Urgence de Brome-Missisquoi-Perkins, en Estrie - Le TAT reconnaît les risques liés à la surcharge de travail et à la fatigue
Nouvelles fournies par
Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - FIQ23 oct, 2026, 11:30 ET
QUÉBEC, le 23 oct. 2026 /CNW/ -- Après cinq ans de démarches et de mobilisation, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ et le Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est obtiennent une décision importante du Tribunal administratif du travail (TAT) concernant la surcharge de travail à l'urgence de Brome-Missisquoi-Perkins.
Le TAT conclut que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie-Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CIUSSS de l'Estrie-CHUS) n'en a pas fait suffisamment pour contrôler les risques psychosociaux, notamment ceux liés à la surcharge de travail. La décision remet également en cause la gestion de la fatigue et les conditions entourant les pauses et les repas, reprochant à l'employeur de ne pas avoir pris les moyens nécessaires pour permettre de véritables pauses et des périodes de repas complètes.
« Cette décision envoie un message clair : c'est insuffisant de reconnaître qu'il y a un problème et de mettre des mesures sur papier. Il faut vérifier qu'elles fonctionnent sur le terrain. Quand la surcharge et l'organisation du travail mettent à risque la santé psychologique des soignantes, l'employeur doit agir et obtenir des résultats », affirme Julie Daignault, vice-présidente de la FIQ et responsable des dossiers de santé et de sécurité au travail.
À la suite des mobilisations, l'employeur avait mis en place différentes mesures, mais n'a pas démontré qu'il en assurait un suivi suffisant pour vérifier leur efficacité. Le TAT souligne également les conséquences de l'absence de pauses et de périodes de repas sur la récupération et la fatigue des professionnelles en soins.
« Des membres pouvaient travailler huit heures sans avoir le temps de satisfaire leurs besoins de base. C'est inadmissible. Prendre une pause pour manger et récupérer n'est pas un privilège. Le réseau ne peut pas continuer de fonctionner sur l'épuisement des professionnelles en soins. L'employeur doit assurer leur santé et leur sécurité : une professionnelle en soins en temps supplémentaire obligatoire est une travailleuse fatiguée, dont la santé et celle des patient-e-s sont à risque », soutient Stéphanie Goulet, présidente du Syndicat.
Cette décision couronne une mobilisation amorcée en 2021. Les professionnelles en soins ont témoigné publiquement, manifesté, signé une pétition et interpellé la direction, des élues et le ministre de la Santé. Le Syndicat a également saisi la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), avant de contester la situation devant le TAT.
« Pendant des années, nos membres ont sonné l'alarme. Elles se sont mobilisées et nous avons refusé de laisser tomber. Cette décision montre pourquoi il était nécessaire d'aller jusqu'au bout et démontre les effets réels de la fatigue et des risques psychosociaux sur la santé de nos membres », ajoute Lucie Landry, vice-présidente inhalothérapeute du Syndicat.
Le TAT ordonne au CIUSSS de l'Estrie-CHUS de corriger la situation au plus tard le 21 janvier 2027. « Cette décision doit résonner partout dans le réseau. La santé des professionnelles en soins doit être considérée dans l'ajustement du réseau de la santé. Prendre soin de celles qui prennent soin de la population, ça doit commencer maintenant », conclut Julie Daignault.
À propos de la FIQ
Créée en 1987, la FIQ représente près de 90 000 professionnelles en soins (infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques) qui travaillent dans les établissements de santé à travers le Québec. Organisation féministe composée à près de 90 % de femmes, la FIQ se consacre à la défense des droits de ses membres, tout en veillant à la qualité des soins offerts à la population et à la pérennité du réseau public de santé.
SOURCE Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - FIQ

Renseignements: Philippe Desjardins, conseiller aux communications, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ, 581 995-0762, [email protected]
Partager cet article