Travailleuses et travailleurs temporaires : la FTQ revendique une clause de droits acquis - Québec ne doit pas briser ses promesses envers les personnes immigrantes
Nouvelles fournies par
(FTQ) Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec04 févr, 2026, 12:28 ET
MONTRÉAL, le 4 févr. 2026 /CNW/ - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) demande au gouvernement du Québec d'entendre raison et d'aménager en urgence une clause de droits acquis afin de permettre l'accès à un statut permanent pour les personnes immigrantes touchées par l'abolition du PEQ ainsi que pour les travailleuses et travailleurs étrangers temporaires dont les permis arrivent à échéance et qui ne pourront être renouvelés. Du même souffle, l'organisation syndicale s'inquiète du peu d'empressement à recruter de façon permanente les travailleuses et travailleurs étrangers du privé, alors que le gouvernement dit prioriser ceux et celles du secteur public.
« Devant le réflexe de l'État employeur de vouloir recruter de façon permanente ses propres travailleuses et travailleurs étrangers temporaires dans le secteur public, au détriment de ceux du secteur privé, et devant l'ingérence apparente de la ministre de la Santé dans les critères de sélection, on estime que Québec rate la cible : le gouvernement doit veiller au recrutement permanent en immigration pour le bon fonctionnement de l'ensemble de la société. Les travailleuses et travailleurs étrangers jouent un rôle de premier plan dans bon nombre d'entreprises du secteur privé, il serait désastreux de ne pas prendre les moyens pour qu'ils puissent enfin s'établir de façon permanente au Québec, surtout en cette période de guerre commerciale », souligne le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.
En effet, le ministre de l'Immigration a confirmé au fil d'entrevues en début de semaine que son ministère privilégierait l'accès à un statut permanent pour les travailleuses et travailleurs étrangers œuvrant dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de la petite enfance. Cette orientation démontre l'ampleur de l'hypocrisie du ministre, qui rejette la responsabilité vers Ottawa en ce qui concerne les travailleurs et travailleuses du secteur privé. Or, il ne fait aucun doute que Québec détient tous les leviers nécessaires afin de remédier aux injustices provoquées par l'abolition du PEQ et faciliter l'accès à l'immigration permanente pour ces personnes qui sont tout autant essentielles à notre société.
« Il ne faudrait pas se retrouver avec une main-d'œuvre éternellement précaire avec des permis temporaires ou, pire, avec des vagues de travailleuses et travailleurs devenus en situation irrégulière parce que les permis sont échus. La majorité de ces personnes apprennent le français, vivent ici avec leur conjointe ou conjoint et ont des enfants. L'incertitude et l'hypocrisie ont assez duré : les besoins de main-d'œuvre sont permanents, le statut des travailleuses et travailleurs doit le devenir également », tranche Olivier Carrière, qui réclame la fin de la formule des permis de travail fermés.
Chez Métallurgie Castech à Thetford Mines, par exemple, c'est environ 40 % de la main-d'œuvre qui est constituée de travailleuses et travailleurs étrangers temporaires. Lorsque Ivan Moreno Rivera a quitté le Mexique pour s'établir au Québec en pleine pandémie en 2020, c'était bel et bien « pour s'établir au Québec, en français et faire partie de la société », explique l'homme de 38 ans, qui vit à Thetford Mines avec sa conjointe. « Je ne suis pas venu ici juste pour être un actif économique dans une entreprise, je suis venu pour partager et comprendre la culture locale ainsi que partager la richesse culturelle de mon pays. Pour moi, pour tout le monde qui vit cette étape, c'est comme une violation des droits. Le gouvernement n'a pas pensé aux gens de façon humaine », explique Ivan Moreno Rivera, membre du Syndicat des Métallos, dont le permis arrivera à échéance dans moins d'un an. Déjà, il remet à plus tard son projet de famille : « On pense avoir des enfants, mais c'est difficile de fonder une famille avec l'incertitude économique, morale et sociale », explique-t-il dans un bon français, lui qui a atteint le niveau requis pour immigrer.
Dans un sondage mené par Emploi et Développement social Canada (EDSC) en 2023, 94 % des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires interrogés sur leurs expériences de vie et de travail au Canada ont dit souhaiter devenir résidents permanents, si on leur en donnait la possibilité. C'est donc clairement pour des projets de vie que ces personnes viennent ici.
La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.
SOURCE (FTQ) Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec

Renseignements : Jean Laverdière, 514 893-7809, [email protected]
Partager cet article