Le Canada doit accélérer la production d'énergie propre pour être compétitif dans la course mondiale aux investissements : rapport
EnglishDe nouvelles recherches montrent qu'attirer des investissements pour des projets majeurs et la croissance industrielle dépend de la modernisation des réseaux électriques du Canada, afin de produire plus rapidement de l'énergie propre à faible coût.
VANCOUVER, BC, le 17 juin 2026 /CNW/ - Un nouveau rapport révèle que l'énergie propre pourrait constituer un atout concurrentiel pour le Canada dans la course mondiale aux investissements pour les grands projets, à condition que le pays transforme sa façon de planifier et de construire ses réseaux électriques.
Le rapport de L'Institut climatique du Canada, Coup de circuit : Comment électrifier la croissance du Canada constate que le pays possède un vaste potentiel de production d'électricité propre à faible coût, mais que la plupart des provinces ne prévoient pas de construire suffisamment de nouvelles infrastructures de production ou de transport pour répondre à la demande croissante des grands projets industriels.
L'énergie éolienne, l'énergie solaire et le stockage par batteries comptent désormais parmi les moyens les plus rapides et les plus économiques de répondre à la nouvelle demande en électricité. Pourtant, le Canada accuse un retard considérable par rapport à ses pairs internationaux en matière de déploiement à grande échelle de ces technologies, freiné par des règles de marché et des cadres de planification obsolètes qui n'ont pas été conçus pour la transition énergétique propre qui transforme rapidement les marchés de l'électricité dans le monde entier.
Sans modifications de la politique fédérale, l'objectif du pays de doubler la capacité de son réseau électrique - un objectif central de la nouvelle stratégie nationale en matière d'électricité - est également menacé.
À PROPOS DE CETTE RECHERCHE
Le rapport de l'Institut examine les quatre plus grands réseaux d'électricité provinciaux (l'Ontario, le Québec, l'Alberta et la Colombie-Britannique) qui, ensemble, représentent plus de 75 % de la demande d'électricité industrielle canadienne, et les compare avec les principales administrations du monde entier.
L'analyse porte sur la manière dont le Canada peut accroître son approvisionnement en électricité propre rapidement et de manière fiable, afin de fournir une énergie à faible coût qui favorise les investissements mondiaux dans de grands projets industriels comme les mines, les centres de données et les usines de fabrication consommatrices de cette énergie. Les chercheurs y examinent comment chaque administration aborde la planification énergétique, la flexibilité du réseau, le transport, l'approvisionnement, la conception des tarifs industriels, et la prévisibilité en matière de politique climatique, en vue d'accroître la compétitivité du Canada dans la course aux investissements mondiaux.
Le rapport conclut que les règles et les incitatifs actuels qui encadrent la planification électrique provinciale ont été conçus pour les technologies électriques d'hier et sont trop prudents pour permettre la production d'énergie propre au rythme et à l'échelle nécessaires pour répondre à la demande industrielle croissante. Le Canada ne dispose pas non plus des cadres fédéraux et du financement nécessaires pour soutenir les lignes de transport interrégionales qui permettraient d'accroître la flexibilité du réseau et d'éviter le gaspillage d'énergie provenant des installations solaires et éoliennes déjà en service.
De plus, la recherche montre que les gouvernements autochtones sont des partenaires essentiels dans l'expansion de l'électricité au Canada (en tant que détenteurs de droits, propriétaires d'actifs importants et promoteurs de projets) et qu'ils détiennent déjà des participations dans une part substantielle des projets d'électricité du Canada.
RECOMMANDATIONS
Bien que la planification du réseau électrique relève en grande partie de la compétence provinciale, les recommandations du rapport mettent l'accent sur l'action fédérale, compte tenu des répercussions économiques nationales de la course à l'investissement, de la nécessité d'une coordination interprovinciale et du récent appel à commentaires sur la stratégie nationale du Canada en matière d'électricité.
Le rapport recommande au gouvernement fédéral, tout en respectant les compétences des provinces, de :
- Appuyer la planification et la coordination interprovinciales de l'électricité au moyen d'un nouveau cadre commun à court terme et, plus tard, de nouvelles institutions intergouvernementales.
- Contribuer et financer de manière sélective la construction de réseaux pour les projets industriels en s'appuyant sur des outils comme la Banque de l'infrastructure du Canada.
- Aller de l'avant avec le Règlement sur l'électricité propre modifié, afin d'ancrer une certitude politique à long terme pour les investisseurs en électricité propre, avec un rôle limité pour les centrales au gaz existantes pour répondre à la demande de pointe en plus d'autres formes de flexibilité comme le stockage par batteries et les interconnexions.
- Prioriser la flexibilité du réseau en finançant des programmes qui encouragent la gestion de la demande industrielle et les investissements sur site dans le stockage par batteries grâce aux crédits d'impôt pour investissement dans des technologies propres.
L'Institut climatique du Canada publiera deux autres rapports complémentaires plus tard cette année, qui porteront sur des recommandations à l'intention des gouvernements provinciaux et des services publics.
CITATIONS
« Le Canada a une occasion cruciale de propulser une nouvelle ère de croissance économique avec une électricité propre, bon marché et fiable, mais seulement si les gouvernements agissent maintenant. Les pays qui remportent la course aux investissements développent rapidement leurs réseaux électriques avec une énergie propre et flexible. Ce rapport montre comment le Canada peut être concurrentiel en tirant parti de son avantage en matière d'électricité propre pour assurer une croissance propice à la construction du pays dans un contexte d'instabilité mondiale et de perturbations commerciales. »
-- Rick Smith, président de l'Institut climatique du Canada
« L'accès à une énergie propre, fiable et abordable a toujours été un atout économique pour le Canada, mais il faut agir pour le maintenir. Notre analyse a révélé que les règles et les incitatifs qui régissent les réseaux d'électricité du Canada sont adaptés aux technologies et à la demande d'hier et freinent les investissements dans les réseaux et les secteurs industriels du pays. La bonne nouvelle, c'est que des solutions sont à portée de main et que le gouvernement fédéral dispose des leviers politiques nécessaires pour aider les provinces à les mettre en œuvre. »
-- Kate Harland, directrice de recherche, Croissance propre, L'Institut climatique du Canada
« Ce nouveau rapport de l'Institut climatique du Canada souligne l'importance d'offrir une prévisibilité politique à long terme pour attirer des investissements dans le réseau électrique canadien. L'éolien, le solaire et le stockage d'énergie sont des technologies abordables, flexibles, évolutives et déployables rapidement, qui peuvent créer des emplois et contribuer à répondre à la demande croissante en électricité. Toutefois, pour concrétiser ce potentiel, le secteur a besoin de politiques prévisibles et stables dans l'ensemble des juridictions. »
-- Vittoria Bellissimo, présidente et chef de la direction, Association canadienne de l'énergie renouvelable
« Le rôle des gouvernements autochtones dans la planification énergétique ne peut être ignoré. Raccorder davantage d'énergie propre au réseau nécessitera des partenariats avec les Autochtones partout au pays. Au Canada, les peuples autochtones sont déjà les plus importants propriétaires d'actifs électriques, en dehors des sociétés d'État et des services publics. Développer davantage l'énergie propre exigera des possibilités de participation et de copropriété qui reconnaissent le rôle unique que jouent les peuples autochtones dans la planification régionale de l'électricité. »
-- Kwatuuma Cole Sayers, directeur administratif, Indigenous Power Coalition, et membre du Groupe d'experts sur l'atténuation du changement climatique de L'Institut climatique du Canada
FAITS CLÉS
- Depuis 2009, le coût de l'énergie solaire a chuté de 84 % et celui de l'énergie éolienne terrestre de 56 %, tandis que le coût du stockage par batteries a diminué de 27 % au cours de la seule dernière année.
- Ne pas construire suffisamment d'énergie propre pourra avoir un prix élevé. Un récent rapport de Dunsky Energy + Climate Advisors a révélé que le Canada pourrait se priver d'investissements potentiels de 110 à 220 milliards de dollars en raison d'une offre insuffisante d'électricité propre.
- Les peuples autochtones détiennent des participations dans près de 550 projets et environ 260 milliards de dollars dans les infrastructures électriques. Selon la Coalition de Premières nations pour les grands projets, la participation autochtone pourrait débloquer 12 milliards de dollars supplémentaires en capitaux propres pour la production et 5 milliards de dollars pour le transport d'électricité.
RESSOURCES
- Rapport | Coup de circuit : Comment électrifier la croissance du Canada
- Rapport technique| Coup de circuit : Rapport technique
- Bille de blogue | Comment le Canada peut développer son réseau de transport d'électricité pour stimuler les projets d'infrastructure nationale
- Communiqué de presse | La stratégie nationale d'électrification oriente le Canada dans la bonne direction, mais esquive des enjeux cruciaux
- Billet de blogue | Les stratégies d'IA et d'électricité du Canada peuvent, et devraient, se renforcer mutuellement
À propos de l'Institut climatique du Canada
L'Institut climatique du Canada est le principal organisme de recherche sur les politiques en matière de changements climatiques au Canada. L'Institut produit des analyses rigoureuses, des modélisations économiques et des recherches de fond axées sur l'encouragement d'une croissance économique propre et d'une compétitivité à faible émission de carbone, la réduction des émissions et l'accélération de la transition énergétique carboneutre au Canada, et la capacité de notre économie et de notre infrastructure à résister au réchauffement climatique.
https://institutclimatique.ca/
SOURCE L'Institut climatique du Canada

PERSONNES-RESSOURCES: Claudine Brulé (heure de l'Est), Cheffe, communications et des affaires externes, L'Institut climatique du Canada, (514) 358-8525
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