LONGUEUIL, QC, le 15 avril 2026 /CNW/ - Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) réagissent à la sortie concertée d'acteurs de l'industrie forestière du Bas-Saint-Laurent, qui prétendent à tort que l'acériculture menacerait les approvisionnements en feuillus en forêt publique. Cette charge contre la production de sirop d'érable vise à faire pression sur le ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard - dont ils ont déjà toute l'attention - afin qu'il renie l'engagement de son ministère d'octroyer 2 000 nouveaux hectares d'érablières aux acériculteurs de la région.
« L'industrie forestière se plaint le ventre plein. Il ne faut vraiment pas être gêné de mettre sur le dos des producteurs et productrices acéricoles les difficultés que connaît la filière forestière au Bas-Saint-Laurent. Nous sommes dans l'obligation de remettre les pendules à l'heure. D'abord, la forêt publique doit être valorisée au bénéfice de toute la société québécoise, et non pour celui d'un seul secteur d'activité. Chacun doit pouvoir y trouver sa place. Ensuite, l'acériculture est une activité économique essentielle qui engendre des retombées qui dépassent largement celles de la récolte du bois. Nous demandons au ministre Simard de ne pas se laisser impressionner par la manœuvre des industriels forestiers », s'est indigné monsieur Luc Goulet, président des PPAQ, qui rappelle du même souffle que l'industrie forestière est grassement subventionnée par le trésor public québécois. Trois cent soixante-cinq millions de dollars ont par ailleurs été annoncés au dernier budget, en plus d'importants allègements financiers et réglementaires pour toute l'industrie et des subventions ciblées pour plusieurs entreprises forestières de la région.
Pour les PPAQ, l'industrie forestière s'inquiète des miettes laissées aux autres utilisateurs de la forêt, alors que son assiette déborde. Pour illustrer son propos, il met en comparaison les besoins des entreprises acéricoles et les possibilités forestières consenties à l'industrie. « Nous avions obtenu l'engagement du ministère des Forêts de réserver 2 000 nouveaux hectares de forêt publique pour des projets acéricoles à moyen terme pour le Bas-Saint-Laurent. Cela représente 0,2 % du territoire forestier public de la région; une goutte d'eau dans l'océan. De son côté, l'industrie forestière bénéficie d'opportunités pour récolter du bois sur la totalité des peuplements feuillus et mixtes. Les producteurs et productrices acéricoles qui œuvrent en forêt publique ont même l'obligation de livrer le bois qui provient des aménagements forestiers, réalisés dans leur érablière, aux usines de la région. Il y a une expression pour ce genre de voracité : l'industrie forestière veut le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière », explique celui qui est aussi producteur acéricole dans la région de Bellechasse.
Les PPAQ s'étonnent des manœuvres de l'industrie forestière à l'encontre de l'acériculture alors que ses représentants se sont retirés des discussions sur l'identification de nouveaux secteurs destinés aux usages acéricoles, mais aussi à la conservation de la biodiversité. Aujourd'hui, après avoir pratiqué la politique de la chaise vide, elle demande aux partenaires de la forêt publique de promouvoir des coupes intensives sur toutes les érablières à potentiel acéricole qui n'ont pas encore été destinées à l'acériculture.
L'acériculture engendre plus de retombées économiques que la coupe de bois
Selon les PPAQ, l'acériculture ne doit pas être opposée à la production de matière ligneuse. Au contraire, elle peut limiter les dommages socio-économiques qu'engendre la volatilité du marché du bois sur les communautés du Bas-Saint-Laurent. « C'est difficile à croire en 2026, qu'il soit encore nécessaire de rappeler l'importance de diversifier les activités économiques soutenues par le territoire pour assurer la pérennité de nos communautés. L'acériculture permet une mixité et une complémentarité des usages, mais aussi la préservation de milieux naturels en maintenant un couvert forestier en santé. Et lorsqu'on compare la production de sirop d'érable à la récolte de bois, une étude du CIRANO démontre que l'acériculture génère, pour un hectare donné, des bénéfices économiques, environnementaux et sociaux largement supérieurs, soit seize fois plus d'emplois, neuf fois plus de contributions au produit intérieur brut et vingt-six fois plus de revenus en taxes et impôts pour les gouvernements », ajoute monsieur Goulet.
Rappelons que la production acéricole au Bas-Saint-Laurent représente 744 entreprises pour une valeur de production de sirop d'érable de 166,7 millions de dollars. L'ajout de 2 000 nouveaux hectares destinés à la production acéricole engendrerait des investissements privés de l'ordre de 40 millions de dollars.
Le président des PPAQ termine en faisant un appel à une prise de conscience dans le milieu forestier. « Les producteurs forestiers en forêt privée sont en mesure de contribuer davantage pour approvisionner les usines, pour autant que ces dernières payent un juste de prix. C'est ici que le bât blesse. Le gouvernement du Québec donne nos forêts publiques pour une bouchée de pain, ce qui rend inintéressant le bois des forêts privées. Bref, le problème n'est pas un manque d'accès à la ressource comme le prétendent certains acteurs de l'industrie forestière. Du bois, il y en a amplement au Québec ».
À propos des Producteurs et productrices acéricoles du Québec et de la marque Érable du Québec
Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) représentent les intérêts de plus de 8 400 entreprises acéricoles, qui exploitent un total de 55,5 millions d'entailles à travers le Québec. Le Québec assure en moyenne 72 % de la production mondiale de sirop d'érable et exporte dans plus de 70 pays.
ppaq.ca - @AcericoleQc
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Dossier économique et statistiques acéricoles
SOURCE Producteurs et productrices acéricoles du Québec

Demandes d'entrevue : Joël Vaudeville, Directeur des communications corporatives, PPAQ, 514 603-0728, [email protected]
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