Budget 2026-2027 : un statu quo budgétaire décevant pour les entreprises agricoles
LONGUEUIL, QC, le 18 mars 2026 /CNW/ - L'Union des producteurs agricoles (UPA) prend acte des mesures budgétaires à l'intention des productrices et producteurs agricoles et forestiers dans le discours sur le budget 2026-2027. Ces mesures sont toutefois en deçà des besoins et des attentes du secteur.
« Ce budget est le dernier d'ici les élections générales de cet automne. Le gouvernement avait une ultime occasion de répondre à plusieurs des attentes légitimes et récurrentes des productrices et producteurs agricoles et forestiers. D'autant plus que le ministre Eric Girard fait directement référence à l'importance d'un environnement d'affaires compétitif, caractérisé par un cadre réglementaire simple et stable. Nos entreprises devront malheureusement chercher ailleurs que dans ce budget pour s'en prévaloir », a déclaré le président général de l'UPA, Martin Caron.
Rappelons que les quelque 29 000 entreprises agricoles du Québec procurent de l'emploi à plus de 52 000 personnes, développent chaque jour le territoire, investissent chaque année 1,7 G$ dans l'économie de nos régions et nourrissent durablement des millions de consommateurs d'ici et d'ailleurs dans le monde.
Dans ce cadre, des investissements importants étaient requis pour permettre au premier secteur primaire au Québec, un secteur d'avenir, de poursuivre son développement. Le budget 2026-2027 ne prévoit rien à ce sujet, malgré des finances publiques moins moroses que prévues.
Du côté forestier, le gouvernement met en place un certain nombre d'initiatives. Ces dernières ciblent toutefois prioritairement l'industrie forestière et la forêt publique, comme c'est le cas depuis le début de la crise forestière. La forêt privée n'en bénéficiera donc que marginalement.
Parmi les mesures budgétaires d'intérêt, mentionnons :
- 95,1 M$ sur trois ans pour accroître la compétitivité du secteur bioalimentaire;
- 32,3 M$ sur six ans, en agriculture, pour des initiatives de protection de l'environnement (Éco Entreprises Québec et réhabilitation du lac Saint-Pierre);
- 3 M$ pour augmenter les sommes disponibles dans le Programme exceptionnel d'écoulement des bois feuillus de faible qualité des régions de l'Outaouais et des Laurentides (ces sommes bénéficieront en partie à la forêt privée).
L'UPA aurait souhaité que la contribution directe des entreprises agricoles au Fonds d'électrification et de changements climatiques (tarification du carbone - plus de 550 M$ depuis 2015) soit entièrement remboursée. Les 30 M$ annoncés à trois reprises depuis la mise à jour économique de novembre dernier sont insuffisants et ne corrigent en rien cette injustice considérable, à la lumière notamment de l'actuelle flambée des prix de l'essence et du mazout.
L'organisation aurait aussi vu d'un bon œil des investissements permettant d'augmenter les budgets agricoles de la province (actuellement 1 % des dépenses de l'État, alors que la moyenne mondiale est de 2 %) ainsi qu'un soutien accru pour la relève, les régions périphériques et l'agriculture de proximité. Des mesures visant à mieux contrôler la fiscalité foncière agricole, à réduire le coût du financement de la dette à long terme des entreprises et à appuyer la Fiducie UPA-Fondaction, étaient également requises.
Soulignons finalement que les deux candidats à la direction de la Coalition Avenir Québec, Bernard Drainville et Christine Fréchette, ont proposé ces dernières semaines de rembourser les entreprises agricoles en matière de tarification du carbone, de soutenir davantage la relève et d'alléger le fardeau administratif et règlementaire. L'UPA s'attend à ce que le gouvernement québécois tienne ses promesses au cours des prochains mois.
SOURCE Union des producteurs agricoles

Renseignements : Katy Pronovost, Chargée des relations de presse et des réseaux sociaux, [email protected] | 579 859-0755
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