Les microréseaux électriques : un projet à haut potentiel pour le développement économique local au Québec
MONTRÉAL, le 19 févr. 2026 /CNW/ - La Fondation Rivières et la Coopérative d'électricité de Saint-Jean-Baptiste (ci-après « la Coopérative ») lancent un projet visant à explorer le potentiel des microréseaux électriques intelligents afin de favoriser un modèle de développement économique local au bénéfice des communautés sur la Côte-Nord et pour le reste du Québec et qui, du même souffle, contribuerait à la décarbonation de ses régions éloignées.
Les microréseaux électriques intelligents désignent un ensemble d'outils technologiques assurant une gestion optimisée d'un réseau électrique à l'échelle d'une communauté, d'une municipalité ou même d'une région. On les dit « intelligents » parce qu'ils mettent à profit des solutions numériques permettant d'équilibrer la production et la consommation en temps réel. Ces technologies de communication et de contrôle optimisent la consommation (notamment lors de la pointe), réduisent les pertes d'énergie en déployant une production locale plus proche des centres de consommation et permettent d'intégrer diverses sources d'énergie renouvelable de façon optimale.
Hydro-Québec s'intéresse aux microréseaux électriques, notamment pour leur potentiel d'accélérer la décarbonation des communautés éloignées. Ces dernières sont souvent alimentées par des centrales au diesel. Le Québec compte déjà deux microréseaux intelligents, soit aux Îles-de-la-Madeleine et à Lac-Mégantic. Le premier est autonome, mais le deuxième est connecté au réseau d'Hydro-Québec qu'il alimente lorsque ses panneaux solaires produisent à plein.
La Fondation Rivières s'intéresse aussi aux microréseaux pour leur potentiel à soutenir le développement social et économique local, puisque la mise en place, la gestion et l'opération décentralisée de ces microréseaux pourraient permettre aux municipalités et aux PME de se rapprocher de ce modèle à la hauteur de leurs capacités financières.
« Les grands chantiers hydroélectriques ont certes apporté des retombées économiques à court terme, mais au prix de la destruction des grandes rivières et d'un développement régional difficilement soutenable. Des microréseaux implantés ailleurs dans le monde ont permis de développer une expertise dans les communautés, de favoriser l'essor d'entreprises viables et de préserver la biodiversité », explique André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.
Une recherche sur trois ans
Soutenu par le Programme d'innovation énergétique de Ressources naturelles Canada (RNCan), ce projet sur trois ans consiste à analyser les conditions législatives et réglementaires nécessaires pour déployer plus largement les microréseaux au Québec. Le projet s'appuie entre autres sur l'expertise de la Coopérative.
La Coopérative jouit, tout comme la Ville de Baie-Comeau et les 8 autres membres de l'Association des redistributeurs d'électricité du Québec (neuf réseaux municipaux et une coopérative), d'un droit exclusif de distribution d'électricité sur un territoire regroupant 16 villages.
« À la Coopérative, nous voyons dans les microréseaux intelligents bien plus qu'une évolution technologique : c'est une étape clé de la transition énergétique. En modernisant notre réseau électrique et nos infrastructures informatiques, nous innovons pour contribuer collectivement à la décarbonation du Québec, intégrer davantage d'énergies renouvelables distribuées et accroître la résilience de notre territoire. Ce modèle collaboratif permet aussi d'engager nos membres dans une gestion plus responsable et efficace de leur consommation, renforçant ainsi notre autonomie collective en plaçant le citoyen au cœur de la transition », dit Damien Tholomier, directeur général de la Coopérative.
En ce qui a trait à la résilience économique, Noël Fagoaga, chercheur à l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), affirme que « réaliser la transition énergétique nécessite de trouver des solutions qui augmentent la résilience de nos collectivités en leur donnant les ressources nécessaires pour substituer leur consommation d'hydrocarbures tout en pérennisant leur économie. En ce sens, les microréseaux peuvent devenir des outils capables de répondre aux besoins de communautés qui souhaitent opérationnaliser la transition et développer la résilience de leur territoire ».
De plus, le projet inclut la participation d'Hydro-Québec et de nombreux experts, dont Jean-Pierre Finet du Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEE), Franklin Gertler et Gabrielle Champigny de Franklin Gertler étude légale, Richard Langelier, juriste et sociologue, François Bouffard de l'Université McGill et Alexandre Prieur de CanMet Énergie.
« Ressources naturelles Canada est fier de soutenir ce projet novateur porté par la Fondation Rivières et ses partenaires. Les microréseaux électriques intelligents représentent une avenue prometteuse pour accroître l'autonomie énergétique des communautés, réduire les émissions et développer des retombées économiques locales durables. En appuyant cette recherche appliquée, nous contribuons à identifier des solutions concrètes pour accélérer la transition énergétique au Québec et au Canada », affirme le Secrétaire parlementaire au ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles du Canada et député de LaSalle--Émard--Verdun, Claude Guay.
Le projet est financé par Ressources naturelles Canada par l'entremise du Programme d'innovation énergétique - appel de propositions sur le renforcement des capacités en innovation réglementaire.
À propos de la Fondation Rivières
Depuis plus de 20 ans, la Fondation Rivières œuvre à l'accès, la protection, la valorisation et la restauration des rivières dans le but de préserver leur caractère naturel et d'en assurer une utilisation humaine responsable et pérenne.
SOURCE Fondation Rivières

Source : David Beauchamp, Responsable des communications, Fondation Rivières, 514 272-2666, poste 307, [email protected]
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