Échec du blitz de négociation des paramédics - Le système préhospitalier au bord du naufrage
QUÉBEC, le 18 juin 2026 /CNW/ - Face au constat d'échec du dernier blitz de négociation pour renouveler les conventions collectives échues depuis plus de trois ans, les paramédics membres de syndicats CSN ont tenu un coup d'éclat, aujourd'hui, à Québec. Ils ont forcé la fermeture du Conseil du trésor en bloquant les entrées, notamment à l'aide d'une épave de 30 pieds symbolisant un système au bord du naufrage.
Présente sur place, la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Lucie Longchamp, explique que les paramédics comptent tout mettre en œuvre pour que le gouvernement règle cette négociation avant les prochaines élections. Les conventions collectives sont échues depuis plus de trois ans. « Il y a urgence de trouver un règlement avec les paramédics et de concentrer tous nos efforts sur la mission première de ce réseau : soigner les personnes et sauver des vies. »
Nouveaux moyens de pression
Les paramédics ont par ailleurs annoncé de nouveaux moyens de pression. À compter du mardi 23 juin, les paramédics membres de syndicats CSN du Sud des Laurentides et de Lanaudière, du Grand Trois-Rivières, des régions de Portneuf, de la Capitale nationale, de Charlevoix ainsi que de la Moyenne et Basse-Côte-Nord refuseront de combler des quarts de travail en heures supplémentaires volontaires. De plus, les paramédics de tout le Québec cesseront le travail pour des agences privées de placement de personnel dans ces régions ciblées. D'autres régions joindront le mouvement, si nécessaire. Cela sera annoncé au moment opportun.
« Le gouvernement nous envoie clairement le message que les paramédics, nous ne sommes pas importants pour lui, que nous ne sommes pas une priorité. Que notre dossier prenne la poussière sur une tablette, ça ne les dérange pas, explique Mathieu Lacombe, paramédic de la Montérégie, élu au comité de mobilisation provincial. Bien, si nous ne sommes pas une priorité pour nos employeurs et pour le gouvernement, il faut croire qu'ils n'ont pas besoin non plus qu'on se démène chaque jour pour tenir ce réseau à bout de bras, au risque d'y laisser notre propre santé. »
« Ces moyens de pression vont-ils causer des casse-têtes aux employeurs ? Ce n'est pas notre problème, enchaîne Sébastien Lavoie, paramédic de Montmagny, également du comité de mobilisation. Après quatre ans sans aucune augmentation de salaire, nous avons été assez patients. Par ailleurs, les employeurs et le gouvernement ont encore du temps devant eux pour éviter qu'on mette les moyens prévus en application. Qu'ils reviennent s'asseoir immédiatement à la table. Il ne reste pas une tonne de matières à négocier : un peu de bonne volonté et une once de respect et ce sera réglé. »
« Si on en est là aujourd'hui, c'est parce que les employeurs et le gouvernement ne nous ont pas pris au sérieux, poursuit David Bouchard, paramédic chez Urgences-santé, troisième membre du comité provincial de mobilisation. Tout ce qu'on demande, ce sont des conditions de travail en phase avec celles offertes à des emplois comparables du réseau public de la santé et des services sociaux. De son côté, le gouvernement continue de remettre en cause la valeur de notre travail et prétend que c'est trop demandé. On est bien tanné de faire rire de nous comme ça. »
Enjeux
Pour le représentant du secteur préhospitalier à la FSSS-CSN, Jean Gagnon, il demeure possible de trouver un règlement des négociations à court terme. « Parmi les enjeux de négociation qui demeurent actuellement sur la table, notons la reconnaissance de la surcharge de travail des paramédics et l'établissement d'une rémunération juste et équitable pour la profession de paramédic. Nous avons présenté différentes pistes de règlement au gouvernement et nous travaillons sans relâche pour trouver un moyen de rejoindre les objectifs du gouvernement tout en améliorant les conditions de travail et de pratique. »
À propos
Les quelque 3500 paramédics membres de syndicats CSN assurent les services préhospitaliers d'urgence, partout au Québec, tant dans les grandes villes que dans les secteurs ruraux. Ces syndicats sont affiliés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) qui rassemble quelque 244 syndicats et plus de 165 000 membres œuvrant dans les secteurs public et privé. Elle est la plus grande organisation syndicale dans le réseau de la santé et des services sociaux et agit en faveur d'une société plus équitable, plus démocratique et plus solidaire.
Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s'engage dans plusieurs débats qui concernent de près la société québécoise. Elle rassemble plus de 1600 syndicats et quelque 350 000 travailleuses et travailleurs, lesquels sont réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans 8 fédérations, et sur une base régionale dans 13 conseils centraux, avec près de 30 points de service au Québec et au Canada.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Pour information : Jean-Pierre Larche, Information-CSN, 514 605-0757 ou [email protected]
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