Budget du Québec 2026-2027 - Signal important en matière de sécurité publique, mais silence inquiétant sur le fardeau réglementaire
MONTRÉAL, le 18 mars 2026 /CNW/ - Les messages du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) ont été entendus sur les questions de la lutte contre le crime dans l'industrie du détail et de l'efficacité du système de justice. Le secteur du détail est frappé depuis plusieurs années par une hausse fulgurante de la criminalité dans les commerces, que ce soit en raison des vols, de la violence, de la fraude ou de la cybercriminalité - des méfaits en grande partie attribuables au crime organisé.
Le CCCD se réjouit des nouveaux efforts qui seront consacrés à la sécurité publique afin de consolider l'ensemble des activités en prévention et en intervention. Ce sont des sommes additionnelles de 150 M$ chaque année pour les 5 prochaines années. À ces sommes s'ajoutent 66 M$ sur 3 ans pour renforcer la lutte contre les violences armées, en visant à la fois le ministère de la Sécurité publique et celui de la Justice. En ajoutant les sommes également prévues pour désengorger le système de justice, on dépasse le milliard de dollars - un montant qui devrait permettre de lutter plus efficacement contre la criminalité.
En 2025, les pertes liées au crime dans le secteur du détail ont dépassé les 2 G$ au Québec seulement et ont excédé les 9 G$ à l'échelle du pays - ce qui est le double d'il y a 5 ans. Les demandes répétées du CCCD de donner aux forces de l'ordre des moyens conséquents pour lutter contre les groupes criminalisés ont été entendues. « Le gouvernement se donne des moyens nouveaux afin de mieux comprendre et de lutter plus efficacement contre la criminalité. Au fil des années, marquées par l'insuffisance des ressources, le crime dans le secteur du détail s'est structuré et organisé ; c'est une priorité qu'on ne peut plus ignorer », a souligné Michel Rochette, président du CCCD - Québec.
Quelques mesures économiques à saluer
Une série d'initiatives visant à soutenir le développement économique, le tourisme et la croissance des entreprises en région sont les bienvenues. Nous saluons aussi le fait que près de 100 M$ soient investis dans les actions de la Politique bioalimentaire 2025-2035, une politique à laquelle nous collaborons étroitement depuis sa mise en place en 2018. Dans la même veine, le soutien aux infrastructures des banques alimentaires était devenu essentiel ; c'est une clé qui permet d'assurer l'efficacité du Programme de récupération en supermarchés, destiné à réduire le gaspillage alimentaire et à soutenir les plus vulnérables.
De plus, dans le contexte géopolitique actuel, où l'achat local doit être favorisé, nous saluons les sommes allouées à l'organisme Les Produits du Québec. Ces certifications sont essentielles pour permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés et soutenir notre économie. Finalement, le retour des programmes Rénoclimat et LogisVert est une bouffée d'air pour de nombreux détaillants du secteur de la quincaillerie.
Aucun signal d'une amélioration de l'environnement d'affaires, qui est lourd et coûteux
L'automne dernier, le premier ministre Legault avait qualifié de « camisole de force » la lourdeur réglementaire et bureaucratique qui plombe l'environnement d'affaires au Québec. Des règles trop nombreuses, lourdes et très coûteuses, souvent propres au Québec, sont parfois si mal arrimées entre elles qu'elles finissent par provoquer l'inverse des effets escomptés. À cet environnement réglementaire difficile s'ajoutent les enjeux criants d'accès à la main-d'œuvre. Malheureusement, face à ces problèmes qui frappent durement les détaillants, aucun signal d'une quelconque amélioration n'a pu être détecté dans les intentions budgétaires ou la vision d'avenir que comporte généralement un discours du budget.
Bien que bienvenue, l'aide financière particulière de 27 M$ accordée à Éco Entreprises Québec - destinée à éponger un manque à gagner dans le cadre de la réforme en cours de la collecte sélective - révèle les problèmes d'une réforme trop complexe dont les délais, les cibles et les modalités sont impossibles à respecter et dont les répercussions sur les entreprises québécoises sont largement sous-évaluées. Les ajustements réglementaires promis demeurent donc urgents.
L'accès à la main-d'œuvre reste profondément problématique et affecte l'avenir. Mais demeure sans solution.
Les documents déposés par le ministère des Finances reconnaissent clairement les conséquences négatives des récentes annonces en matière d'immigration, notamment par rapport à la crise démographique qui frappera de plus en plus fort le Québec, si nous persistons dans la même voie.
Les documents présentés aujourd'hui indiquent clairement que le vieillissement de la population et la diminution de l'immigration limiteront les gains économiques au cours des prochaines années. On y apprend aussi que le nombre de postes vacants est aujourd'hui de 118 300, laissant présager que certains secteurs pourraient connaître des pénuries de main-d'œuvre, ce qui rendrait le recrutement plus difficile et pourrait exercer des pressions sur les salaires et les coûts d'exploitation.
« Un secteur commercial fort, qui aide efficacement les citoyens à se nourrir, à se vêtir et à se loger à des prix abordables, au cœur des chaînes logistiques et d'approvisionnement, doit pouvoir compter sur un environnement d'affaires invitant et prévisible ainsi que sur une main-d'œuvre suffisante. Or, depuis quelques années, les fardeaux se sont accumulés sur les épaules des détaillants et sur les commerces de tous les secteurs d'activité, le plus souvent à la suite de décisions politiques. La crise commerciale actuelle aurait dû amener le gouvernement à réagir en ce sens. Ce n'est pas le cas aujourd'hui », a noté Michel Rochette.
À propos du Conseil canadien du commerce de détail
Fondé en 1963, le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) est la Voix des détaillantsMC au Québec et au Canada. Il regroupe une diversité d'entreprises, allant des grandes chaînes aux commerces indépendants, dans tous les secteurs du commerce de détail, incluant l'alimentation et la restauration rapide. Le CCCD représente plus de 18 000 commerces au Québec et 65 000 au pays. Le secteur du détail emploie près de 500 000 personnes au Québec et génère annuellement près de 118 G$ en activité économique.
SOURCE Conseil canadien du commerce de détail

Pour en savoir plus : Francis Mailly, Vice-président, Affaires publiques (Québec), 514 891-2617, [email protected]
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