La plus récente évaluation scientifique montre qu'une réduction rapide des émissions mondiales pourrait limiter les dégâts et éviter des extrêmes météorologiques dévastateurs, dont un réchauffement hivernal de 10 °C dans certaines régions du Nord canadien.
TORONTO, le 3 sept. 2026 /CNW/ -- Ryan Ness, directeur de la recherche en adaptation à L'Institut climatique du Canada, a fait la déclaration suivante en réponse à la publication du Rapport sur le climat changeant du Canada 2026, une évaluation scientifique exhaustive des changements climatiques au Canada réalisée par plus d'une centaine d'universitaires et experts :
« Les Canadiens et Canadiennes doivent se préparer pour des décennies de saisons de feux de forêt plus sévères, de journées de chaleurs extrêmes plus nombreuses, de hausse du niveau des mers, de dégel du pergélisol et de diminution des ressources en eau attribuable à la fonte des glaciers. C'est le constat brutal de la dernière édition du Rapport sur le climat changeant du Canada, une évaluation scientifique fédérale complète publiée aujourd'hui.
« Le rapport montre que le Canada doit se préparer, et ce, activement, aux impacts inévitables à venir, tout en accélérant les efforts pour prévenir le réchauffement qui n'est pas encore inévitable. L'évaluation d'experts indique que le Canada sera environ 2,7 °C plus chaud que les niveaux préindustriels dans les deux prochaines décennies, soit près du double de la moyenne mondiale, quelles que soient les mesures prises pour réduire les émissions mondiales durant cette période.
« Le réchauffement est amplifié au Canada, car les latitudes nordiques absorbent et retiennent la chaleur à mesure que fondent la neige et la glace qui réfléchissent le rayonnement solaire. Même dans un monde qui atteint la carboneutralité d'ici la moitié du siècle, le réchauffement au Canada continuera de s'accentuer jusqu'à atteindre 3,5 °C au-dessus des niveaux pré-industriels, avant de se stabiliser vers 2100. Cela signifie que même le meilleur scénario le plus optimiste nécessite une planification pour des décennies à venir de feux de forêt, de sécheresse, de tempêtes et de dommages qui s'aggravent en raison d'un climat extrême.
« Mais ce qui se passera après 2040 dépend encore de nos choix. Ce rapport décrit les lois de la physique, pas une fatalité. Le futur le plus optimiste où le réchauffement du Canada se stabiliserait autour de 3,5 degrés dépend de l'atteinte de la carboneutralité au niveau mondial d'ici les années 2070. Les politiques mondiales actuelles ne nous amènent pas dans cette direction. En continuant sur la voie actuelle, le Canada connaîtra une hausse moyenne des températures de 5 °C d'ici 2100, et le réchauffement se poursuivra. Dans ce scénario, les glaciers de l'Ouest canadien disparaîtront pratiquement; le réchauffement hivernal dépassera 10 °C dans une grande partie du Nunavut et du Nunavik; et le sud des Prairies connaîtrait jusqu'à cinq fois plus de sécheresses graves qu'aujourd'hui. Si, au contraire, les émissions mondiales commençaient à diminuer immédiatement pour atteindre la carboneutralité dans les années 2070, le réchauffement moyen au Canada se stabiliserait à 3,5 ºC.
« L'écart entre ces deux scénarios est énorme, et la différence se mesurera en vies perdues, en maisons détruites ainsi qu'en communautés et en moyens de subsistance bouleversés au point d'être méconnaissables. En dollars, nos recherches estiment que le coût pour l'économie canadienne s'élèvera à des centaines de milliards de dollars par an, au minimum, d'ici 2100.
« S'adapter dès maintenant peut limiter les dommages causés par le réchauffement auquel nous ne pouvons plus échapper… et le rendement dépassera plusieurs fois l'investissement initial. Selon notre analyse, chaque dollar investi dans la préparation aux inondations, à la chaleur et aux fortes pluies permet d'éviter jusqu'à 15 $ de pertes. La réduction des émissions au Canada et ailleurs dans le monde déterminera le reste, notamment si la population canadienne devra vivre avec les conséquences d'un réchauffement de plus de 5 °C ou de 3,5 °C.
« Les mesures prises actuellement par les gouvernements ne suivent pas le rythme des changements climatiques. Le propre rapport d'étape d'Ottawa sur sa Stratégie nationale d'adaptation montre que le pays n'est pas préparé aux risques à venir. Et les récents changements apportés aux politiques fédérales ont rendu l'engagement du Canada envers la carboneutralité encore plus difficile à respecter, tout en minant notre crédibilité pour exhorter d'autres pays à réduire leurs émissions dans la mesure nécessaire pour éviter un réchauffement de 5 °C.
« Ce rapport devrait préoccuper tous les décideurs au Canada. Tous les ordres de gouvernement devraient accélérer considérablement leurs efforts de réduction des émissions et d'adaptation, car le niveau d'effort actuel est loin d'être suffisant pour nous préparer à ce qui nous attend. »
RESSOURCES ADDITIONNELLES
- Rapport | Limiter les dégâts : Réduire les coûts des impacts climatiques pour le Canada
- Rapport | Prévenir ou réparer : La preuve qu'adapter les infrastructures publiques aux changements climatiques rapporte gros
- Rapport | Bâtir la force grâce à l'abri : Prescriptions politiques pour des logements autochtones écoénergétiques sains
- Fiche de renseignements | Changements climatiques et feux de forêt
- Fiche de renseignements | Changements climatiques et inondations
- Fiche de renseignements | Changements climatiques et vagues de chaleur
À propos de L'Institut climatique du Canada
L'Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques en matière de changements climatiques au Canada. L'Institut produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des recherches de fond axées sur l'encouragement d'une croissance économique propre et d'une compétitivité à faible émission de carbone, la réduction des émissions et l'accélération de la transition énergétique du Canada vers la carboneutralité, ainsi que le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face au réchauffement climatique.
institutclimatique.ca
SOURCE L'Institut climatique du Canada

CONTACT : Claudine Brulé (heure de l'Est, français/anglais), [email protected], Cheffe, communications et relations externes, (514) 358-8525; Krystal Northey (heure des Rocheuses, anglais), [email protected], Responsable des affaires publiques, (226) 212-9883
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