MONTRÉAL, le 5 mai 2026 /CNW/ - À l'occasion de la Journée mondiale de l'asthme, l'Association pulmonaire du Québec (APQ) souhaite sensibiliser la population à une réalité souvent sous-estimée : l'asthme touche des millions de Canadiens, et ses liens étroits avec la qualité de l'air et les changements climatiques en font un enjeu de santé publique qui nous concerne tous.
Une maladie répandue, mais encore mal contrôlée
Au Canada, environ 4,5 millions de personnes vivent avec l'asthme -- un chiffre vraisemblablement sous-estimé, puisque beaucoup n'ont jamais reçu de diagnostic. Au Québec, il est difficile de connaître le nombre exact de personnes atteintes d'asthme, car les statistiques n'ayant pas été mises à jour depuis quelques années. L'asthme touche toutes les tranches d'âge, mais reste particulièrement préoccupant chez les enfants, pour qui il constitue la première cause d'hospitalisation. Malgré des traitements efficaces, la maladie reste mal maîtrisée : la majorité des personnes asthmatiques rapportent que leurs symptômes limitent leurs activités quotidiennes, et chaque année au Canada, plus de 500 personnes en meurent -- des décès en grande partie évitables.
Environnement et asthme : un lien qui s'aggrave
Le réchauffement climatique transforme profondément le quotidien des personnes asthmatiques -- et les données québécoises le montrent de façon saisissante.
Du côté des allergènes, la hausse des températures retarde les premières gelées d'automne, ce qui rallonge la saison de pollinisation. Au Canada, la saison de l'herbe à poux s'est allongée de 25 à 27 jours dans les Prairies depuis 1995. La chaleur et les niveaux croissants de CO₂ amplifient la production de pollen et son potentiel allergisant. Résultat : des symptômes plus nombreux et plus intenses sur une saison allongée.
Les feux de forêt ajoutent une menace supplémentaire : lors des épisodes de l'été 2023, les visites aux urgences québécoises pour asthme ont bondi de 11 à 24 % par jour, et de 40 % chez les enfants dans les premiers jours. Les particules fines de ces incendies atteignent les poumons en profondeur, provoquant des crises même chez les personnes bien maîtrisées. Or 2023 n'était pas une anomalie : 2024 figure déjà parmi les six saisons de feux les plus intenses des cinquante dernières années au Canada. Si la tendance actuelle se maintient, une personne sur deux pourrait souffrir d'asthme allergique d'ici 2050.
L'asthme ne se guérit pas, mais il peut être maîtrisé -- et permettre une vie active pratiquement sans symptôme -- grâce à un diagnostic précoce, la connaissance des déclencheurs et un plan de traitement adapté. Trop de personnes vivent encore avec un asthme non diagnostiqué ou insuffisamment traité, faute d'accès aux soins ou par méconnaissance de la maladie.
L'Association pulmonaire du Québec appelle les gouvernements, les professionnels de la santé et la population à reconnaître le lien inséparable entre environnement et santé respiratoire, et à exiger des politiques à la hauteur de cet enjeu. Protéger la qualité de l'air aujourd'hui, c'est protéger la santé des générations de demain.
SOURCE Association pulmonaire du Québec

Pour plus d'informations, veuillez communiquer avec : Lana Brady, Coordonnatrice aux communications pour l'Association pulmonaire du Québec, [email protected], 514 287-7400 #239; Maude Riout, Coordonnatrice aux communications pour l'Association pulmonaire du Québec, [email protected], 438 388-0335.
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