MONTRÉAL, le 20 mai 2026 /CNW/ - L'Institut de la statistique du Québec publie aujourd'hui les résultats de l'Enquête québécoise sur la perception de la pauvreté 2024. Cette enquête inédite brosse un portrait statistique des préjugés à l'égard de la pauvreté et des personnes en situation de pauvreté, tant du point de vue de la population générale que de celui des personnes concernées.
Une mesure combinée de la pauvreté
Dans l'enquête, la pauvreté est mesurée à l'aide de deux indicateurs complémentaires : le revenu du ménage selon la mesure de faible revenu (MFR), et la perception de la suffisance du revenu pour répondre aux besoins de base.
La combinaison de ces deux indicateurs permet d'établir ce qui suit :
- 19 % des personnes sont en situation de pauvreté et se perçoivent comme telles;
- 12 % sont en situation de pauvreté, sans se percevoir comme telles;
- 15 % ne sont pas en situation de pauvreté, mais se perçoivent comme telles;
- 54 % ne sont pas en situation de pauvreté et ne se perçoivent pas comme telles.
Des croyances variées quant aux causes de la pauvreté
Les résultats indiquent que 38 % de la population de 18 ans et plus adhèrent fortement ou plutôt fortement à des croyances attribuant la pauvreté à des facteurs structuraux (p. ex. que les personnes sont pauvres en raison d'une répartition inégale de la richesse ou d'un manque de justice sociale, ou parce qu'elles sont exploitées par les riches). Cette proportion est particulièrement élevée chez les personnes étant en situation de pauvreté et se percevant comme telles (52 %), chez les prestataires de l'assistance sociale (55 %) ainsi que chez les personnes issues de minorités sexuelles ou de genre (55 %).
Par ailleurs, 33 % de la population adhèrent fortement ou plutôt fortement à des croyances associant la pauvreté à des facteurs individuels attribués aux personnes en situation de pauvreté. Cette proportion est plus élevée chez les hommes (37 %) et chez les personnes issues de minorités visibles ou ethniques (38 %).
Enfin, 28 % de la population associent fortement ou plutôt fortement la pauvreté à des facteurs liés au destin, tels que la malchance. Cette proportion est plus élevée chez les prestataires de l'assistance sociale (38 %) et chez les personnes issues d'une minorité sexuelle ou de genre (44 %).
Attitudes négatives et positives : une réalité qui coexiste
Une proportion importante de la population estime que les personnes en situation de pauvreté devraient faire plus d'efforts pour s'en sortir (72 %) ou pour trouver un emploi lorsqu'elles sont en santé (76 %). De plus, 17 % des personnes de 18 ans et plus adhèrent fortement ou plutôt fortement à des attitudes négatives liées à l'effort des personnes en situation de pauvreté et à leur responsabilité quant à leur situation financière.
À l'inverse, 31 % de la population entretiennent des attitudes positives fortes ou plutôt fortes à l'égard de ces personnes, et les perçoivent notamment comme plus honnêtes, plus modestes, plus amicales ou plus résilientes. Ces attitudes positives sont plus fréquentes chez les personnes qui attribuent la pauvreté à des facteurs structuraux ou liés au destin.
Des expériences de discrimination liées à la pauvreté
Parmi les personnes de 18 ans et plus en situation de pauvreté et se percevant comme telles, 28 % ont vécu au moins une situation de discrimination au cours des 12 mois précédant l'enquête. Ces situations concernent notamment l'accès aux prestations gouvernementales, à l'emploi, au logement et aux soins de santé.
De plus, 27 % des personnes en situation de pauvreté et se percevant comme telles indiquent avoir perçu au moins une situation discriminatoire de façon répétée en raison de leur situation financière, telle que le sentiment d'être jugées, évitées ou méprisées. Cette proportion est plus élevée chez les prestataires de l'assistance sociale que chez les non-prestataires (54 % c. 22 %).
Des répercussions sur les comportements et les relations sociales
Les résultats montrent également que par crainte des préjugés, près de 34 % des personnes en situation de pauvreté et se percevant comme telles ont évité au moins une situation, par exemple rechercher un emploi, suivre une formation ou révéler leur situation financière.
En outre, 24 % du même groupe ont signalé que ces préjugés ont eu des répercussions importantes sur leurs relations sociales, notamment sur leurs relations amicales, familiales, amoureuses, communautaires ou avec des professionnels de la santé.
À propos de l'enquête
Réalisée par l'Institut dans le cadre d'un mandat confié par le ministère de l'Emploi et de la solidarité sociale (MESS), l'Enquête québécoise sur la perception de la pauvreté 2024 (EQPP 2024) a été menée auprès de 6 358 personnes de 18 ans et plus vivant au Québec. Elle a permis de collecter des renseignements au sujet des croyances sur la pauvreté et des attitudes à l'égard des personnes en situation de pauvreté au sein de la population générale. On y a aussi examiné les expériences de discrimination des personnes en situation de pauvreté, ainsi que les conséquences des préjugés à l'égard de leur situation financière sur leur vie dans l'année précédant l'enquête.
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SOURCE Institut de la statistique du Québec
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