Les précipitations concentrées accentuent l'aridité de la planète, révèle une nouvelle étude d'un professeur de l'UQAM publiée dans Nature English
MONTRÉAL, le 13 mai 2026 /CNW/ - Avec le réchauffement climatique, les précipitations surviennent de plus en plus sous forme d'épisodes concentrés, courts et intenses, séparés par de plus longues périodes sèches. Et ces transformations pourraient avoir un effet potentiellement dévastateur sur notre planète. C'est ce qu'a démontré une nouvelle étude publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature, coécrite par Corey Lesk, professeur au Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), et Justin S. Mankin, professeur à l'Université Dartmouth, au New Hampshire.
Corey Lesk a mené l'étude en tant que boursier postdoctoral Newkom au sein du Climate Modeling and Impacts Group de Dartmouth, qui est dirigé par le professeur Mankin. Ils ont constaté qu'indépendamment de la quantité annuelle d'eau reçue, ce nouveau régime pluviométrique transforme la manière dont les précipitations sont absorbées par le sol et favorise une plus grande aridité de la surface terrestre.
« On mesure souvent la sécheresse par ce qui manque, soit le cumul total des précipitations, mais la manière dont la pluie tombe est tout aussi importante, explique Corey Lesk. Ces précipitations concentrées provoquent une évaporation accrue à la surface des sols, limitant leur capacité à retenir l'humidité, ce qui réduit la quantité d'eau disponible dans les terres pour les populations humaines et les écosystèmes. »
Méthodologie
En combinant des estimations par satellites du stockage de l'eau terrestre et plusieurs ensembles de données observationnelles sur les précipitations, les auteurs ont présenté les premières preuves observationnelles démontrant que la concentration des précipitations réduit la disponibilité de l'eau terrestre, et ce, dans tous les climats à l'échelle mondiale.
Constats de la recherche
Les résultats de cette étude mettent en lumière un mécanisme inédit par lequel les changements climatiques assèchent les sols et les conséquences de ce nouveau phénomène pourraient potentiellement fragiliser les ressources mondiales d'eau.
En s'appuyant sur une projection d'un réchauffement climatique d'environ 2 °C, issue des calculs d'un ensemble de modèles climatiques, les auteurs démontrent que la concentration des précipitations entraînera une évolution du climat vers des conditions anormalement sèches qui affecteront 27 % de la population mondiale, peu importe les variations du total des précipitations reçues.
« Une diminution de l'humidité des terres, ainsi que de la quantité d'eau dans les lacs et les cours d'eau, peut affecter la productivité agricole, dégrader les écosystèmes et accroître la pression sur l'approvisionnement en eau potable, ce qui pourrait avoir d'importantes conséquences sur la vie humaine, précise Corey Lesk. Nous devrons repenser les outils de surveillance de la sécheresse que nous utilisons, de même que les stratégies d'adaptation aux changements climatiques : il est désormais nécessaire d'intégrer non seulement la quantité, mais aussi la distribution temporelle des précipitations à nos calculs. »
En mettant en évidence ce lien direct entre pluies intensifiées et assèchement des terres, et en illustrant la sensibilité de nos réserves d'eau au caractère temporel des précipitations, cette étude apporte un éclairage nouveau sur les impacts complexes du réchauffement climatique sur notre planète et notre vie quotidienne.
L'étude complète peut être consultée en anglais ici.
Le professeur Corey Lesk est disponible pour des entrevues.
SOURCE Université du Québec à Montréal

Source : Orian Labrèche, Conseiller en communication, Division des relations avec la presse et événements spéciaux, Service des communications, Tel.: 514 987-3000, poste 20053, [email protected]
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