Jour des déménagements : Une coalition se soulève contre le logement cher
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Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)01 juil, 2026, 11:08 ET
MONTRÉAL, le 1er juill. 2026 /CNW/ - Alors que des milliers de locataires peinent à se reloger en plein jour des déménagements, des centaines de personnes se sont rassemblées simultanément à Montréal, à Québec et à Rouyn-Noranda ce matin, à l'appel de la Coalition contre le logement cher (COLOC). La COLOC réunit plus de 120 organisations, dont une trentaine nationales issues des milieux du logement, syndical, communautaire, féministe et étudiant. À quelques mois des élections, la COLOC revendique les mesures structurantes qui s'imposent pour faire reculer la crise, et met au défi tous les partis de s'y engager.
Cette mobilisation traduit le sentiment d'urgence et d'exaspération face à une déconnexion gouvernementale de plus en plus criante. Depuis les élections de 2022, le loyer moyen a encore bondi de près de 30 %, faisant basculer toujours plus de locataires dans la précarité. Pendant ce temps, les hausses abusives, les reprises de mauvaise foi et les évictions se multiplient, les projets de logements sociaux stagnent, et les listes d'attente pour un HLM s'allongent. Plutôt que de s'attaquer aux causes réelles : l'absence d'encadrement du marché locatif, le déficit de logements sociaux et le refus de reconnaître le droit au logement, le gouvernement du Québec favorise la construction de logements trop souvent inabordables.
À Montréal comme à Québec, les manifestant•es ont convergé vers des lieux symboliques : des sites de logements sociaux, pour incarner la solution que la Coalition réclame et le Tribunal administratif du logement, où se tranchent chaque année des milliers de hausses de loyer et d'évictions, faute d'un véritable contrôle des loyers.
Des solutions éprouvées qui ne peuvent plus attendre
Les organisations rassemblées réitèrent les trois revendications cardinales de la coalition : l'instauration d'un véritable contrôle des loyers, le développement massif de logements sociaux et la reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés du Québec. Cette dernière revendication est d'ailleurs étoffée par la Ligue des droits et libertés dans une nouvelle interpellant le législateur, rendue publique ce 25 juin.
La COLOC aurait souhaité que le gouvernement caquiste pose des gestes concrets avant la fin de son mandat. Pour elle, il est encore temps de protéger les locataires captif•ves du marché locatif privé et de cesser de financer des logements trop chers à même les fonds publics.
En vue des élections générales, les organisations pressent l'ensemble des partis de faire de l'inabordabilité du logement une priorité et à prendre des engagements clairs en ce sens. La crise du logement cher, elle, ne peut attendre le résultat du scrutin, préviennent-elles.
Citations
« Le 1er juillet, des dizaines de milliers de baux se signent à des prix exorbitants. Des milliers d'autres se retrouvent à la rue, faute de logements qu'ils sont capables de payer. Tant que le Québec n'imposera pas un contrôle obligatoire et universel des loyers, chaque déménagement, chaque hausse abusive de loyer restera une occasion d'appauvrir un peu plus les locataires. », Francis Dolan, porte-parole, Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)
« On ne sortira pas de cette crise sans un investissement massif dans le logement social, sous forme de logements publics de type HLM, de coopératives et d'OSBL d'habitation. Il s'agit du seul type de logement vraiment et durablement abordable, parce qu'il échappe à la logique du marché. Pour garantir une abordabilité immédiate pour les locataires à faible et modeste revenus, ça prend un financement suffisant et des programmes adéquats. Financer le logement social, ce n'est pas une dépense : c'est la mesure qui coûtera toujours moins cher que le mal-logement et l'itinérance.», Véronique Laflamme, porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
« Le droit au logement n'est pas reconnu explicitement dans la Charte québécoise et il faut que ça change. Couplé aux mesures qu'exigent les organismes en logement depuis fort longtemps, cela permettrait d'agir sur un enjeu de société majeur qui affecte la dignité et la santé des gens. Ne lui en déplaise, le gouvernement a des obligations : il doit s'assurer que toute personne ait la possibilité d'accéder à un logement décent, accessible, abordable et adapté à ses besoins, et soit protégée contre les expulsions. », Laurence Guénette, coordonnatrice et porte-parole, Ligue des droits et libertés (LDL)
« La crise du logement frappe les femmes de plein fouet : elles sont majoritaires parmi les locataires à faible revenu, surreprésentées dans les ménages monoparentaux, et trop souvent contraintes de rester dans un milieu dangereux faute de pouvoir se reloger. Sans logement qui corresponde à leur capacité de payer, il n'y a pas d'autonomie possible ni de véritable porte de sortie face aux violences.», Mandoline Blier, co-coordonnatrice, L'R des centres de femmes du Québec
« Pour trop de travailleur•euses, le salaire ne suit plus le loyer. Travailler à temps plein ne garantit plus un logement que l'on est capable de payer. Se loger dignement ne devrait jamais être un privilège : c'est le minimum que tout travail devrait permettre. Tant que le Québec n'encadrera pas les loyers et n'investira pas massivement dans le logement social, c'est le pouvoir d'achat des locataires qui continuera de reculer. », Katia Lelièvre, 3e vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN)
« Alors que 46 % des personnes étudiantes bénéficiant de l'Aide financière aux études (AFE) vivent une situation d'insécurité alimentaire, et que l'itinérance étudiante cachée est préoccupante, l'UEQ exhorte les partis politiques de s'engager à contrer la crise du logement qui affecte gravement la population étudiante. », Loïc Goyette, président de l'Union étudiante du Québec (UEQ)
À propos de la Coalition contre le logement cher
Lancée en avril 2026 à l'appel du FRAPRU et du RCLALQ, la Coalition contre le logement cher réunit 121 groupes membres, dont 28 regroupements nationaux. Elle exige du gouvernement du Québec des mesures structurantes pour garantir le droit au logement : un véritable contrôle des loyers, le développement massif du logement social et la reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés.
SOURCE Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)

Renseignements et demandes d'entrevues : Eloïse Bolduc, (514) 781-2220
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