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Le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal inc.09 juin, 2026, 12:30 ET
MONTRÉAL, le 9 juin 2026 /CNW/ - Alors que l'été fait son arrivée, le milieu communautaire montréalais en itinérance souhaite remettre de l'avant un enjeu trop souvent oublié ; la répression de l'itinérance de la part des forces de "l'ordre". Durant l'année 2025, suivant l'initiative de la Clinique Droits Devant, le Grand Rebrassage de la judiciarisation et du profilage social a permis de faire des constats alarmants quant aux pratiques des corps répressifs de Montréal, notamment le SPVM et les constables spéciaux de la STM.
Les données du Grand Rebrassage sont sans équivoque : 40 % des personnes se disent fortement judiciarisées, 66 % rapportent être rarement ou jamais traitées comme tout le monde et aucune n'exprime une grande confiance envers la police en cas de besoin. « Concrètement, ça veut dire que les personnes qui sont forcées de vivre à la rue hésitent à appeler le 911, par crainte de ne pas être crues, d'être perçues comme suspectes ou même de se retrouver judiciarisées à leur tour. Cela nous montre clairement que les pratiques actuelles ne renforcent pas la sécurité -- elles alimentent plutôt l'exclusion », explique Sophie Sénéchal, directrice de la Clinique Droits Devant.
Les organismes ne sont pas en reste alors que des ententes avec leurs postes de quartiers (PDQ) se voient transgressées. « Lorsque des patrouilleurs se stationnent directement devant la ressource, exercent des contrôles pour des conditions de probation ou de remise en liberté, les gens sont plus réticents à la fréquenter et la tension augmente » mentionne Alexandre Berthelot, directeur des services communautaires à CACTUS Montréal.
Des mécanismes de répression qui se transforment
Alors que la judiciarisation de l'itinérance est un phénomène connu comme représentant du profilage social1, d'autres pratiques moins traçables sont identifiées comme problématiques. Le harcèlement, les fouilles injustifiées, les abus verbaux et physiques ainsi que le recours à des agences de sécurité privée dans l'espace public et l'augmentation des constables spéciaux dans le métro renforcent l'exclusion tout en ne laissant pas de traces administratives renforçant son invisibilisation. Pourtant, leurs effets sont bien réels sur les personnes en situation d'itinérance.
La Ville de Montréal doit agir
Ces constats surviennent alors que l'administration municipale démontre une volonté de travailler à l'amélioration des conditions de vie des personnes en situation d'itinérance. Par souci de cohérence, il importe de continuer ces efforts, mais aussi de s'assurer de ne pas rajouter de l'huile sur le feu. « La coercition et la répression ne faisant que nuire, il est urgent que la Ville prenne action en neutralisant ses outils. Nous nous rangeons aux côtés des 103 autres organisations de la société civile2 demandant l'interdiction formelle des interpellations policières. La révision des règlements municipaux et de la STM permettant le profilage doit également être reprise pour retirer des outils de judiciarisation » explique Jérémie Lamarche, organisateur communautaire au Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.
Pour consulter le rapport : http://rapsim.org/wp-content/uploads/2026/06/Synthese-grand-rebrassage.pdf
Liens vers les capsules vidéos produites par la Clinique Droits Devant : https://www.youtube.com/@CliniqueDroitsDevant
1Campbell et Eid, La judiciarisation des personnes itinérantes à Montréal : un profilage social, novembre 2009, en ligne: https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2102587
2 Barrette et al., Les interpellations policières au Québec, une pratique à interdire, 2023, en ligne: https://liguedesdroits.ca/campagne-interdiction-interpellations-policieres/
SOURCE Le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal inc.

Contact média : Jérémie Lamarche, organisateur communautaire, Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), 438-399-9642
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