Le Bureau de l'équité salariale de l'Ontario revient sur le rapport défricheur publié sous le titre « L'écart de pension entre les sexes » English
TORONTO, le 18 févr. 2026 /CNW/ - La date butoir, fixée au 2 mars 2026, pour que les Canadiens versent leurs cotisations à leur REER pour l'année d'imposition 2025 approche à grands pas. L'inquiétant écart de pension de 17 % entre les sexes met en lumière un constat : les femmes méritent des politiques qui valorisent leurs cotisations de retraite.
Même si le Canada a un vigoureux régime de revenu de retraite, les femmes touchent moins de prestations de retraite que les hommes depuis des dizaines d'années. C'est le résultat d'un déséquilibre systémique qui amoindrit la sécurité économique de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens.
En 2024, le Bureau de l'équité salariale de l'Ontario a publié, sous la plume de la Pre Elizabeth Shilton, avocate plaidante féministe, avocate spécialisée en droit du travail et experte des régimes de retraite, le document de recherche défricheur intitulé Comprendre l'écart de pension entre les sexes au Canada. L'autrice de ce rapport a constaté que bien que le régime canadien des revenus de retraite soit reconnu comme l'un des plus solides dans le monde et que même si les revenus de retraite ont augmenté considérablement pour l'ensemble des Canadiennes et des Canadiens, ils ne sont pas tous traités sur un pied d'égalité. Les hommes en profitent toujours plus que les femmes, ce qui donne un écart chronique de pension entre les sexes de 17 % : autrement dit, les femmes gagnent 0,83 $ pour chaque dollar que gagnent les hommes en revenus de retraite.
« Bien que ce rapport ait été publié il y a plus d'un an, cette tendance est toujours préoccupante aujourd'hui », fait observer Kadie Philp, commissaire et directrice générale de l'administration de la Commission de l'équité salariale de l'Ontario. « L'écart de pension entre les sexes ne pénalise pas les Canadiens seulement pendant leur retraite : il s'agit d'un indicateur de l'iniquité des genres à différentes étapes de leur évolution professionnelle. »
L'écart de pension entre les sexes (BES) représente la différence entre les revenus de retraite des hommes et ceux des femmes. Au Canada, ces revenus se calculent d'après trois sources : la Sécurité de la vieillesse et le supplément de revenu garanti, le Régime de pensions du Canada et le Régime de rentes du Québec, et enfin, les régimes de retraite privés. En 2020, dans le groupe d'âge des 65 ans et plus, environ 200 000 femmes de plus que d'hommes vivaient sous le seuil des revenus faibles au Canada. En creusant un peu plus la question, on constate que les revenus de 21 % des femmes de 75 ans et plus sont inférieurs à ce seuil, ce qui est inquiétant, puisque c'est dire qu'il y a 51 % plus de femmes que hommes du même groupe d'âge dans cette situation, ce qui met en relief une iniquité de longue date, qui réclame une intervention immédiate.
L'autrice du rapport Comprendre l'écart de pension entre les sexes au Canada a constaté que les femmes passent moins d'heures sur le marché du travail rémunéré, et lorsqu'elles le font, il est plus probable que leurs salaires soient inférieurs à ceux des hommes. L'écart chronique des revenus entre les hommes et les femmes sont attribuables à ces facteurs, entre autres; les femmes ont moins de revenus que les hommes à consacrer à leur épargne et à leurs régimes de retraite, ce qui donne lieu, en définitive, à l'écart de pension entre les sexes. Parmi les Canadiens dont l'âge est compris entre 35 et 64 ans, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de déclarer ne pas avoir d'économies. Dans les sondages sur le nombre de Canadiens dont les économies sont inférieures à 5 000 $, une femme sur deux (49 %) déclare avoir moins de 5 000 $, comparativement à un homme sur trois (33 %).
Pour corriger l'écart de salaires entre les sexes, et ultimement l'écart de pension entre les sexes, le rapport comporte des mesures que peuvent adopter aujourd'hui les employeurs, les décideurs et les particuliers : assurer l'équité salariale, bâtir des systèmes et des politiques sur les régimes de retraite inclusifs et modernisés, à l'image de la population active d'aujourd'hui.
Différentes causes intimement liées expliquent les différences de revenus entre les sexes. Ce rapport met en exergue certaines de ces causes pour permettre aux lecteurs de comprendre les différents aspects de l'écart de pension entre les sexes et les moyens grâce auxquels nous pourrions les corriger. Il s'agit d'une ressource essentielle pour toutes celles et tous ceux qui ont la volonté de promouvoir l'équité dans les milieux de travail.
Nous vous invitons à consulter le site https://payequity.gov.on.ca/what-we-do/ pour en savoir plus sur le Bureau de l'équité salariale.
Téléchargez notre rapport publié sous le titre Comprendre l'écart de pension entre les sexes au Canada.
Faits et chiffres extraits du rapport :
- Écart persistant : Il y a un écart de pension entre les sexes au Canada et il ne s'est pas rétréci depuis 1976 alors qu'il était de 15 %.En 2021, l'écart de pension entre les sexes était de 17 %, malgré la plus grande participation des femmes au marché du travail.
- Ampleur de l'écart de pension : Les femmes reçoivent 83 cents pour chaque dollar que les hommes reçoivent en revenu de retraite, alors que le revenu de retraite moyen pour les Canadiennes en 2021 était de 36 700 $ et le revenu médian était de 29 700 $.
- Classement mondial : Le Canada se classe au 12e rang sur 47 pays dans l'indice mondial des régimes de retraite 2023 de Mercer CFA Institute. En 2021, l'écart de pension entre les sexes au Canada était de 17 % selon Statistique Canada et de 21,8 % selon l'OCDE. Par comparaison, l'écart de pension entre les sexes moyen dans 34 pays membres de l'OCDE était de 25,6 %, l'Estonie ayant le plus faible (3,3 %) et le Japon le plus élevé (47,4 %).
- Incidence disproportionnée : En 2020, on dénombrait 200 000 plus de femmes âgées de 65 ans et plus qui vivaient sous le seuil de faible revenu que d'hommes, avec 21 % des femmes âgées de 75 ans et plus qui avaient un revenu inférieur au seuil, soit 51 % de plus que les hommes d'un âge similaire.
- Facteurs qui causent l'écart de pension entre les sexes :
- Le biais historique : Le système public de pensions du Canada était, et est encore, conçu pour les couples dans lesquels l'homme est le pourvoyeur.
- L'écart salarial entre les sexes existant. Deux des trois piliers du système de pensions du Canada sont destinés à être liés à la capacité de gain. L'écart salarial entre les sexes du Canada était de 28 % (2021) pour les gains annuels moyens, et de 11 % (2020) pour les gains horaires moyens.
- Le travail domestique non rémunéré demeure principalement effectué par les femmes. En 2017, 89,9 % des mères assurées au Canada ont pris un congé de maternité ou parental - à un niveau de revenu réduit - par rapport à 11,9 % des pères ou des partenaires assurés.
- La procréation et l'éducation des enfants. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de quitter le marché du travail (de façon temporaire ou permanente) après avoir eu des enfants. En 2015, le taux d'emploi des femmes ayant des enfants de moins de 6 ans était de 69,5 % et pourtant, le taux d'emploi des hommes ayant des enfants de moins de 6 ans était de 90,8 %, signalant un écart de 21,3 %. Le taux d'emploi des femmes augmente avec l'âge de leurs enfants, mais il ne rattrape jamais celui des hommes.
- Les tâches familiales. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de travailler à temps partiel en raison de leurs responsabilités liées aux tâches familiales. En 2021, 24,4 % de toutes les travailleuses canadiennes étaient à temps partiel par rapport à 13 % de tous les travailleurs. La raison la plus souvent citée par les femmes pour travailler à temps partiel était qu'elles devaient s'occuper des enfants. Les données disponibles montrent qu'un quart des femmes ont indiqué les tâches familiales comme raison de travailler à temps partiel, par rapport à 3,3 % des hommes. En outre, les femmes qui travaillent à temps partiel ne sont peut‑être pas admissibles au régime de retraite de leur employeur si leurs heures de travail sont inférieures à un certain seuil.
- Le système de revenu de retraite du Canada : L'écart de pension entre les sexes au Canada fait référence à la disparité dans le revenu de retraite entre les hommes et les femmes mesuré à l'aide des trois piliers du système de revenu de retraite du Canada :
- Premier pilier : la Sécurité de la vieillesse (SV) et le Supplément de revenu garanti (SRG). La SV ou le SRG est une pension sociale administrée par le gouvernement du Canada. La personne doit avoir un revenu de moins de 134 626 $ (en 2023) pour se qualifier et les montants des paiements sont fondés sur l'âge, l'état matrimonial et le revenu. Les antécédents de travail ne constituent pas un facteur pour déterminer l'admissibilité (c'est‑à‑dire que les paiements ne sont pas fondés sur les contributions). Le premier pilier est conçu pour être non sexiste, mais il est favorable aux femmes en raison de leur espérance de vie plus longue que celle des hommes. Il aborde indirectement les préjugés sexistes en fournissant une aide financière essentielle aux femmes, qui peuvent avoir moins accès à d'autres sources de revenu de retraite.
- Deuxième pilier: le Régime de pensions du Canada (RPC) et le Régime de rentes du Québec (RRQ). Le RPC ou le RRQ est un régime de pension public et contributif administré par le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec respectivement. Avec le RPC, le paiement de la pension de la personne est fondé sur ses gains, ses contributions et l'âge auquel elle décide de commencer à percevoir sa pension. Le RRQ est financé par les cotisations des personnes qui travaillent au Québec et par leurs employeurs. Le deuxième pilier incarne des préjugés sexistes traditionnels. Il s'appuie sur les gains et les contributions, qui sont historiquement favorables aux hommes qui ont eu des revenus plus élevés et des antécédents de travail plus longs. Cela perpétue l'écart de pension entre les sexes, car les femmes gagnent souvent moins au cours de leur vie et elles ont des trous dans leurs antécédents de travail en raison de leurs responsabilités liées aux tâches familiales.
- Troisième pilier: le revenu de retraite privé. Le revenu de retraite privé provient de sources comme les régimes de pension au travail et les régimes personnels (p. ex. les régimes enregistrés d'épargne‑retraite). Ce sont des régimes de pension volontaires, contributifs et privés. Ce ne sont pas toutes les personnes qui se procurent un régime personnel ni tous les employeurs qui offrent des régimes de pension au travail. En fait, les trois quarts des adultes canadiens ne sont pas protégés par un régime de retraite au travail. Le troisième pilier représente des préjugés sexistes par rapport à l'accès à des régimes de retraite au travail et à l'épargne‑retraite personnelle. Les femmes sont touchées de façon disproportionnée par l'absence d'un régime de retraite au travail en raison de facteurs comme l'écart salarial entre les sexes et le travail à temps partiel. Les femmes sont également moins susceptibles d'avoir une épargne‑retraite personnelle et elles ont moins de possibilités pour faire des investissements financiers.
SOURCE Bureau de l'équité salariale

Pour programmer une entrevue avec Kadie Philp, commissaire, veuillez communiquer avec : Sara Paesano, adjointe de direction de la commissaire, Bureau de l'équité salariale, par courriel ([email protected]).
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