MONTRÉAL, le 29 janv. 2026 /CNW/ - Le Québec se trouve à un moment critique : nos écoles, nos hôpitaux et nos routes se détériorent plus vite qu'ils ne sont entretenus, compromettant la qualité des services à la population. À défaut d'agir, la sécurité du public peut être mise en jeu. Pour enrayer cette crise, l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) dévoile aujourd'hui son rapport Agir maintenant pour éviter la f(r)acture de demain, qui présente huit propositions concrètes destinées à transformer durablement l'entretien des infrastructures publiques.
« Nos infrastructures publiques sont menacées par des décennies de sous-entretien et par l'impact des changements climatiques. Les conséquences pour les citoyens et citoyennes sont réelles et de plus en plus fréquentes. Pour résorber cette crise, il faudra avoir le courage de revoir nos façons de faire des choix. Nous espérons que ce rapport sera le point de départ d'un changement culture », a déclaré Sophie Larivière-Mantha, ing., MBA, ASC, présidente de l'OIQ.
En finir avec le syndrome du ruban
L'Ordre appelle à rompre avec des décennies de pratiques qui ont favorisé la construction de nouvelles infrastructures au détriment du maintien des actifs existants. Afin que le Québec sorte de ce cycle de dégradation, il propose entre autres la mise en place d'un bureau de la performance indépendant, une entité légère et agile, pour assurer l'imputabilité et suivre les progrès de la réduction du déficit de maintien. L'objectif est que le maintien des actifs devienne une véritable priorité gouvernementale et ne puisse plus être constamment délaissé au profit de nouveaux projets.
Cesser les décisions à court terme
Plus largement, le rapport propose un éventail de stratégies visant à revoir notre manière de faire des choix en infrastructures. L'Ordre insiste notamment sur la nécessité d'appuyer les décisions d'entretien sur des données fiables et transparentes, alors que le Québec ne dispose toujours pas d'un portrait fidèle de l'état de ses infrastructures publiques.
Pour y remédier, l'Ordre suggère de décentraliser les décisions de manière à bénéficier des expertises locales et de garantir que les interventions répondent aux besoins réels des citoyens et citoyennes. Le rapport propose entre autres que la Loi sur les infrastructures publiques soit renforcée et rappelle aussi l'importance d'un financement prévisible à long terme et d'une planification de l'entretien sur le cycle de vie des actifs publics.
Prioriser les interventions efficaces
L'Ordre suggère par ailleurs d'optimiser le cadre réglementaire et d'alléger les traitements administratifs afin d'accélérer les interventions d'entretien sans compromettre leur qualité ni leur rigueur. Il propose aussi de moderniser les pratiques d'approvisionnement pour accélérer les projets et réduire les coûts, de même que pour miser sur la durabilité et l'innovation.
« Préserver nos infrastructures, c'est une responsabilité collective. J'invite l'ensemble des parties prenantes - gouvernements fédéral, provincial et municipaux, ministères, industrie, milieu académique et société civile - à unir leurs efforts. Le statu quo n'est plus une option, ensemble, nous avons le pouvoir de changer la trajectoire de nos infrastructures pour les générations futures », conclut Sophie Larivière-Mantha, ing., MBA, ASC, présidente de l'OIQ.
Fruit d'une vaste consultation provinciale auprès de parties prenantes clés, dont des municipalités, ministères, experts et expertes en infrastructures et de l'industrie, le rapport de l'Ordre s'appuie également sur une étude interuniversitaire de l'École nationale d'administration publique (ENAP) afin de s'inspirer des meilleures pratiques au Canada et à travers le monde.
Faits saillants
- Le gouvernement du Québec évalue à 40 milliards de dollars le déficit de maintien de ses actifs1. Ce chiffre demeure largement en deçà de la réalité, puisqu'il repose sur un portrait incomplet de l'état des infrastructures2.
- Nous n'avons pas de portrait complet du déficit de maintien des infrastructures municipales, qui comptent pour environ 60 % des infrastructures publiques de la province. Nous savons seulement qu'il faudrait plus de 45 milliards de dollars pour remplacer les infrastructures en eau à risque élevé ou très élevé de défaillance, si on inclut les coûts de remplacement de la chaussée qui se trouve au-dessus3.
- De 2015 à 2023, les investissements alloués aux nouveaux projets d'infrastructures au provincial ont crû deux fois plus rapidement que ceux dédiés à l'entretien4.
- Les changements climatiques pourraient coûter 2 milliards de dollars en infrastructures par année aux municipalités du Québec d'ici 20555.
Pour en savoir plus
- Rapport Crise des infrastructures - Agir maintenant pour éviter la f(r)acture de demain (+)
- Consultez le dossier de l'Ordre sur les infrastructures (+)
À propos de l'Ordre des ingénieurs du Québec
L'Ordre des ingénieurs du Québec regroupe quelque 77 000 membres et personnes candidates à la profession. Il a pour mission d'encadrer l'exercice de l'ingénierie et de soutenir le développement de la profession afin d'assurer la protection du public. L'Ordre est devenu le premier ordre professionnel carboneutre en 2022.
Pour plus d'information, consultez le site oiq.qc.ca.
1 Secrétariat du Conseil du trésor, Plan québécois des infrastructures 2025-2035, mars 2025. |
2 Vérificateur général du Québec, Rapport du Vérificateur général du Québec à l'Assemblée nationale pour l'année 2025-2026, novembre 2025. |
3 Mathieu Laneuville et Catherine Lavoie, « À quoi bon investir dans nos infrastructures en eau? », Centre d'expertise et de recherche en infrastructures urbaines (CERIU), 3 septembre 2024. https://ceriu.qc.ca/article/quoi-bon-investir-nos-infrastructures-eau |
4 Michaud, P.-C., Lévesque, L., Joanis, M., Brasseur, J., & Winstel, Q. Plan québécois des infrastructures : comparaison interprovinciale et soutenabilité, 2023. |
5 Union des municipalités, Étude sur l'impact des changements climatiques sur les finances publiques des municipalités du Québec, juillet 2022. |
SOURCE Ordre des ingénieurs du Québec

Source : Laurence Gagnon, TACT, [email protected], 418 690-9716
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