Déclaration de l'Institut sur la mise à jour économique du printemps English
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Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC)28 avr, 2026, 18:59 ET
OTTAWA, ON, le 28 avril 2026 /CNW/ - Le gouvernement demande aux Canadiennes et aux Canadiens d'accepter une contradiction : aggraver des déficits pour renforcer l'économie, tout en réduisant l'expertise nécessaire pour en assurer la vitalité. Ce n'est pas de l'efficacité, c'est un transfert de risque.
Comme le déficit est plus faible que prévu, le gouvernement a maintenant un choix clair à faire : continuer à réduire (ou éroder) l'expertise et à augmenter les risques, ou réinvestir dans la fonction publique, qui assure le fonctionnement sûr des systèmes critiques.
La vérité est que le Canada perd massivement des experts. Le gouvernement prévoit 11,3 milliards de dollars de nouvelles dépenses pour l'exercice financier en cours, tout en maintenant son plan de réduction des dépenses de 60 milliards de dollars dans tous les ministères et agences, tel qu'annoncé dans le budget 2025 en novembre dernier. Près de 40 000 postes seront coupés
Nous en voyons déjà les conséquences. À Transports Canada, les compressions budgétaires réduisent considérablement les équipes chargées de réglementer la sécurité du transport des marchandises dangereuses au Canada -- des fonctions conçues pour éviter des catastrophes comme celle de Lac-Mégantic. À l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), près d'un million d'heures d'expertise en matière de sécurité et salubrité alimentaire sont supprimées chaque année, alors même que le nombre de rappels de produits augmente et que des milliers de sites de production s ne sont pas inspectés en raison d'un manque chronique en ressources humaines.
Il ne s'agit pas de tâches abstraites ou de simples chiffres sur une feuille de calcul -- ces expertes et experts sont au cœur de la manière dont le Canada renforce la résilience, gère les risques et assure la sécurité des personnes. Une fois cette capacité disparue, elle ne peut être remplacée rapidement ni à faible coût.
La décision de maintenir ouvert le laboratoire d'allergologie de Longueuil montre ce qui se passe lorsque la sécurité est compromise et que les risques sont importants : les coupes ne sont plus envisagées. Elle révèle une faille majeure dans l'approche du gouvernement: des réductions généralisées et importantes des systèmes essentiels sont effectuées trop rapidement, sans une bonne compréhension des conséquences pour la population canadienne.
La mise à jour économique de printemps a réaffirmé l'intention du gouvernement de réduire les dépenses liées aux consultants externes et sous-traitants. Malheureusement, malgré cette intention, les dépenses liées à la sous-traitance atteignent des sommets. Cette année, c'est 26 milliards de dollars qui seront confiés à des consultants privés et des sous-traitants, tandis que les analystes des incendies de forêt, les ingénieur•es en sécurité et des inspecteur•rices des denrées alimentaires sont licenciés. Lorsque l'expertise interne est réduite, la charge de travail ne disparaît pas -- elle est plutôt confiée à des consultants à un coût plus élevé, avec moins de supervision et moins de responsabilités. Cette pratique n'est pas de l'efficacité, c'est du gaspillage.
Dans l'ensemble, ces décisions représentent un abandon plus large de l'expertise de la fonction publique qui permet aux systèmes essentiels de fonctionner en toute sécurité et au Canada d'être fort, à une époque de forte pression économique et de grande incertitude mondiale.
La question est maintenant de savoir si le gouvernement fédéral choisira de réinvestir dans l'expertise qui permet d'éviter les échecs, ou s'il acceptera de prendre davantage de risques à long terme.
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SOURCE Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC)

Source : Johanne Fillion, 613-883-4900 (cellulaire), [email protected]
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