants à travers le Québec.
Les familles d'accueil : un rôle essentiel, mais toujours en attente de soutiens
La stratégie et son plan de mise en œuvre reconnaissent explicitement la pénurie de familles d'accueil dans toutes les régions du Québec, les disparités régionales dans leur soutien et la nécessité de renforcer le partenariat avec elles. La FFARIQ ne peut qu'approuver ce constat qu'elle porte depuis de nombreuses années. Mais reconnaître un problème ne suffit pas : il faut des actions concrètes.
Or, l'unique mesure prévue dans le plan de mise en œuvre concernant les familles d'accueil se limite à une étude sur les impacts de la Loi sur la représentation des ressources de type familial et de certaines ressources intermédiaires et sur le régime de négociation d'une entente collective les concernant (LRR). Si cette étude est nécessaire, elle ne représente pas une action. Quinze ans après l'entrée en vigueur de la LRR, les familles d'accueil attendent toujours des gestes tangibles : des mesures de recrutement, une harmonisation des pratiques à travers le Québec, un soutien accru à la formation et un véritable partenariat avec les établissements. La FFARIQ demande au gouvernement de répondre à une question simple : quand les familles d'accueil seront-elles considérées à leur juste valeur ?
La transition à la vie adulte : un abandon structurel qui perdure
La stratégie reconnaît que plusieurs jeunes atteignent leur majorité dans des situations de précarité, avec un risque important d'instabilité résidentielle menant à l'itinérance. Le plan de mise en œuvre prévoit le développement d'un premier plan d'action gouvernemental pour soutenir la transition à la vie adulte des jeunes hébergés jusqu'à l'âge de 25 ans. La FFARIQ accueille favorablement cette intention.
Mais derrière cette annonce, la réalité est bien plus sombre pour de nombreux jeunes. À leur majorité, ceux hébergés en famille d'accueil doivent quitter leur foyer. Une directive permet certes la poursuite de certains services pour ceux aux études, élargie au postsecondaire depuis le 1er août 2025, mais cet accès reste discrétionnaire, sans balises claires et varie selon les régions. Les jeunes placés en famille d'accueil de proximité en sont d'emblée exclus, tout comme ceux qui cumulent des difficultés scolaires -- souvent les mêmes jeunes qui ont été les plus marqués par la maltraitance. Quand une grand-mère, un oncle, une tante, parfois une personne que l'enfant a à peine croisée dans sa vie, accepte de l'accueillir, l'État leur confie cette responsabilité sans ressources ni accompagnement adéquat. On leur demande de prendre en charge un enfant fragilisé, portant de lourds bagages, sans les outils auxquels ont accès les familles d'accueil reconnues. Et lorsque la DPJ conclut que l'enfant n'a plus besoin de protection et met fin au placement, ces familles se retrouvent seules pour continuer à soutenir ces jeunes. Un enfant placé est un enfant placé, et ses droits ne devraient jamais dépendre du type de milieu qui l'accueille.
« Nous prenons acte de cette stratégie avec l'espoir sincère qu'elle représente un tournant. Mais nous ne pouvons pas applaudir des orientations sans qu'elles se traduisent par des actions concrètes pour les familles d'accueil. On nous dit que nous sommes des partenaires essentiels pour le bien-être des enfants -- nous le sommes. Alors traitons-nous comme tels », a déclaré Mélanie Gagnon, présidente provinciale de la FFARIQ. « Nous demandons au gouvernement des mesures réelles pour recruter, soutenir et valoriser les familles d'accueil, ainsi qu'un engagement ferme envers les jeunes qui quittent nos foyers à 18 ans sans filet de sécurité. La FFARIQ est prête à collaborer activement à cette transformation, mais les mots doivent maintenant se transformer en actes », ajoute-t-elle.
À propos de la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec
La FFARIQ a célébré ses 50 ans en 2024. Elle se porte à la défense des droits et intérêts des ressources d'accueil à l'enfance, les supporte dans leur engagement auprès des jeunes, travaille à améliorer leurs conditions d'exercice et valorise le partenariat entre eux et les établissements. Notre première mission ce sont les ressources, mais comme le bien-être des enfants est la mission prioritaire de celles-ci, la FFARIQ ne peut faire autrement que de militer pour le bien-être de nos enfants.
SOURCE Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ)

Source: Mélanie Gagnon, Présidente provinciale, FFARIQ; Renseignements et contact média: Appolline Risacher, Conseillère principale, Hill & Knowlton, Cellulaire : 418 559-8930, Courriel : [email protected]
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