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Fédération du personnel de l'enseignement privé (FPEP-CSQ)24 mars, 2026, 05:30 ET
QUÉBEC, le 24 mars 2026 /CNW/ - « L'implantation rapide de l'intelligence artificielle dans les établissements d'enseignement privé suscite beaucoup d'inquiétudes et de questionnements légitimes chez nos membres. Les employeurs doivent impliquer leur personnel tout au long du processus d'encadrement de l'utilisation de l'IA dans leur milieu, afin de s'assurer que ça réponde à leurs besoins et que ça les aide réellement dans leur travail. »
La présidente de la Fédération du personnel de l'enseignement privé (FPEP-CSQ), Marie-Josée Dallaire, lance cet appel aux directions d'établissements alors qu'elle constate que la présence de l'IA s'intensifie sans que les membres du personnel soient réellement consultés sur les cadres nécessaires pour en baliser l'utilisation.
« Si on veut réellement que l'intelligence artificielle contribue à la réussite des élèves et des étudiantes et étudiants, il faut absolument que son intégration dans l'enseignement privé se fasse au bénéfice des travailleuses et des travailleurs, et non pas à leurs dépens. La meilleure façon d'y arriver et de faire tomber certaines appréhensions, est de les impliquer. Ils craignent de servir de cobayes et d'être les grands perdants du développement de l'IA dans les établissements d'enseignement privé », explique Marie-Josée Dallaire.
Création de comités paritaires pour humaniser l'IA
Alors que l'intelligence artificielle bouleverse les pratiques en éducation, la FPEP-CSQ n'a ménagé aucun effort pour soutenir le personnel l'enseignement privé. À cette fin, elle a notamment produit un guide d'utilisation sécuritaire de l'intelligence artificielle (IA). Sa présidente interpelle les employeurs pour qu'ils mettent sur pied, dans chaque établissement, des comités paritaires avec les syndicats de sa fédération, sachant que l'IA est déjà bien présente. Il faut s'assurer que son utilisation se fasse humainement et qu'elle serve notre mission éducative.
« La direction et les membres du personnel doivent travailler ensemble pour développer leur propre politique institutionnelle sur l'intelligence artificielle dans laquelle sont énoncés les droits et les devoirs de toutes les personnes concernées, y compris les élèves. Cette collaboration permettra de définir des balises claires, logiques et structurantes, sans pour autant nuire à la liberté et à l'autonomie professionnelle des membres du personnel », souligne la présidente syndicale.
Une collaboration profitable
Cette dernière insiste pour mentionner que l'IA doit demeurer un outil utile qui ne peut toutefois pas remplacer l'être humain lorsqu'il s'agit de porter un jugement professionnel. « Il faut considérer le recours à l'IA comme étant une plus-value guidée, entre autres, par des intentions pédagogiques et éducatives justes et cohérentes. De plus, son utilisation doit se faire sur une base volontaire, sans qu'une pression implicite ou explicite soit exercée sur le personnel. »
La leader syndicale ajoute qu'une étroite collaboration entre l'employeur et le syndicat dans ce dossier « qui contient encore une certaine part d'angles morts » profite à toutes et tous. « L'IA évolue très rapidement et il est impossible de tout prévoir. Cela nécessite de faire le point fréquemment sur la situation, et un comité paritaire est un véhicule souple qui permet de maintenir une telle mise à jour. »
Un personnel irremplaçable
Pour sa part, la vice-présidente de la FPEP-CSQ, Manon Labrecque, ajoute que la participation de tous dans l'élaboration de la politique institutionnelle sur l'IA assure que celle-ci, représentant les réalités de tout le monde, sera plus efficace. « Le développement de l'IA doit se faire en mettant à profit les compétences et les connaissances de toutes les personnes concernées. Croire que l'IA est facile d'approche et qu'elle peut remplacer le personnel à l'école est un leurre, une dérive risquée », prévient madame Labrecque.
Apprendre à interpréter les connaissances
Cette dernière précise que « l'IA doit être un outil au service des partenaires du réseau de l'éducation, pas les remplacer. Fondamentalement, l'humain est au cœur de la relation pédagogique avec l'élève et doit continuer de l'être. Même si l'IA donne accès à un flot impressionnant d'informations, l'élève doit apprendre à identifier le savoir utile, différencier le vrai du faux, et seuls les enseignantes et les enseignants peuvent lui transmettre les compétences nécessaires pour développer son esprit critique et utiliser l'IA de façon saine ».
Profil de la FPEP-CSQ
La Fédération du personnel de l'enseignement privé (FPEP-CSQ) représente près de 4 000 membres du personnel enseignant, professionnel et de soutien. Ses 51 syndicats affiliés proviennent des secteurs de l'enseignement préscolaire au collégial, répartis dans 10 régions du Québec.
SOURCE Fédération du personnel de l'enseignement privé (FPEP-CSQ)

Renseignements : Étienne Richer, Conseiller aux communications et aux relations de presse, Cellulaire : 581 983-6130, Courriel : [email protected]
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