Les engagements concrets pour lutter contre l'inabordabilité du logement se font attendre
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Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)09 sept, 2026, 10:16 ET
QUÉBEC, le 9 sept. 2026 /CNW/ -- Alors que le premier grand rendez-vous électoral a lieu ce soir dans le cadre de l'émission « Cinq chefs, une élection », le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) constate qu'au tiers de la campagne électorale, plus de la moitié des partis n'ont toujours pas fait connaître leurs propositions concrètes pour s'attaquer à l'inabordabilité du logement.
Lors d'un débat électoral en habitation, les 4 partis représentés (CAQ, PLQ, PQ et QS) se sont récemment commis sur l'objectif que le logement social, sans but lucratif atteigne 20 % du parc locatif d'ici 2050. Or, jusqu'ici aucun parti n'a utilisé le même langage pour désigner le type de logements qu'il souhaite voir occuper une plus grande part du parc locatif. « Social et communautaire », « sans but lucratif » ou « hors-marché » ont été employés. Dans le contexte actuel, vu les modifications récentes apportées par le gouvernement caquiste aux programmes, ces qualificatifs ne désignent pas la même chose. Les logements n'auront pas nécessairement la même abordabilité, ni les mêmes retombées économiques et sociales, ni la même gouvernance démocratique, ni non plus les mêmes garanties de pérennité à l'extérieur du marché privé. Pire, l'optimisation financière pouvant être imposée comme une condition, si les programmes gouvernementaux ne sont pas adaptés, la volonté d'atteindre cette cible pourrait venir avec une plus grande dépendance du logement social aux acteurs privés dont le secteur bancaire.
Si l'atteinte à tout prix d'un pourcentage devient un prétexte pour financer des logements plus chers, il est clair que les retombées ne seront pas les mêmes, insiste le FRAPRU. Le regroupement et ses membres identifient le cap de 20% de logements sociaux et communautaires comme un seuil minimal pour répondre aux besoins urgents. « Pour faire une réelle différence, il faut des logements accessibles financièrement dès le premier jour et pour toujours », explique Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. « Si des partis jouent sur les mots pour y inclure des loyers à 1700$ par mois pour un 4 ½, on ne parle pas de la même chose. Surtout la plus forte proportion de logements « hors-marché » ou « sans but lucratif » ne garantit pas à court terme qu'on tire les loyers vers le bas », insiste-t-elle. Pour répondre aux besoins d'abordabilité immédiate, la première étape doit être de doubler le nombre de logements sociaux sous différentes formes d'ici 15 ans selon le FRAPRU qui demande le financement de 10 000 logements sociaux par année, autant en construction neuve qu'en acquisition d'immeubles existants.
Priorité : se doter d'objectifs chiffrés de développement sur plusieurs années
Le regroupement pour le droit au logement insiste sur l'importance que les partis se dotent d'objectifs chiffrés de développement de logements sociaux sous différentes formes, à très court terme. Surtout, il leur demande de clarifier combien de ce nombre seront des logements sociaux, accessibles financièrement pour les locataires à faible et modeste revenus, dont les loyers sont significativement moins chers que le loyer médian du marché́. Jusqu'ici 2 partis, Québec solidaire et le Parti libéral du Québec, ont pris des engagements chiffrés de développement pluriannuel de logements sociaux.
Le FRAPRU met également les partis en garde contre la tentation de poursuivre le virage amorcé par le gouvernement caquiste qui a accéléré la mise en œuvre de politiques néolibérales en matière de logement. « Troquer l'implication de l'État pour une plus forte dépendance aux banques et aux investisseurs privés, ça veut dire plus de poids financiers sur les locataires, moins de garantie contre les hausses de loyers abusives et à terme moins de garantie pour notre patrimoine collectif » rappelle madame Laflamme. Nous avons la capacité de réaliser un vrai chantier de logement social qui soit une réelle alternative au logement trop cher. Il faut en faire une véritable infrastructure collective, éviter d'éparpiller les fonds publics dans des mesures coûteuses favorisant les propriétaires et les promoteurs, et adopter des mesures fiscales plus justes. « Ne pas financer suffisamment de logements sociaux véritablement abordables a des coûts sociaux et économiques, il n'y a pas d'économie à faire en diminuant la contribution gouvernementale », rappelle-t-elle et donnant en exemple la crise de l'itinérance.
« En matière de développement, le diable est dans les détail », explique Véronique Laflamme. Pour clarifier les choses, le FRAPRU demande aux partis en lice de s'engager clairement à abandonner le nouveau logement « abordable intermédiaire » récemment imposé par la CAQ. Le regroupement demande aussi aux partis de se commettre en faveur d'au moins un programme dédié au logement social sous différentes formes. Selon lui, le temps est venu de mettre en place un programme de logements publics de type HLM afin de répondre aux besoins des milliers de personnes sur des listes d'attente et à ceux des personnes en situation d'itinérance.
Le FRAPRU invite les chef•fes des partis à profiter des prochains débats et du dévoilement de leurs plateformes pour clarifier leurs engagements. Il a transmis à tous les partis ses demandes d'engagement et fera le bilan d'ici la fin de la campagne. Le FRAPRU fait également siennes les revendications de la Coalition contre le logement cher en faveur de la reconnaissance formelle du droit au logement et de l'instauration d'un contrôle obligatoire des loyers et participera à ses actions et interventions autour de la campagne.
SOURCE Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

Informations et demandes d'entrevues : Véronique Laflamme, FRAPRU : 418 956-3403 (cell.), www.frapru.qc.ca
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