Le retour de l'austérité au menu jusqu'au prochain budget du Québec
QUÉBEC, le 18 mars 2026 /CNW/ - Le dernier budget de l'ère Legault-Girard ne fera pas exception, il n'y a pas de réelle vision d'avenir pour améliorer les services publics ou pour s'attaquer au problème du coût de la vie, notamment en améliorant l'accès au logement.
En éducation, pour les niveaux préscolaire, primaire et secondaire, c'est une hausse des dépenses de seulement 0,9 % de 2025-2026 à 2026-2027. C'est en deçà de l'inflation et sous la prévision des coûts du système évalué à 3,8 % par l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS).
En santé et services sociaux, le gel d'embauche du personnel administratif est maintenu. Par conséquent, ce sont majoritairement des femmes qui assumeront la charge de travail nécessaire pour permettre à ce secteur de couvrir ses coûts de système. Notons aussi la baisse constante des sommes consacrées aux infrastructures de la santé et des services sociaux de 2026, jusqu'en 2036, alors que les besoins sont pourtant criants. Par ailleurs, un montant de 22 M$ seulement est prévu cette année pour convertir des places de service de garde non subventionnées en places subventionnées.
En enseignement supérieur, la CSN salue la couverture des coûts de système qui est prévue, après des années de stagnation dans le secteur. Notons cependant que l'évaluation de l'état des bâtiments sera connue seulement l'an prochain et que cela pourrait changer la donne pour stopper la dégradation des bâtiments vétustes.
Relevons aussi que le budget prévoit la construction de seulement 1000 nouveaux logements soi-disant « abordables ». Il n'y a toujours pas de plan d'envergure pour contrer la crise du logement.
« Toutes les annonces budgétaires qui ne couvrent pas les coûts de système signifient une chose : le retour de l'austérité. Ce sera particulièrement le cas en éducation », soutient la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
La présidente de la CSN fait un appel à celles et ceux qui vont succéder au gouvernement Legault : « Il faut que celles et ceux qui dirigeront le Québec plus tard cette année recentrent leur attention sur ce qui préoccupe vraiment les travailleuses et les travailleurs, soit la santé, l'éducation et surtout le coût de la vie. Au cours des huit dernières années, le recours constant au privé n'a rien réglé de ce point de vue. »
On remarque aussi une baisse des dépenses en culture et communication ; Télé-Québec subit à cet effet une diminution de 8 % de ses dépenses. Malgré tout, le gouvernement crée un nouveau crédit d'impôt pour les médias de 40,2 M$ sur cinq ans. Le gouvernement annonce l'élargissement de l'accès à ce crédit aux différents médias, mais cela risque d'être insuffisant, considérant la crise actuelle du secteur.
Le gouvernement ajoute plus de 228 M$ en 2026-2027 pour les entreprises et les communautés du secteur forestier, dont 60 M$ pour la transformation de l'industrie. Le reste de cette enveloppe est cependant consacrée à la baisse des redevances payées par les entreprises et aux travaux sylvicoles.
Se donner les moyens de répondre aux besoins
Il est utile de rappeler qu'une autre vision des finances publiques est possible. Celle où l'État se donne les moyens de remplir toutes ses missions sans devoir compresser les dépenses de façon régulière ou sans négliger l'entretien des bâtiments, sans restreindre le rythme de développement de services publics cruciaux, comme les places de services de garde subventionnées ou les logements sociaux.
Le PIB réel du Québec a augmenté de façon quasiment constante depuis plus de 25 ans. « On ne devrait pas avoir à se casser la tête pour bonifier l'offre de transport en commun ou pour faire tenir nos écoles debout. C'est un choix idéologique que font le ministre Girard et ce gouvernement, pour limiter l'imposition de ceux qui ont accaparé la majorité de la croissance du PIB ces dernières années », ajoute Caroline Senneville.
La CSN regrette notamment que le gouvernement ait laissé tomber l'augmentation de l'impôt sur les gains en capital à la suite de la décision du gouvernement fédéral.
À propos
Fondée en 1921, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) regroupe 330 000 travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé, et ce, dans l'ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Pour plus d'informations : Thierry Larivière, conseiller aux communications de la CSN, 514 966-4380, [email protected]
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