Le déficit d'infrastructure de 34 milliards $ US au Canada : pourquoi les dépenses seules ne suffiront pas
EnglishLe plus récent rapport de PwC Canada, Mobiliser l'occasion de 4,7 T$ US au Canada, révèle que le pays doit repenser la façon dont les projets sont planifiés, financés et livrés afin de saisir une occasion de 4,7 billions de dollars américains.
Principales conclusions :
- Dépenses cumulatives prévues en infrastructure au Canada de 2024 à 2050 : 4,7 T$ US*
- Investissement annuel supplémentaire requis d'ici 2050 pour atteindre le niveau des économies les plus performantes : 34 G$ US
- L'infrastructure de défense devrait croître de 389 %**, ce qui en fait le secteur à la croissance la plus rapide au Canada
TORONTO, le 10 juin 2026 /CNW/ - Un nouveau rapport de PwC Canada révèle que, bien que le Canada se classe au quatrième rang mondial en matière de dépenses annuelles en infrastructure à 145 G$ US, le pays n'y consacre que 6,6 % de son PIB, soit bien en deçà du 7,4 % qu'investissent ses pairs les plus performants. Pour combler cet écart, il faudrait un investissement supplémentaire de 34 G$ US par année d'ici 2050.
Toutefois, combler cet écart ne représente qu'une partie du défi. Le rapport, Mobiliser l'occasion de 4,7 T$ US en infrastructure au Canada, s'appuyant sur de nouvelles prévisions d'Oxford Economics, souligne que la capacité du Canada à saisir cette occasion ne dépendra pas seulement du montant investi, mais bien de la façon dont ces investissements s'articuleront. Selon le rapport, concrétiser cette occasion nécessite de passer d'une réflexion en silos à une réflexion en systèmes, autrement dit, passer d'une planification des routes, des réseaux électriques, des réseaux numériques et des infrastructures communautaires comme des projets distincts à leur conception comme des systèmes interconnectés.
« La stratégie énergétique du Canada, ses engagements en matière de défense, son potentiel en minéraux critiques et ses ambitions numériques sont traités comme des enjeux distincts. Or, ils ne le sont pas. Il s'agit d'un seul et même défi en matière d'infrastructure. Le Canada peut dépasser ses prévisions de 4,7 T$ US ou passer à côté. La différence reposera sur les décisions prises maintenant quant à la façon dont nous planifions, finançons et livrons ensemble », a déclaré Johanne Mullen, associée et leader nationale, Actifs réels, chez PwC Canada.
Convergence sectorielle : l'écart à saisir
Le rapport identifie trois changements interdépendants que le Canada peut opérer pour saisir cette occasion :
- Des actifs isolés aux systèmes intégrés : Les infrastructures polyvalentes génèrent une valeur économique plus large et attirent des capitaux plus diversifiés, car les coûts et les risques sont partagés entre plusieurs utilisateurs. Cela rend les projets plus attrayants pour les investisseurs, à un moment où les budgets publics seuls ne peuvent combler l'écart.
- Du financement traditionnel aux structures de capital partagé : La situation budgétaire du Canada étant contrainte, les capitaux privés s'avèrent essentiels. Le rapport présente des approches telles que les investissements public-privé mixtes, ainsi que la participation des communautés autochtones à titre de partenaires économiques à long terme, par l'entremise du partage des revenus, de l'élargissement de l'approvisionnement et de la participation en capital, soutenues par des programmes comme le Programme de garanties de prêts pour les Autochtones. Ces approches émergent, mais ne constituent pas encore la norme.
- De la livraison traditionnelle à la préparation de la main-d'œuvre : Le Canada ne forme pas suffisamment de gens de métier pour répondre à la demande actuelle, encore moins à celle qui s'en vient. Le rapport met en lumière des approches telles que les programmes à double voie de l'Allemagne, qui allient des diplômes universitaires à des certifications de métiers, ainsi que les instituts techniques spécialisés de Singapour.
Saisir la valeur de l'infrastructure :
- Ressources (1,6 T$ US cumulatif) : Le plus grand secteur du Canada, regroupant les infrastructures qui soutiennent l'extraction, le traitement et le transport du pétrole, du gaz, du charbon, des métaux et des minéraux. La croissance est de plus en plus façonnée par des projets polyvalents, portée par la hausse de la demande mondiale, les changements géopolitiques et la position du Canada en tant que fournisseur stable et fiable.
- Transport (912 G$ US) : Le deuxième secteur en importance, dont la croissance projetée est de 48 %. Si les dépenses liées aux routes et aux ponts dominent, des investissements substantiels s'orientent vers l'expansion du transport ferroviaire de passagers et les corridors de fret reliant les sources de matières premières aux marchés mondiaux.
- Énergie (605 G$ US) : Croissance projetée de 57 %. Les énergies renouvelables arrivent en tête avec 272 milliards $ US, auxquelles s'ajoutent 86 milliards $ US pour le nucléaire. Les interconnexions entre les provinces et les territoires demeurent fragmentées, et la croissance des investissements nucléaires au Canada (11 %) est en retrait par rapport à ceux des États-Unis (17 %).
- Défense (croissance de 389 %) : Le secteur à la croissance la plus rapide au Canada, porté par les engagements envers l'OTAN, la sécurité dans l'Arctique et l'engagement du pays d'investir un 1,5 % supplémentaire de son PIB en matière de défense et de sécurité.
- Numérique (237 G$ US) : Le Canada dispose d'avantages naturels pour les centres de données (terres, eau, énergie renouvelable, climat froid), mais selon les prévisions, il accusera un retard de 24 à 28 % par rapport au Royaume-Uni et à l'Australie en matière d'investissements cumulatifs dans les centres de données.
« Nous suivons depuis un certain temps la façon dont la valeur se déplace au-delà des frontières sectorielles traditionnelles, et l'infrastructure est là où ce changement prend une forme concrète. Les voies ferrées, les interconnexions électriques et les infrastructures numériques que le Canada construira au cours des 25 prochaines années accéléreront cette transformation ou la freineront. Mobiliser l'occasion de 4,7 T$ US en infrastructure au Canada va bien au-delà d'un rapport sur les infrastructures : il s'agit d'une feuille de route pour repenser la façon dont le Canada bâtit son avenir économique », a déclaré Nochane Rousseau, associé directeur national, Clients et marchés, chez PwC Canada.
Vous souhaitez en savoir plus? Joignez-vous aux experts de PwC Canada le 17 juin, à 11 h HE, pour un webinaire en direct portant sur les résultats de l'étude. Inscrivez-vous ici.
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Méthodologie de recherche :
Oxford Economics a créé une nouvelle base de données de prévisions de dépenses en infrastructure pour ancrer les recherches de PwC. Les prévisions reposent sur les modèles exclusifs d'Oxford Economics pour le secteur de la construction et couvrent neuf secteurs dans 45 pays et territoires. Les prévisions de dépenses en infrastructure sont cohérentes à l'échelle mondiale et sont liées par des hypothèses mondiales et nationales portant sur les volumes et prix des échanges commerciaux, la compétitivité, les flux de capitaux, les taux d'intérêt et de change, ainsi que les prix des produits de base.
Pour un pays et un secteur donnés, les prévisions de dépenses en infrastructure tiennent compte de facteurs liés à la demande finale, tels que la croissance démographique, la croissance des revenus, le coût du capital et l'activité économique dans les différents secteurs. En raison de l'évolution de la composition des économies au fil du temps, les prévisions de dépenses en infrastructure pourront diverger du PIB national.
Pour un aperçu complet de la méthodologie, veuillez consulter le rapport, disponible ici.
*Tous les chiffres sont exprimés en dollars américains de 2023, sauf indication contraire.
**Entre 2024 et 2050
SOURCE PwC Management Services LP

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