Misogynie, homophobie et transphobie à l'école - Un phénomène en hausse et documenté partout au Québec
MONTRÉAL, le 23 févr. 2026 /CNW/ - La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) rend publics aujourd'hui les résultats d'une recherche pilotée par le politologue Francis Dupuis-Déri et à laquelle elle a collaboré. Cette recherche qualitative lève le voile sur certains enjeux entourant la misogynie, l'antiféminisme, l'homophobie et la transphobie dans les écoles primaires et secondaires du Québec.
L'un des constats centraux de la recherche est clair : les personnes enseignantes observent une hausse des propos et des gestes misogynes, homophobes et transphobes dans les milieux scolaires, qu'elles jugent plus visibles et plus fréquents qu'auparavant. Par ailleurs, l'analyse des témoignages recueillis montre que ces propos et ces gestes ne sont pas liés à une origine ethnoculturelle ni à une appartenance religieuse particulière; les situations rapportées se retrouvent dans toutes les régions du Québec, dans des écoles aux profils variés, qu'elles soient diversifiées ou socialement et culturellement homogènes.
« Ce que montrent les témoignages, c'est une montée de gestes et de paroles décomplexés qui fragilisent les milieux scolaires. Et ce constat ne peut plus être évité. Ce que nous avons observé est sérieux et préoccupant. Mais ce n'est ni inévitable ni insoluble. Documenter rigoureusement ces réalités, c'est refuser de détourner le regard et se donner les moyens d'agir de façon plus lucide et plus efficace », a déclaré Francis Dupuis-Déri, auteur de la recherche.
« Ce que les témoignages de nos membres ont fait ressortir, c'est toute l'ampleur de la problématique entourant les propos et les gestes homophobes, transphobes et misogynes dans nos établissements scolaires. Plus que jamais, il importe de prendre acte de cette réalité et d'agir. Il faut cesser de banaliser ces formes de violence et il faut outiller les milieux afin d'offrir à toutes les personnes qui œuvrent dans le réseau - élèves et personnel scolaire - un environnement sécuritaire, inclusif et respectueux », a déclaré Annie-Christine Tardif, vice-présidente à la vie professionnelle.
Résultats
Cette recherche repose sur des témoignages recueillis auprès de personnes enseignantes œuvrant tant au primaire qu'au secondaire. Celles-ci rapportent que les propos et les gestes misogynes, homophobes et transphobes sont perçus comme plus visibles qu'auparavant, notamment parce qu'ils sont parfois exprimés ouvertement et posés en groupe.
Les manifestations recensées prennent plusieurs formes : propos sexistes ou antiféministes, attaques verbales contre la diversité sexuelle et de genre, graffitis, intimidation collective, attaques contre des comités ou des activités liées à la diversité, dégradation de drapeaux arc-en-ciel et gestes à caractère haineux, incluant des saluts nazis.
La recherche démontre que les comportements les plus visibles, collectifs et agressifs sont majoritairement le fait de garçons (majoritairement sportifs). Ce constat est un élément central pour comprendre les dynamiques observées et mieux cibler les interventions en milieu scolaire.
Des conséquences réelles sur le climat scolaire
Les situations qui y sont décrites ne sont pas sans effet sur les milieux scolaires. Les personnes enseignantes parlent d'un climat qui se tend, d'élèves qui deviennent plus prudents dans leurs prises de parole et d'espaces collectifs qui se fragilisent lorsqu'ils sont la cible de propos ou de gestes haineux. À plus long terme, ces dynamiques contribuent à affaiblir le sentiment de sécurité et de confiance au sein de certaines écoles.
Une majorité d'élèves ne cautionnent pas ces discours
Malgré la gravité des situations observées, la recherche rappelle que la majorité des élèves ne participent pas à ces comportements. Elle met aussi en lumière des pratiques qui, lorsqu'elles sont cohérentes et constantes, contribuent à réduire la banalisation des propos et gestes haineux en milieu scolaire.
En rendant cette recherche publique, la FAE souhaite documenter rigoureusement une réalité observée sur le terrain, tout en rappelant qu'il existe encore des leviers concrets pour agir et améliorer le climat dans les écoles du Québec.
À propos de la recherche
Pilotée par Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l'UQAM, en collaboration avec la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), cette recherche qualitative repose sur des témoignages recueillis dans près de 200 écoles publiques, réparties dans 8 régions du Québec.
À propos de la FAE
La FAE regroupe neuf syndicats qui représentent 65 000 enseignantes et enseignants du préscolaire, du primaire, du secondaire, de l'enseignement en milieu carcéral, de la formation professionnelle, de l'éducation des adultes et le personnel scolaire de l'École Peter Hall et du Centre académique Fournier, ainsi que 3 500 membres de l'Association de personnes retraitées de la FAE (APRFAE). Elle est présente dans les régions de Montréal, de la Capitale-Nationale, de Laval, de l'Outaouais, des Laurentides, de l'Estrie et de la Montérégie, où se situent les quatre plus grands pôles urbains du Québec.
SOURCE Fédération autonome de l'enseignement (FAE)

Renseignements : Mégane Roy-Blanchette à [email protected] ou au 450 578-1623
Partager cet article