Une analyse de l'Institut climatique du Canada révèle que les producteurs de sables bitumineux n'auraient à assumer que des coûts minimes si les marchés du carbone industriel étaient renforcés conformément au protocole d'entente Canada-Alberta -- soit seulement un Timbit par baril de pétrole d'ici 2030, à un prix de crédit de 130 $ la tonne.
OTTAWA, ON, le 11 mars 2026 /CNW/ - Respecter les conditions du protocole d'entente (PE) Canada-Alberta sur le renforcement des marchés du carbone industriel n'aurait qu'un impact minimal sur les résultats financiers du secteur des sables bitumineux, selon une nouvelle recherche de l'Institut climatique du Canada.
Plus précisément, la dernière analyse de l'Institut portant sur les coûts de conformité et les bénéfices projet par projet a révélé que les producteurs de sables bitumineux paieraient en moyenne moins de 50 cents le baril en 2030, comparativement à 9 cents le baril aujourd'hui, si le prix minimum des crédits carbone atteignait 130 $ la tonne d'ici la fin de la décennie. C'est à peu près l'équivalent du coût d'un Timbit, compte tenu de l'inflation.
Le projet 440 mégatonnes de l'Institut a publié un nouveau calculateur de coûts permettant aux utilisateurs d'explorer les coûts ou les avantages auxquels des projets précis de sables bitumineux seraient confrontés dans le cadre des prix actuels et futurs du carbone industriel. Il montre que le coût de la tarification du carbone industriel représente aujourd'hui moins d'1% de la valeur d'un baril de pétrole -- soit 0,5 % du prix du Western Canadian Select à 100 $ CA le baril.
Cette nouvelle recherche survient dans la foulée de récents commentaires publics et de reportages médiatiques affirmant que la tarification du carbone industriel nuit à la compétitivité du secteur pétrolier et gazier canadien -- ce qui n'est pas étayé par des données probantes.
Au contraire, la tarification du carbone est conçue pour protéger la compétitivité. Des programmes comme le système TIER (Technology Innovation and Emissions Reduction) de l'Alberta s'appuient sur des seuils d'émissions qui limitent les coûts pour les industries exposées aux échanges commerciaux, tout en encourageant les réductions d'émissions. Les entreprises ne paient le prix du carbone que sur la portion des émissions dépassant un seuil de rendement, et peuvent générer des revenus si leurs émissions sont inférieures à ce seuil, en vendant des crédits carbone sur le marché ou en les conservant pour un usage futur.
L'Institut climatique a également analysé près de deux décennies de données afin d'évaluer l'impact de la tarification du carbone industriel sur la compétitivité des installations de sables bitumineux. L'analyse n'a révélé aucune donnée statistiquement significative de contraction des exportations liée à la tarification du carbone, à partir de 17 années de données provinciales sur le commerce couvrant 10 provinces et 19 secteurs industriels, et après prise en compte des cycles des produits de base et de la demande américaine, des prix du pétrole et des tendances provinciales. L'effet moyen estimé était essentiellement nul.
La tarification du carbone industriel est la politique climatique la plus importante au Canada pour réduire les émissions, stimuler l'innovation et maintenir la compétitivité économique, tout en n'ayant pratiquement aucun coût pour les consommateurs. Le maintien de la trajectoire prévue vers un prix minimum de 130 $ la tonne pour les crédits carbone d'ici 2030 offrira une certitude à long terme au milieu des affaires et contribuera à réduire la pollution carbone dans diverses industries.
CITATIONS
« Les données probantes montrent que le renforcement de la tarification du carbone industriel ne coûtera aux entreprises de sables bitumineux qu'un Timbit le baril d'ici la fin de la décennie. On voit mal comment un projet pourrait se déclarer non rentable en raison d'un coût aussi négligeable -- surtout s'il représente moins de 1 % du coût d'un baril de pétrole. L'Alberta et le Canada se sont engagés à renforcer les marchés du carbone industriel. Combler les lacunes et augmenter le prix des crédits carbone sont non négociables si cette politique importante vise à réduire les émissions tout en maintenant des coûts faibles pour l'industrie. »
-- Rick Smith, président, Institut climatique du Canada
« Notre nouvelle analyse et notre calculateur en ligne montrent à quel point les coûts de la tarification du carbone industriel sont faibles pour les producteurs de sables bitumineux. Si les marchés du carbone sont renforcés conformément aux engagements pris par l'Alberta et le Canada dans le protocole d'entente, la tarification du carbone industriel n'ajouterait pas plus de 50 cents au prix d'un baril de pétrole. C'est une erreur d'arrondi dans les bilans financiers, pas une menace pour la compétitivité. Si les producteurs canadiens de sables bitumineux sont véritablement si vulnérables à des coûts aussi minimes, c'est qu'ils font face à des problèmes structurels de compétitivité bien plus importants. »
-- Dale Beugin, vice-président exécutif, Institut climatique du Canada
RESSOURCES
Analyse | La tarification du carbone industriel ne coûtera qu'un Timbit par baril au secteur des sables bitumineux canadiens
Calculateur du prix du carbone industriel pour les producteurs de sables bitumineux | Coûts carbone et revenus de crédits par installation (en anglais)
Analyse | Pourquoi le prix du carbone industriel coûte-t-il moins d'un Timbit par baril aux sables bitumineux?
Fiche de renseignements | Comment la tarification du carbone industriel réduit les émissions à moindre coût
Analyse | La tarification du carbone industriel a des répercussions financières négligeables pour les ménages… quand elle ne leur profite pas carrément
À propos de l'Institut climatique du Canada
L'Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques climatiques au pays. L'Institut produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des recherches approfondies axées sur la stimulation d'une croissance économique propre et d'une compétitivité sobre en carbone, la réduction des émissions et l'accélération de la transition énergétique vers la carboneutralité au Canada, ainsi que sur le renforcement de la résilience de notre économie et de nos infrastructures face aux effets d'un climat qui se réchauffe.
SOURCE L'Institut climatique du Canada

CONTACTS: Krystal Northey, Chargée de projet, affaires publiques, Institut climatique du Canada, (226) 212-9883
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