Laïcité dans le réseau de l'éducation - Le personnel de soutien scolaire affecté par l'application de la Loi
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Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN)26 févr, 2026, 05:00 ET
MONTRÉAL, le 26 févr. 2026 /CNW/ - Des travailleuses du soutien scolaire sont renvoyées dans le cadre de l'application de la Loi visant notamment à renforcer la laïcité dans le réseau de l'éducation et modifiant diverses dispositions législatives (la Loi). Cette situation, vivement dénoncée par la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), touchait au moins 12 salariées du Centre de services scolaire des Mille-Îles (CSSMI) au moment d'écrire ces lignes. Ce nombre est cependant appelé à augmenter alors que d'autres centres de services scolaires ont entamé les travaux en vue de se conformer à la Loi.
« D'abord, c'est épouvantable sur le plan humain de forcer des femmes à choisir entre leur gagne-pain et leurs croyances personnelles, s'insurge Annie Charland, présidente du Secteur soutien scolaire de la FEESP-CSN. S'attaquer au prosélytisme, c'est une chose. Jeter des femmes à la rue, des travailleuses qui s'occupent de nos enfants avec cœur et conviction, sans le moindre remord et sans réfléchir aux impacts, c'est un geste qu'on croirait posé par des compagnies comme Amazon, pas par le gouvernement du Québec et les centres de services scolaires! »
« Mais, en plus du drame humain qui se joue, en agissant de la sorte, le CSSMI risque de provoquer une crise, poursuit Annie Charland. Pour le moment, on parle de quelques écoles, d'une partie du CSSMI et ça touche déjà 12 salariées qui s'occupent chacune de 20 à 45 enfants, selon les contextes. On parle donc de 240 à 540 enfants pour lesquels on doit trouver de nouvelles travailleuses. C'est déjà difficile d'embaucher dans ce secteur à la rentrée… en plein hiver, oubliez ça! Soit la charge va retomber sur les collègues déjà au bout du rouleau, soit on tombera en bris de service. J'aimerais que ce soient les ministres de la CAQ qui expliquent ça aux parents ; qu'ils doivent venir chercher leur enfant pour le dîner. »
Comme d'autres centres de services scolaires, le CSSMI a récemment envoyé une lettre à toutes les membres visées de son personnel de soutien pour leur demander de se conformer, dans un court délai (5 à 7 jours ouvrables selon les cas), à la Loi, sous peine de congédiement. Les 12 cas de cessation d'emploi, au CSSMI, sont les premiers qui ont été signalés aux syndicats de la FEESP-CSN, mais, les démarches étant encore en cours, de nombreuses autres situations sont à prévoir.
« On avait prévenu les ministères concernés que l'application de la Loi serait un problème, rappelle Frédéric Brun, président de la FEESP-CSN, que ça entrainerait de nombreux départs de salariées et que ça provoquerait des bris de services. Mais, comme pour de nombreux autres dossiers qui touchent à des droits fondamentaux, la CAQ fonce tête baissée dans un mur. Un gouvernement ne peut pas opérer des changements de société sur un coup de tête. Ça prend de la réflexion, des débats, de la préparation et une longue période d'adaptation. On explique même aux enfants que ce genre de comportement est inacceptable, qu'on ne peut pas isoler ou mettre à part des personnes du groupe pour leurs différences. Tu parles d'un exemple… »
Pourtant, la FEESP-CSN avait proposé de nombreuses solutions pour que la Loi soit appliquée de façon à en limiter les impacts sur le personnel de soutien déjà à l'emploi.
« Reporter l'application de la clause grand-père au 30 octobre plutôt qu'au 19 mars pour préserver le personnel embauché pour l'année scolaire 2025-2026 ; permettre au personnel de soutien de conserver cette clause lors d'un changement de poste au sein de la même grande catégorie de personnel pour faciliter la mobilité ; aviser le personnel de l'entrée en vigueur de la Loi, mais n'appliquer les cessations d'emploi qu'à la fin de la présente année scolaire pour assurer la stabilité pour les membres, les enfants et les parents ; appliquer la clause grand-père jusqu'à celles qui étudient actuellement dans le domaine pour étaler l'impact dans le temps… On a proposé une dizaine d'idées, explique Frédéric Brun. Mais les ministres de la CAQ n'en font qu'à leur tête et propulsent, une fois de plus, le réseau de l'éducation vers une énième crise depuis qu'ils sont au pouvoir. »
Pour conclure, la FEESP-CSN demande à Mme Sonia LeBel, ministre de l'Éducation, d'intervenir promptement pour mettre un frein au dérapage en cours et pour évaluer adéquatement la situation afin de trouver des solutions qui réduiront les impacts pour le personnel de soutien, mais aussi pour les enfants et leurs parents.
La Fédération des employées et employés de services publics représente environ 69 000 membres dans près de 425 syndicats, dont 36 000 travailleuses et travailleurs de soutien dans le réseau scolaire dans 37 syndicats regroupés au sein de notre Secteur soutien scolaire, ce qui fait de la FEESP-CSN l'organisation représentant la vaste majorité du personnel de soutien au Québec.
SOURCE Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN)

Pour informations et demandes d'entrevue : Jean Grégoire, Personne conseillère en communication, Fédération des employées et employés de soutien (FEESP-CSN), [email protected], 514 601-8584
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