Le FRAPRU presse le nouveau gouvernement de poser des gestes immédiats en logement social
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Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)15 oct, 2026, 11:29 ET
MONTREALet QUÉBEC, le 15 oct. 2026 /CNW/ -- À la veille de la Nuit des sans-abris, le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) rappelle au premier ministre Paul St-Pierre Plamondon qui a promis de faire de la lutte contre l'itinérance une priorité qu'il ne pourra pas y arriver sans une hausse marquée de l'offre de logements sociaux. Le regroupement pour le droit au logement le presse de mettre en œuvre rapidement la réalisation de trois engagements que le Parti Québécois (PQ) a pris en la matière : financer 20 000 logements sociaux, dont 2 000 pour les personnes en situation d'itinérance ; relancer un programme réservé au logement social et communautaire ; et mettre fin au financement public des logements dits « abordables intermédiaires ».
Alors que le bilan des mandats caquistes en habitation a été durement critiqué par le FRAPRU, ses attentes sont grandes face au prochain gouvernement. Il doit s'attaquer de front à l'inabordabilité du logement, une des principales préoccupations de la population. « La crise du logement précarise toujours plus de locataires. L'héritage de la CAQ ne pourra pas servir d'excuse : le nouveau gouvernement a pris des engagements et c'est maintenant qu'il doit les tenir », affirme Véronique Laflamme, porte-parole du regroupement, inquiète face au constat d'un filet social largement insuffisant dans le contexte où les besoins des locataires ne cessent de croître.
Mettre fin au financement public de logements trop chers
Au rang des urgences, le FRAPRU identifie la fin du logement « abordable intermédiaire », catégorie introduite il y a un peu plus d'un an par le gouvernement caquiste dans les programmes de financement de logements. L'introduction de cette catégorie permet dorénavant aux projets de logements sociaux d'inclure une forte proportion de logements atteignant 150 % du loyer médian du marché. Par exemple, des 4 ½ pourraient atteindre plus de 1700 $ par mois dans le Grand Montréal. Le Parti Québécois s'est engagé à mettre fin au financement public de ce type de logements, comme le demandaient le FRAPRU et plus d'une centaine d'organisations sociales.
Aucun des projets incluant ce type de logements n'étant encore construit, le FRAPRU demande au nouveau gouvernement de confirmer que cette mesure s'appliquera immédiatement. Il le presse conséquemment de mandater la Société d'habitation du Québec de mettre fin à toute obligation d'inclure des logements inabordables dans les projets de logements sociaux. « Pour s'assurer que ce sera réellement la fin de l'optimisation financière prônée par la CAQ et forçant une plus grande dépendance envers les secteurs privés et financiers, il faut un réel réengagement de l'État », insiste Véronique Laflamme. À court terme, la prochaine mise à jour économique doit prévoir un financement adéquat pour que les logements sociaux ne soient plus forcés de recourir à de multiples bailleurs de fonds.
20 000 logements sociaux : un minimum
Le PQ s'est engagé à financer 20 000 nouveaux logements sociaux au cours du présent mandat. Le FRAPRU juge cet objectif insuffisant. Pour répondre aux besoins les plus urgents, cette cible devrait être doublée. L'organisme demande par ailleurs au gouvernement de confirmer que ces logements s'ajouteront au minimum à ceux déjà annoncés par le gouvernement sortant. « Les 20 000 logements sociaux promis doivent être un plancher, pas un plafond. Pour que le logement social et communautaire atteigne 20 % du parc locatif en 2050 comme le PQ le souhaite, ça prend des cibles annuelles plus ambitieuses », affirme la porte-parole du regroupement.
Des programmes réservés au logement social
Le PQ s'est aussi engagé à relancer des programmes normés de type AccèsLogis, pour soutenir le logement social de façon continue, et à réserver les fonds publics en habitation aux projets sociaux et communautaires. Pour le FRAPRU, cet engagement doit mener à la fin du Programme d'habitation abordable Québec (PHAQ), mis en place en 2022 par le gouvernement sortant.
Des milliers de logements sont toutefois déjà annoncés et financés dans le cadre du PHAQ. Pour ne pas retarder leur construction, le FRAPRU ne demande pas de suspendre le programme, mais de le modifier dès maintenant afin qu'il reflète les nouvelles orientations du gouvernement.
Pour la suite, le regroupement demande que de nouveaux programmes soient mis en place. Ces programmes devront soutenir toutes les formes de logement social : logement public, coopératives et OSBL d'habitation. Le FRAPRU va plus loin : selon lui, la création d'un programme de logements publics de type HLM s'impose pour répondre aux besoins non répondus autrement, dont ceux des quelque 30 000 ménages inscrits sur une liste d'attente.
Une vraie politique globale, basée sur le droit au logement
Le FRAPRU demande aussi au gouvernement de remplacer la stratégie gouvernementale en habitation lancée par la CAQ par une véritable politique globale en habitation, fondée sur la reconnaissance formelle du droit au logement. L'arrivée de l'ex-présidente de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) à la tête du cabinet du premier ministre laisse espérer que ce dossier progresse enfin. La CDPDJ réclame en effet depuis des années que le droit au logement soit formellement reconnu dans la Charte des droits et libertés de la personne. « La protection et la mise en œuvre des droits économiques et sociaux, comme celui à un logement décent, doit se faire au maximum des ressources disponibles, selon les engagements que le Québec a pris devant la communauté internationale. Malgré des investissements ciblés et ponctuels, le Québec a failli à ses obligations dans les dernières années et il est urgent de renverser la tendance », conclut Véronique Laflamme.
SOURCE Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

Informations et entrevues : Véronique Laflamme, FRAPRU : 418 956-3403 (cell.) ; 514 522-1010
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