QUÉBEC, le 24 août 2026 /CNW/ -- Lobbyisme Québec rend publique aujourd'hui une étude réalisée par Edelman sur la perception des Québécoises et des Québécois à l'égard du lobbyisme, de sa pratique et de son encadrement.
L'étude s'appuie sur un sondage en ligne réalisé entre le 5 et le 19 juin 2026 et présente les perceptions de 1 037 répondants ayant connaissance de l'existence du lobbyisme.
Le principal constat est très préoccupant : pour la troisième année, seulement 6 % des répondants indiquent avoir confiance que les activités de lobbyisme au Québec sont exercées de manière transparente et éthique. Ce résultat est identique à celui observé en 2023 et en 2024. Loin de s'améliorer, près de deux répondants sur trois, soit 64 %, se disent toujours méfiants sur ce même énoncé en 2026 (voir Graphique 1 en annexe).
Plus inquiétant encore, ce résultat demeure inchangé malgré des efforts soutenus de Lobbyisme Québec au cours des dernières années visant à mieux faire connaître le lobbyisme, son encadrement et les mécanismes de transparence existants.
« Lorsqu'un indicateur demeure inchangé malgré les efforts déployés, il faut reconnaître qu'un problème plus profond subsiste », soutient Jean-François Routhier, commissaire au lobbyisme du Québec.
Bien que l'étude souligne que la connaissance du lobbyisme et de la mission de Lobbyisme Québec favorise la confiance, elle met aussi en lumière que la sensibilisation à elle seule ne suffit pas. Pour bâtir la confiance, l'étude insiste sur l'importance d'un engagement concret et visible de tous les acteurs du lobbyisme envers la transparence, la prévention de conflits d'intérêts et le respect des règles. « Il n'est plus suffisant de parler de transparence. Les citoyens veulent voir des gestes concrets pour la mettre en œuvre. Ils veulent voir la transparence. », constate le commissaire.
Les répondants identifient plusieurs gestes concrets pour renforcer la confiance envers les acteurs du lobbyisme. Pour les lobbyistes, cela passe notamment par une information accrue, juste et exhaustive quant aux organisations représentées, aux objectifs poursuivis et aux enjeux défendus, par le respect des règles déontologiques et l'évitement des conflits d'intérêts. Pour les élus et les fonctionnaires, les répondants soulignent l'importance de signaler les manquements à la réglementation, d'éviter les situations de conflit d'intérêts, de divulguer davantage d'information sur les interactions avec les lobbyistes, et de renforcer les mécanismes de surveillance et de suivi (voir Graphique 2 en annexe).
Ces attentes correspondent directement à plusieurs solutions proposées dans le rapport spécial déposé par le commissaire au lobbyisme à l'Assemblée nationale le 26 mai dernier. Divulgation plus rapide de l'information, responsabilisation accrue des organisations à l'origine des démarches d'influence et engagement plus marqué des institutions publiques figurent en effet parmi les principaux leviers mis de l'avant pour renforcer la confiance du public.
« Les citoyens expriment aussi des attentes à l'égard de Lobbyisme Québec, surtout en lien avec notre capacité d'intervention. Ces attentes deviennent atteignables par la réforme de notre Loi. », confirme Me Routhier.
L'étude met en lumière un écart troublant entre les responsabilités que les citoyens attribuent aux principaux acteurs du lobbyisme et la confiance qu'ils leur accordent pour les assumer. Bien que les répondants considèrent que plusieurs de ces acteurs ont une responsabilité majeure pour assurer une pratique transparente et éthique du lobbyisme, ils expriment une confiance beaucoup plus faible à leur égard. Cet écart est particulièrement marqué pour les élus parlementaires (106 points d'écart), les lobbyistes (103 points), les représentants du gouvernement (102 points) ainsi que les entreprises et organisations au nom desquelles ils agissent (100 points) (voir Graphique 3 en annexe).
« Le message est clair : les citoyens s'attendent à ce que tous ces acteurs du lobbyisme, particulièrement les parlementaires élus pour les représenter, jouent un rôle exemplaire en matière de transparence et d'éthique. Ils devraient tous se sentir hautement concernés par ces résultats. », soumet le commissaire au lobbyisme.
Enfin, l'étude montre que plusieurs répondants reconnaissent la légitimité du lobbyisme, entre autres parce qu'ils estiment qu'il permet aux entreprises, aux organisations et aux groupes de la société civile de contribuer aux décisions publiques et de faire valoir les besoins de la société. Bon nombre d'entre aux demeurent toutefois préoccupés par les risques d'influence indue, de conflits d'intérêts, de traitement préférentiel, de préjudice à l'intérêt public et de manque de transparence entourant les pratiques et les objectifs du lobbyisme.
« Les citoyens ne nous disent pas qu'ils veulent moins de participation de ces acteurs aux décisions publiques. Ils nous disent qu'ils veulent mieux comprendre qui cherche à influencer les décisions, au nom de qui, dans quel objectif et avec quelles garanties d'intégrité. Bref, ils veulent voir la transparence », précise le commissaire. L'étude complète est disponible sur le site Web de Lobbyisme Québec.
Notre mission
Lobbyisme Québec a pour mission de rendre transparentes les activités de lobbyisme exercées auprès des titulaires de charges publiques et d'assurer leur sain exercice en vertu de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme et du Code de déontologie des lobbyistes. En faisant la promotion de la transparence et en soutenant le droit à l'information du public, l'institution contribue au renforcement de la confiance des citoyens envers les institutions publiques et les personnes qui les dirigent.
Les activités de l'institution sont placées sous l'autorité du commissaire au lobbyisme du Québec, personne désignée par l'Assemblée nationale.
Pour consulter les résultats de l'étude : Indice de confiance des citoyens à l'égard du lobbyisme
SOURCE Lobbyisme Québec

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