LE CPQ DÉVOILE SES SOLUTIONS À LA PÉNURIE DE MAIN-D'OEUVRE
QUÉBEC, le 4 févr. 2026 /CNW/ - Face à une rareté de main-d'œuvre persistante et aux transformations profondes du marché du travail, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) dévoile aujourd'hui, à l'Assemblée nationale du Québec, ses 5 leviers pour doter le Québec d'une vision intégrée de la main-d'œuvre.
D'ici 2033, près de 1,4 million d'emplois devront être pourvus par des personnes qui ne sont pas actuellement sur le marché du travail. Vieillissement accéléré de la population, départs massifs à la retraite, transformation des compétences sous l'effet du numérique et de l'intelligence artificielle : les défis sont majeurs et exigent des actions immédiates et structurées.
« Le statu quo n'est plus une option. Sans un virage clair en matière de main-d'œuvre, le Québec met directement en péril sa capacité de production, sa croissance économique et son niveau de vie. La main-d'œuvre doit être traitée comme un actif stratégique, au même titre que l'investissement et l'innovation », déclare Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ.
« La pénurie de main-d'œuvre n'est pas un phénomène conjoncturel, c'est un choc structurel. Si nous voulons préserver notre capacité de production et notre compétitivité, cessons de traiter la main-d'œuvre comme une variable d'ajustement. Les solutions existent : il faut maintenant les déployer de façon cohérente et prévisible », ajoute Daye Diallo, vice-président - Politiques de main-d'œuvre et intelligence économique du CPQ.
Un cap clair pour 2030
Les cinq leviers proposés visent des objectifs communs : augmenter durablement le bassin de main-d'œuvre qualifiée, améliorer la productivité et renforcer la compétitivité des entreprises québécoises, tout en favorisant une intégration inclusive et efficace des travailleurs.
- Rehausser la littératie et la numératie des travailleurs
Le CPQ appelle à renforcer les compétences de base en lecture, écriture et calcul, essentielles à l'employabilité et à l'adaptation technologique. Une amélioration de seulement 1 % du niveau de littératie de la population adulte pourrait générer un gain de près de 5 milliards de dollars pour le PIB québécois. Une nouvelle politique d'éducation des adultes, ainsi qu'une amélioration des formations accessibles, offertes en milieu de travail et soutenues financièrement par l'État, sont nécessaires pour lever les freins à la participation. - Instaurer un continuum de formation et de reconnaissance des compétences
Face au défi des nouvelles technologies (intelligence artificielle, automatisation, etc.) pour accroitre la productivité, l'entreprise doit être pleinement reconnue comme un lieu central de développement des compétences. Le CPQ recommande de bonifier les programmes de formation en milieu de travail, de renforcer le compagnonnage et l'alternance travail-études, et d'améliorer l'arrimage entre le système d'éducation et les besoins réels des employeurs. Une meilleure reconnaissance des acquis et des compétences, y compris celles acquises à l'étranger ou par l'expérience, est également essentielle. Le CPQ propose par ailleurs de repenser l'assurance-emploi comme un véritable levier actif de requalification. - Attirer et maintenir en emploi les travailleurs expérimentés
Accroître la participation des personnes de 55 ans et plus constitue un levier stratégique incontournable. Si le Québec affichait un taux d'emploi comparable à celui de l'Ontario pour cette tranche d'âge, environ 35 000 travailleurs supplémentaires pourraient être mobilisés. Cela passe par des règles fiscales mieux adaptées, une organisation du travail plus flexible et des incitatifs cohérents favorisant la prolongation des carrières. - Miser davantage sur les clientèles éloignées du marché du travail
Le CPQ souligne l'importance de mieux intégrer les jeunes et les personnes faisant face à des obstacles à l'emploi, notamment les personnes autochtones, racisées, en situation de handicap ou judiciarisées. Des parcours flexibles, des programmes adaptés et un accompagnement personnalisé sont nécessaires pour favoriser une intégration durable et répondre aux besoins criants des entreprises. - Ajuster l'immigration économique aux besoins réels du marché du travail
Les personnes immigrantes représentent près du quart de la main-d'œuvre québécoise. Le CPQ recommande d'accroître la souplesse du Programme des travailleurs étrangers temporaires et d'ajuster les seuils d'immigration permanente en fonction d'indicateurs objectifs du marché du travail, tels que les postes vacants et les besoins futurs de l'économie, afin d'optimiser la sélection et l'intégration.
Un appel à l'action concertée
« Les défis de main-d'œuvre exigent des décisions courageuses et une action immédiate. Gouvernements, employeurs et partenaires du marché du travail doivent sortir de la logique des silos et agir de façon concertée dès maintenant, faute de quoi les pénuries continueront de freiner durablement l'économie québécoise », conclut Mme LLambías Meunier.
À propos du CPQ :
Créé en 1969, le CPQ est une confédération de près de 100 associations sectorielles et de plusieurs membres corporatifs (entreprises, institutions et autres employeurs). Il représente ainsi les intérêts de plus de 70 000 employeurs, de toutes tailles et de toutes les régions, issus des secteurs privé et parapublic. www.cpq.qc.ca
SOURCE Conseil du patronat du Québec

Source : Anne-Sophie DesRoches, Conseillère principale, Affaires publiques et gouvernementales, Conseil du patronat du Québec, [email protected], Cell. : (514) 238-1825
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