Rentrée collégiale - En campagne comme au pouvoir, il faut soutenir l'élan des cégeps
MONTRÉAL, le 11 août 2026 /CNW/ -- À l'aube d'une rentrée collégiale marquée par un contexte préélectoral et une croissance importante du nombre d'étudiantes et d'étudiants, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération de l'enseignement collégial (FEC-CSQ), la Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES-CSQ) et la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) pressent la classe politique de revaloriser et de soutenir le réseau des cégeps et leurs personnels.
Réunis à l'occasion d'une conférence de presse à la Maison du développement durable, Éric Gingras, président de la CSQ, Youri Blanchet, de la FEC-CSQ, Frédérique-Jade Belzile, de la FPSES-CSQ, et Éric Cyr, de la FPPC-CSQ, estiment que l'enthousiasme de la rentrée est assombri par les décisions des dernières années, telles que les suppressions de postes, les conséquences du gel d'embauche et les compressions budgétaires. « Il est temps d'offrir enfin de la prévisibilité aux acteurs du réseau collégial. C'est vrai pour le financement, qui fait régulièrement le yoyo, sans considération pour les effets qui en découlent sur le terrain. C'est aussi vrai pour les équipes qui ont terminé l'année sur les rotules parce que les collègues n'étaient pas remplacés », ont commenté les dirigeants syndicaux.
Plus d'étudiantes et d'étudiants, toujours pas plus d'air
Les organisations syndicales rappellent que les cégeps font face à une hausse soutenue de leur population étudiante. Selon les plus récentes prévisions ministérielles, l'effectif étudiant à temps plein à l'enseignement régulier devrait augmenter de près de 4 % cet automne. Rappelons que l'année dernière, la hausse était de 5 % et qu'elle avait atteint 5,3 % l'année précédente. Or, pendant que les besoins augmentent, les ressources humaines, les services et les espaces, eux, demeurent insuffisants.
Le président de la CSQ soutient qu'à l'approche des élections, il est plus que temps de mettre fin à l'improvisation. « Le réseau collégial a besoin de prévisibilité budgétaire. On ne peut pas demander sans cesse aux établissements d'absorber la hausse des effectifs, la vétusté des immeubles, la pression sur les services et l'épuisement du personnel en naviguant à vue. Si l'éducation est vraiment une priorité, ça doit se traduire par des choix politiques cohérents et durables. Parce que s'occuper adéquatement de notre réseau collégial, c'est aussi assurer une vision stratégique. Que ce soit en formation préuniversitaire, technique ou continue, les cégeps constituent un maillon essentiel pour préparer le Québec de demain. C'est donc absurde de parler de développement de la main-d'œuvre sans voir au maintien et au développement du réseau », affirme-t-il.
Faire face aux nouvelles réalités de l'enseignement collégial en favorisant la concertation
Du côté du personnel enseignant, le président de la FEC-CSQ, Youri Blanchet, dénonce les mesures non structurantes, telles que les horaires de soir, qui sont le symptôme d'une planification et d'un financement inadéquats. « Quand on étire les cours en soirée pour répondre au manque d'espace ou de ressources, on étire aussi l'élastique des étudiantes et des étudiants, dont les journées s'étendent parfois de très tôt le matin jusqu'à très tard le soir. Et si les services auxquels ils ont droit ne suivent pas, on hypothèque directement la réussite et la persévérance », prévient-il.
Youri Blanchet explique que le réseau collégial connait présentement une période de transformation importante, notamment en raison de la montée en popularité de l'intelligence artificielle : « L'enseignement collégial vit un profond bouleversement et on ne peut pas faire face à des transformations aussi importantes en étant sur le fil du rasoir chaque année. Il faut stabiliser ce qui peut l'être, assurer une réelle concertation, et continuer à développer l'esprit critique de nos étudiantes et étudiants. La mise en place de conditions d'enseignement qui tiennent la route est indispensable pour favoriser la réussite éducative », fait-il valoir.
Renouer avec des solutions durables
La présidente de la FPSES-CSQ, Frédérique-Jade Belzile, soutient que les effets du gel d'embauche sont désormais impossibles à nier. « Ça tient à un fil, présentement. Les gens sont épuisés au possible et on continue de leur demander de faire toujours plus avec moins. Il est urgent de reculer sur cette logique qui use le monde et dégrade les services », martèle-t-elle.
Bien que la situation s'améliore à certains endroits, Mme Belzile rappelle qu'il y a tout de même des abolitions dans la très grande majorité des collèges affiliés à sa fédération. À Dawson, par exemple, 12 postes réguliers à temps complet ont été supprimés dans les services administratifs, en informatique et même en électricité et en plomberie. Elle ajoute : « Compte tenu de l'état des infrastructures dans nos cégeps, il est fort regrettable que l'on élimine des emplois dans les métiers ouvriers, ouvrant ainsi la porte à la sous-traitance, qui coûte plus cher aux établissements. Au niveau administratif, nos membres déplorent que les collèges abolissent encore des postes d'agente de soutien ou de technicienne en administration, car les tâches ne disparaissent pas et reposent ensuite sur les épaules des gens qui restent, lesquels se retrouvent en surcharge. »
Une vision globale des services à la population étudiante
Pour le président de la FPPC-CSQ, Éric Cyr, la combinaison des décisions récentes, comme le gel d'embauche, les restrictions budgétaires, le plafonnement des ressources et l'augmentation importante de la fréquentation étudiante, produit des effets bien concrets dans les cégeps : « Dans certains milieux, on augmente la pression sur les étudiantes et les étudiants au moins autant que sur le personnel, pendant que les services professionnels, eux, ne suivent pas la croissance de l'effectif étudiant. À force de saupoudrer l'aide disponible sans embaucher davantage, on prend le risque de subir un véritable étiolement des services », déplore-t-il.
Éric Cyr rappelle que lorsque l'on accueille chaque année beaucoup plus de personnes étudiantes, il faut aussi penser aux services professionnels, psychosociaux et adaptés. « Sinon, on crée des conditions d'études plus difficiles, sans offrir l'accompagnement nécessaire. Le réseau a encore la capacité d'accueillir plus de jeunes, mais il faut cesser de miser sur les sacrifices du personnel pour le faire tenir debout », insiste-t-il.
Un rendez-vous important pour l'avenir des cégeps
À l'approche de la campagne électorale, les quatre leaders syndicaux affirment que le réseau collégial mérite mieux qu'une gestion à courte vue. Ils demandent au prochain gouvernement d'assurer un financement prévisible et suffisant, d'intervenir enfin face à la vétusté des infrastructures et de favoriser des conditions d'études et de travail compatibles avec la réussite.
« À la CSQ, nous pensons également que le Québec est mûr pour une grande réflexion en éducation et que le secteur collégial doit en faire partie. Il est encore possible de permettre au réseau collégial de jouer pleinement son rôle concernant l'accessibilité à l'enseignement supérieur dans toutes les régions du Québec, mais il faut agir maintenant », concluent-ils.
Profil de la CSQ
La CSQ est la plus importante organisation syndicale en éducation au Québec. Elle représente des membres dans toutes les catégories d'emplois, de la petite enfance à l'enseignement supérieur, en passant par tout le réseau scolaire.
La Centrale rassemble 235 000 membres; elle compte 11 fédérations qui regroupent quelque 240 syndicats affiliés, auxquels s'ajoute l'AREQ, le mouvement des personnes retraitées CSQ. Elle est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.
X : CSQ_Centrale
Profil de la FEC-CSQ
La Fédération de l'enseignement collégial (FEC-CSQ) est un regroupement de quinze syndicats représentant près de 3 500 enseignantes et enseignants de cégep venant de plusieurs régions du Québec. Fondée en 1968, la FEC-CSQ a toujours milité pour que les cégeps aient les moyens d'offrir aux étudiantes et étudiants une formation de qualité, préparatoire au marché du travail ou à l'université, tout en contribuant au développement de citoyennes et citoyens libres et autonomes. Elle est affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Profil de la FPSES-CSQ
La Fédération du personnel de soutien de l'enseignement supérieur (FPSES-CSQ) représente plus de 5 000 membres œuvrant dans douze établissements du secteur collégial, trois du secteur universitaire et cinq organismes de services parapublics. Elle est affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Profil de la FPPC-CSQ
La Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) représente près de 75 % du personnel professionnel des cégeps du réseau collégial, soit plus de 2 100 professionnelles et professionnels répartis dans 38 syndicats. Elle regroupe exclusivement du personnel professionnel de cégep.
SOURCE Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Renseignements : Étienne Richer, Conseiller aux communications et aux relations de presse, Cellulaire : 581 983-6130, Courriel : [email protected]
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