LONGUEUIL, QC, le 26 mars 2026 /CNW/ - Agriculteurs, élus municipaux, travailleurs d'Hydro-Québec et 25 comités citoyens de partout au Québec demandent à Hydro-Québec de suspendre son appel d'offres éolien prévu au début du mois d'avril et qu'une véritable discussion sur le développement éolien au Québec ait enfin lieu avec la population.
L'Union des producteurs agricoles (UPA), le Syndicat canadien de la fonction publique - Québec (SCFP-Québec), Vent d'élus et le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ), unissent leur voix pour dénoncer l'incursion imminente de plusieurs centaines d'éoliennes au cœur des zones agricoles productives, véritables piliers de notre garde-manger collectif.
Les terres cultivables : une ressource essentielle à protéger
Rappelons que les agricultrices et les agriculteurs du Québec n'ont accès qu'à 2 % du territoire pour assurer la sécurité alimentaire de leurs concitoyennes et concitoyens (comparativement à 58 % en France et 45 % aux États-Unis). Pendant ce temps, Hydro-Québec prévoit intégrer 10 000 mégawatts (MW) de nouvelle capacité éolienne d'ici 2035. L'appel d'offres 2026 cible un potentiel de 5 000 MW presque entièrement en zone agricole.
Lors de son dernier Congrès général, l'UPA a adopté une résolution demandant au gouvernement de mandater le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) pour réaliser une analyse générique de la filière éolienne. L'Union réclame aussi d'éviter toute installation en zone agricole dynamique et dans les érablières.
« La pression sur le territoire agricole est importante et constante. Depuis 10 ans, plus de 17 000 hectares agricoles ont été sacrifiés à l'étalement urbain, aux spéculateurs financiers et immobiliers, aux projets industriels et à la construction d'infrastructures. Toutes les composantes du gouvernement québécois, incluant Hydro-Québec, doivent à tout prix éviter d'aggraver cette problématique. La société d'État reconnaît d'ailleurs explicitement l'importance d'intégrer cette dimension à sa planification dans sa stratégie de développement éolien intitulée "Tracer la voie vers une réussite collective" (2024) » a déclaré le président général de l'UPA, Martin Caron.
Les éoliennes doivent appartenir à Hydro-Québec, pas au privé
Le pacte social établi avec Hydro-Québec depuis sa création visait à mettre les profits générés par la production énergétique au service de la société québécoise. Dans ce cadre, il est inconcevable de poursuivre avec une production d'énergie éolienne privatisée.
« Nous avons indiqué l'an dernier que le projet de loi 69 sur la gouvernance des ressources énergétiques ouvrait la porte toute grande à la priorisation des intérêts du secteur privé au détriment de ceux de la collectivité », a indiqué Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec qui représente 140 000 membres du SCFP-Québec, dont 16 000, travaillant chez Hydro-Québec.
Nos communautés rurales ne doivent pas être sacrifiées
« Le gouvernement et Hydro-Québec font preuve de négligence en confiant au privé l'évaluation des impacts sociaux et environnementaux, laissant la recherche de profit primer sur les risques. Les nouvelles connaissances concernant les impacts des éoliennes sur la santé et les écosystèmes exigent une révision des normes, et seul le consentement des communautés par référendum peut garantir l'acceptabilité sociale des projets » a quant à elle affirmé Janie Vachon-Robillard, coordonnatrice responsable du dossier éolien au RVÉQ.
Pour nos organisations, protéger la zone agricole est un projet de société tout aussi important que le développement énergétique actuel et à venir. D'où l'importance de tenir une enquête publique sur la filière éolienne et mettre fin à son déploiement accéléré.
« Le développement éolien au Québec s'est fait, et continue de se faire, sans obtenir le consentement des centaines de milliers de personnes en milieu rural qui en subiront les nuisances. La filière se développe à vitesse grand V avant même d'en avoir évalué les conséquences à l'échelle de la province. C'est pourquoi le BAPE générique est désormais essentiel. Il faut mettre un terme au saccage de notre patrimoine rural et de nos valeurs démocratiques », a renchéri Rachel Fahlman, présidente de Vent d'élus.
En conclusion, les organisations réaffirment que l'appel d'offres éolien sur le point d'être lancé doit être suspendu. Dans un contexte de développement accéléré de la filière, il est essentiel de disposer d'une vision d'ensemble de ses impacts. Un moratoire s'impose donc sur le développement éolien tant que le gouvernement ne mandate pas le BAPE pour réaliser une analyse générique de la filière éolienne.
SOURCE Union des producteurs agricoles

Renseignements : UPA, Katy Pronovost, Chargée des relations de presse, [email protected], 579-859-0755; RVÉQ, Janie Vachon-Robillard, coordonnatrice - responsable du dossier éolien, [email protected], 819-817-2385; SCFP, Lisa Djevahirdjian, service des communications, [email protected], 514-831-3815; VENT D'ÉLUS, Rachel Fahlman, présidente, [email protected], 514-926-4540
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