MONTRÉAL, le 18 mars 2026 /CNW/ - L'Ordre des ingénieurs du Québec reconnait l'augmentation des sommes consacrées au maintien des infrastructures publiques annoncée dans le cadre du budget 2026-2027. S'ils sont un pas dans la bonne direction, l'Ordre rappelle toutefois que ces engagements demeureront largement insuffisants pour répondre à l'ampleur de la crise que traverse le parc d'infrastructures publiques québécois, dont l'état réel demeure méconnu.
« Le gouvernement envoie aujourd'hui un signal positif en augmentant la part des investissements dédiés au maintien des actifs, mais il faudra nécessairement plus pour résorber la crise des infrastructures à laquelle nous sommes confrontés. Nous ne disposons toujours pas d'un portrait clair et complet de l'état de nos infrastructures. Tant que ce diagnostic ne sera pas établi, il est impossible de savoir combien il en coûtera réellement pour mettre fin à la crise », souligne Sophie Larivière‑Mantha, ing., MBA, ASC, présidente de l'Ordre.
Avoir un portrait clair
Si l'Ordre salue la volonté du gouvernement d'agir, il rappelle que les sommes annoncées doivent s'inscrire dans une approche structurante, fondée sur des données fiables, transparentes et comparables. À l'heure actuelle, le Québec ne dispose toujours pas d'un portrait fidèle de l'état de ses infrastructures. Entre autres lacunes, les actifs des municipalités, qui représentent pourtant environ 60 % du parc d'infrastructures de la province, ne sont pas complètement répertoriés.
Dans son rapport Agir maintenant pour éviter la f(r)acture de demain, rendu public à la fin janvier, l'Ordre formule huit propositions concrètes pour sortir durablement de cette impasse. Celles‑ci incluent notamment la nécessité de rompre avec une approche historiquement axée sur les nouvelles constructions au détriment de l'entretien, de renforcer la planification à long terme sur le cycle de vie des actifs et d'appuyer les décisions sur des données fiables, complètes et accessibles.
L'Ordre recommande également la mise en place de mécanismes d'imputabilité clairs, dont un bureau de la performance indépendant, afin d'assurer un suivi rigoureux de la réduction du déficit de maintien. Il est aussi essentiel d'implanter des mécanismes pour assurer la prévisibilité et la concrétisation des engagements financiers afin d'éviter que l'entretien des infrastructures soit de nouveau relégué au second plan, d'autant plus que le PQI prévoit une baisse des investissements en maintien dès 2027-2028.
« La crise des infrastructures n'est pas seulement une question de budgets, c'est d'abord une question de gouvernance, de priorisation et de choix collectifs. Sans changement de pratiques et sans vision à long terme, les investissements annoncés risquent de ne produire que des effets temporaires », mentionne la présidente de l'Ordre.
L'Ordre des ingénieurs du Québec réitère son appel à faire de l'entretien des infrastructures une véritable priorité gouvernementale et à engager rapidement les actions nécessaires pour se doter d'un portrait rigoureux de l'état des actifs publics et d'une vision à long terme. L'Ordre souhaite que tous les acteurs politiques s'engagent dans cette direction. À défaut, le Québec continuera de reporter les coûts et les risques sur les générations futures.
À propos de l'Ordre des ingénieurs du Québec
L'Ordre des ingénieurs du Québec regroupe quelque 77 000 membres et personnes candidates à la profession. Il a pour mission d'encadrer l'exercice de l'ingénierie et de soutenir le développement de la profession afin d'assurer la protection du public. L'Ordre est devenu le premier ordre professionnel carboneutre en 2022.
Pour plus d'information, consultez le site oiq.qc.ca.
SOURCE Ordre des ingénieurs du Québec

Renseignements : Laurence Gagnon, TACT, Cellulaire : 418-690-9716, [email protected]
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