Bilan du mandat de la CAQ en petite enfance - Des progrès, mais des promesses inachevées
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Association québécoise des centres de la petite enfance12 juin, 2026, 06:00 ET
MONTRÉAL, le 12 juin 2026 /CNW/ - Cinq ans après le lancement du Grand chantier pour les familles, où en sommes-nous vraiment? L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) fait un bilan nuancé de ce mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ) : des avancées concrètes à reconnaître, des chiffres qui parlent d'eux-mêmes et plusieurs engagements fondamentaux qui attendent toujours leur suite.
Accès aux places : une privatisation du réseau
Le gouvernement met de l'avant la création de 37 266 nouvelles places. Malgré un développement important, 30 688 enfants québécois attendent toujours une place. L'accès universel et l'égalité des chances demeurent donc une promesse en 2026.
Il faut également souligner que le modèle privé à but lucratif subventionné prend de plus en plus d'ampleur dans le réseau en installation, notamment en raison du fait que 10 789 places non subventionnées, ont été converties en places en garderies privées subventionnées, contre seulement 123 en CPE.
« L'esprit de la loi 1 privilégiait le modèle CPE et des efforts ont été faits pour accélérer le développement des places en CPE, nous le reconnaissons. Cependant, force est de constater que dans l'opérationnalisation du Grand chantier pour les familles, cette volonté de développer prioritaire et majoritairement en CPE ne s'est pas concrétisée », explique Geneviève Blanchard, co-directrice générale de l'AQCPE.
Résultat, l'éducation à la petite enfance repose de plus en plus entre les mains de propriétaires privés. Est-ce vraiment ce que le Québec souhaite pour l'éducation à la petite enfance, d'autant plus que ce modèle peine à atteindre les seuils minimaux de qualité des services et que les CPE demeurent le modèle privilégié par les parents?
Une pénurie de personnel encore plus préoccupante
Entre 2021 et 2025, le taux de qualification des personnes éducatrices est passé de 73,2 % à 66,8 %. En quatre ans de mandat, la situation s'est dégradée. La pénurie de personnel qualifié continue d'affecter directement la qualité et l'accessibilité des services offerts aux familles.
« Les éducatrices qualifiées sont le cœur de la qualité éducative offerte aux enfants. Tant que les incitatifs à la formation et les conditions de travail ne seront pas à la hauteur des besoins et des exigences de cette profession, les milieux composeront avec des difficultés de recrutement, de qualification et de rétention qui fragilisent les équipes et limitent leur capacité à répondre aux besoins des familles », souligne Geneviève Blanchard.
Consolidation de la garde en milieu familial
« La CAQ a bel et bien consolidé la garde en milieu familial », reconnaît Mme Gasparrini. « Les incitatifs et l'abolition de la garde non-régie ont permis, grâce aux efforts remarquables des bureaux coordonnateurs (BC), de reconnaître de nombreuses responsables de services de garde éducatifs en milieu familial, qui sont désormais accompagnés par les professionnels des BC. La CAQ a également accédé à une demande du réseau de tester la garde en communauté et devant les résultats positifs, elle a pérennisé ce nouveau modèle plus adapté aux besoins de certains milieux, avec l'adoption du projet de loi 12. »
Une promesse inachevée en matière d'égalité des chances
Le Grand chantier promettait entre autres de prioriser « l'accès aux services de garde éducatifs pour les enfants vivant dans un contexte de précarité socio-économique ».
Pourtant, la Loi 17, qui encadre maintenant les politiques d'admission, a considérablement réduit le champ d'action des milieux qui ont fait de l'accueil des enfants plus vulnérables leur mission. Par exemple, il est dorénavant interdit d'avoir un partenariat de nature sociale afin de prioriser des enfants issus d'un contexte socio-économique précaire.
« C'est notre mission de contribuer à l'égalité des chances, les certaines décisions prises par le gouvernement sont contraires à ce principe. Il importe de rapidement faire les modifications nécessaires afin que les CPE/BC puissent remplir pleinement leur mandat », commente Gina Gasparrini, présidente du conseil d'administration de l'AQCPE.
Pour avoir davantage de détails concernant les engagements de la CAQ et leurs résultats à ce jour, c'est juste ici.
Le gouvernement doit être au rendez-vous des familles
Le Grand chantier et la Loi 1, adopté sous l'égide de Mathieu Lacombe, avaient donné beaucoup d'espoir et des orientations claires au réseau des services de garde éducatifs. Ils auront permis plusieurs avancées, mais au fil des changements dans l'exécution, les priorités du gouvernement ont changé et des promesses importantes demeurent inachevées.
Le réseau de la petite enfance est à un moment charnière : les décisions du prochain gouvernement auront des répercussions durables sur la qualité et l'accessibilité des services offerts aux familles québécoises. Celui-ci, quel qu'il soit, devra remettre au cœur de ses décisions l'égalité des chances avec comme leviers le modèle OBNL et l'agilité du réseau de CPE/BC.
C'est pourquoi, en cette année électorale, l'AQCPE interpelle les partis politiques avec des engagements réalistes et concrets, ancrés dans les réalités du terrain.
Pour découvrir nos propositions : www.elections.aqcpe.com
À propos de l'AQCPE
L'AQCPE exerce un leadership dans la représentation, le rayonnement et l'accompagnement d'un réseau éducatif de CPE/BC de qualité pour les enfants de 0 à 5 ans.
À titre d'expert en petite enfance, l'AQCPE vise à concrétiser le projet de société d'offrir à tous les enfants de 0 à 5 ans un accès universel à des services éducatifs de qualité en CPE/BC en collaboration avec les familles.
SOURCE Association québécoise des centres de la petite enfance

Demandes d'entrevues : Marie-Ève Chartrand, Conseillère principale aux communications - relations médias, [email protected], 514-829-9365
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