Comment assurer l'équilibre dans un reportage
MONTRÉAL, le 18 févr. 2026 /CNW/ - Le Conseil de presse du Québec publie aujourd'hui trois décisions concernant des plaintes qu'on lui a soumises. Il en a retenu deux et a rejeté la troisième.
D2025-02-009 et D2025-02-010 : Dominic Villeneuve c. Éric Beaupré et le Journal Web Vingt55
Un manque d'équilibre est constaté dans deux reportages du Journal Web Vingt55. Dans les deux cas, le plaignant, qui est directeur du Service des communications de la Ville de Drummondville, estime que la Ville n'a pas eu l'occasion de répondre aux allégations portées à son égard.
Le Conseil de presse retient ainsi les deux plaintes déposées par Dominic Villeneuve contre le journaliste et éditeur du média numérique Vingt55, Éric Beaupré. Les plaintes visent l'article « Sans convention collective depuis quatre ans : les pompiers de Drummondville intensifient leur visibilité », mis en ligne le 13 janvier 2025, ainsi que l'article « Centre Marcel-Dionne : Un nouvel amphithéâtre, le privé pourrait faire la différence à Drummondville », mis en ligne le 27 janvier 2025.
Dans le premier article, qui porte sur un conflit de travail entre la Ville et le syndicat des pompiers du Service incendie de Drummondville, le journaliste donne exclusivement la parole au représentant et délégué syndical Yoann Poirier. Ce dernier affirme notamment : « On veut que la Ville revienne s'asseoir à la table pour négocier avec nous. Rappelons que la Ville n'est jamais revenue à la table des négociations après l'avoir quittée à l'été 2024. »
Le Conseil rappelle : « Dans tout conflit syndical, il y a deux parties : la partie syndicale et la partie patronale. Les parties ont chacune leurs intérêts, leur perspective et leur rôle à jouer. Or, dans cet article, alors que le point de vue du syndicat des pompiers est rapporté en détail, comportant de sévères critiques envers la Ville, le point de vue de la Ville n'est à aucun moment présenté dans l'article, ce qui constitue un déséquilibre dans la couverture de ce conflit. »
Le Conseil retient également un grief de manque d'équilibre dans le second dossier de plainte. Le Conseil explique : « L'abandon du projet de rénovation, posé en prémisse de l'article, a pour effet d'impliquer la Ville de Drummondville, celle-ci étant maître d'œuvre du projet de rénovation. Ce faisant, la Ville devient une des parties en présence de l'article. »
Or, le journaliste « n'a pas sollicité la Ville de Drummondville avant de publier son article. Il n'a pas non plus présenté son point de vue à l'aide de déclarations ou d'explications publiques antérieures. [...] [L]'absence du point de vue de la Ville, qui est une partie en présence dans l'article, prive le lecteur d'une juste compréhension du dossier de l'aréna municipal. »
Le Conseil retient également un grief d'information inexacte et un grief de manque d'identification des sources dans ce second dossier.
Lire la décision D2025-02-009 complète
Lire la décision D2025-02-010 complète
D2025-01-002 : Bruno Vanier c. Marie-France Bélanger et Radio-Canada
Le Conseil de presse rejette la plainte visant le reportage « Les hauts et les bas de la vie de condo », de la journaliste Marie-France Bélanger, diffusé lors de l'émission « La Facture » du 10 décembre 2024, sur les ondes de Radio-Canada.
Dans ce reportage portant sur les relations conflictuelles entre un groupe de copropriétaires d'un immeuble à condos de Montréal et le conseil d'administration (C.A.) du syndicat des copropriétaires, le plaignant alléguait un manque d'équilibre, déplorant l'absence de commentaires de copropriétaires satisfaits des décisions du C.A.
Le Conseil a rejeté le grief, expliquant que le point de vue souhaité par le plaignant se trouvait déjà dans le reportage. On peut ainsi lire dans la décision : « Les critiques et reproches exprimés dans le reportage par des copropriétaires mécontents visent les décisions du C.A. Dans ce litige, les deux parties en présence sont donc les copropriétaires mécontents et le conseil d'administration du syndicat des copropriétaires. »
Le conseil d'administration avait refusé les demandes d'entrevue de la journaliste, qui a néanmoins présenté ses réponses écrites pour chaque enjeu soulevé par les propriétaires insatisfaits.
« Le point de vue des copropriétaires mécontents est largement présenté à travers des entrevues, explique la décision. Le point de vue du C.A., quant à lui, se retrouve dans plusieurs citations du C.A. montrées à l'écran. [...] En ce qui concerne les copropriétaires favorables au C.A., leur point de vue se trouve déjà représenté à travers celui du C.A. Il n'était donc pas indispensable de rapporter leur point de vue en plus des réponses du C.A. »
À propos
Le Conseil de presse du Québec est un organisme privé, à but non lucratif, qui œuvre depuis 1973 à la protection de la liberté de la presse et à la défense du droit du public à une information de qualité. Son action s'étend à tous les médias d'information distribués ou diffusés au Québec, qu'ils soient membres ou non du Conseil, qu'ils appartiennent à la presse écrite ou électronique. Le Conseil reçoit les plaintes du public et rend des décisions relativement à la déontologie journalistique. Mécanisme d'autorégulation de la presse, le Conseil ne peut être assimilé à un tribunal civil, il ne possède aucun pouvoir judiciaire, réglementaire, législatif ou coercitif; il n'impose aucune sanction autre que morale.
Le Conseil de presse remercie Cision d'avoir rendu possible l'envoi de ce communiqué.
SOURCE CONSEIL DE PRESSE DU QUEBEC

RENSEIGNEMENTS : Caroline Locher, secrétaire générale, Conseil de presse du Québec, [email protected]
Partager cet article