MONTRÉAL, le 26 mars 2026 /CNW/ - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a mandaté la firme Léger pour mener une étude auprès de la population québécoise sur ses perceptions quant à la sécurité, l'incivilité et la violence. Le président de la CSQ, Éric Gingras, en dévoile aujourd'hui les résultats dans le cadre d'une conférence de presse.
Si, dans l'ensemble, la population se sent généralement en sécurité dans sa vie personnelle et professionnelle, elle estime toutefois que le niveau de violence dans la société québécoise a augmenté au cours des cinq dernières années. En d'autres mots, les Québécoises et les Québécois s'inquiètent du climat social (75 %) et appréhendent aussi une évolution défavorable de la situation.
« On sent bien à travers ces résultats qu'il y a une vague de préoccupations, sur différents paliers et dans toutes les sphères, partout à travers le Québec. Le malaise est palpable, personne n'y échappe. Le feu n'est pas pris dans la maison, mais on voit et on sent la fumée. Reste qu'il s'agit d'une alarme et qu'il faut réagir », a fait valoir Éric Gingras, insistant sur le fait que c'est aussi l'ampleur du phénomène qui surprend dans les données.
Pour la Centrale, les constats dégagés dans ce sondage se révèlent tout à fait cohérents avec ce que disent les travailleuses et les travailleurs des réseaux publics, qui sont en contact direct avec la population au quotidien.
« Tout le monde est touché à un moment ou à un autre. Et ce n'est pas l'affaire uniquement de Montréal ou des grandes villes. Le pessimisme est là, les gens constatent la violence, mais ils ne savent pas comment agir. On a une fenêtre pour agir, mais ce n'est pas vrai qu'on peut le faire de façon isolée. Ce qui se passe dans nos réseaux, en éducation, en enseignement supérieur, en petite enfance, en santé et dans le milieu communautaire également, ça se passe partout au Québec. Pour nous, à la lecture de ces résultats, il est clair qu'on a affaire à un enjeu social, politique et, oui, de santé publique! »
Faits saillants
- Lors de la comparaison de la situation actuelle à celle d'il y a cinq ans, une proportion importante des répondantes et répondants (67 %) estime que le climat de civilité s'est détérioré. Cette perception négative entache également l'avenir, puisque plus de la moitié (55 %) croit que le problème va s'aggraver durant les cinq prochaines années.
- Plus des deux tiers (67 %) des personnes répondantes considèrent que le niveau de violence dans la société québécoise a augmenté au cours des cinq dernières années.
Sur ce point encore, les perspectives sont peu optimistes : 57 % croient que la violence augmentera. On ne parle pas d'un phénomène ponctuel, mais bien d'une tendance perçue comme durable, une forme de normalisation de la violence. - Au cours des 12 derniers mois, une large majorité des personnes qui ont répondu au sondage déclarent avoir entendu parler de situations d'incivilité (68 %) ou de violence (84 %), plusieurs affirment en avoir été témoins (48 % incivilité; 29 % violence), et certaines en ont été personnellement victimes (28 % incivilité; 10 % violence).
Ces situations ne relèvent donc pas seulement du discours public ou médiatique, mais s'inscrivent plutôt dans l'expérience vécue d'une partie significative de la population. - Qui plus est, 82 % estiment que le contexte social et numérique dans lequel la société québécoise évolue influence notre rapport à l'incivilité et à la violence. D'ailleurs, l'espace numérique est perçu comme un amplificateur de tensions sociales, où les échanges sont plus polarisés et où les comportements agressifs sont plus visibles.
Parmi les répondantes et les répondants qui utilisent des médias sociaux ou des applications de messagerie, une forte majorité (78 %) estime que le niveau d'incivilité et de violence en ligne a augmenté au cours des cinq dernières années, et bon nombre d'entre elles et eux (68 %) s'attendent à ce que la situation se dégrade dans l'avenir. - L'éventail de situations reconnues par les répondantes et les répondants comme étant des formes d'incivilité ou de violence est large : intimidation, harcèlement à caractère sexuel, insulte ou propos dégradants, bousculade, pression psychologique, ton agressif ou méprisant, accès de colère lors d'un désaccord, déchets jetés au sol, etc.
Cette évolution des perceptions est toutefois intéressante parce qu'elle suggère un élargissement de la définition sociale de la violence, qui dépasse désormais le cadre des actes physiques pour inclure les paroles, les attitudes et les comportements en ligne. - Si plusieurs des personnes qui ont répondu au sondage se disent disposées à agir lorsqu'elles sont témoins d'incivilité, d'autres privilégient l'évitement ou le recours aux autorités. Les résultats traduisent un dilemme entre la volonté d'intervenir et un certain réflexe de prudence. Cette ambivalence reflète une société consciente du problème, mais qui ne se sent pas toujours outillée ou en position pour intervenir directement.
- Enfin, lorsqu'il est question de la responsabilité collective afin de réduire les actes d'incivilité et de violence, les répondantes et les répondants désignent une pluralité d'intervenantes ou d'intervenants. Les individus (70 %), les forces de l'ordre (33 %) et les gouvernements (22 %) sont principalement perçus comme ayant un rôle à jouer. Le problème est définitivement compris comme un enjeu collectif nécessitant une mobilisation partagée.
- Au total, 88 % estiment qu'il est de notre responsabilité collective d'agir contre l'incivilité et la violence.
- Finalement, 85 % pensent que la prévention de l'incivilité et de la violence devrait s'imposer comme une priorité au Québec.
La CSQ est active dans l'espace public depuis plusieurs années dans le dossier de la violence. Aujourd'hui, à la lumière de ces constats, l'étape de la sensibilisation est de toute évidence dépassée. Il faut du concret, dans les milieux de travail, à la maison, sur les réseaux sociaux, ainsi que dans les sphères publique et politique. Tout le monde a un rôle à jouer pour que les choses changent, à tous les points de vue.
« Au cours des prochains mois, la CSQ interpellera tous les membres de la société qui sont concernés : politiciennes et politiciens, communautés, fédérations des chambres de commerce, municipalités, entreprises, etc., pour former un large front commun contre la violence. Il faut adopter des positions communes, les faire connaître, les mettre de l'avant et travailler sur des mécanismes communs pour contrer ce fléau, partout dans la société. On va s'assurer de peser sur les bons pitons pour avoir les bons moyens, comme on dit! Et à l'aube d'une campagne électorale, c'est aussi le temps de mettre de l'avant un projet collectif, pour une société meilleure. Ce que les Québécoises et les Québécois nous disent ici, c'est qu'ils s'inquiètent pour demain. Et un enjeu de santé publique comme celui-là devrait être pris au sérieux par celles et ceux qui nous représentent », de conclure Éric Gingras.
Le sondage a été mené du 17 au 23 février 2026 auprès de 1 003 répondantes et répondants.
Profil de la CSQ
La CSQ est la plus importante organisation syndicale en éducation au Québec. Elle représente des membres dans toutes les catégories d'emplois, de la petite enfance à l'enseignement supérieur, en passant par tout le réseau scolaire.
La Centrale rassemble 225 000 membres; elle compte 11 fédérations qui regroupent quelque 240 syndicats affiliés, auxquels s'ajoute l'AREQ, le mouvement des personnes retraitées CSQ. Elle est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
X : CSQ_Centrale
SOURCE Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Renseignements : Maude Messier, Attachée de presse de la CSQ, Cellulaire : 514 213-0770, Courriel : [email protected]
Partager cet article