MONTRÉAL, le 27 févr. 2026 /CNW/ - Un sondage mené auprès des paramédics du Montréal métropolitain, membres de syndicats CSN, révèle qu'une forte majorité d'entre eux songent à quitter leur employeur actuel.
La CSN, qui représente plus de 950 paramédics à l'emploi d'Urgences-santé, a demandé à ses membres où ils et elles se voyaient dans un horizon de cinq ans. Parmi les 279 paramédics de la région qui ont répondu au questionnaire, 47 estiment qu'ils seront toujours à leur poste. Pas moins de 69 d'entre eux envisagent un retour aux études, et 104, un changement de carrière. Une vingtaine de répondants comptent prendre leur retraite d'ici les cinq prochaines années.
« C'est un signal d'alarme qu'il faut prendre au sérieux », prévient le président du Syndicat du préhospitalier-CSN, Claude Lamarche. « Actuellement, ce qu'on observe dans le secteur c'est que beaucoup de paramédics font le choix d'aller ailleurs après seulement quelques années de carrière. On peut comprendre ce choix. Les paramédics ont tous une formation collégiale au minimum. Ils vivent un niveau élevé de stress lié à l'emploi, des surcharges de travail, des risques physiques et psychologiques… quand ils comparent leur salaire et leurs conditions de travail à ce qui est offert ailleurs, le secteur préhospitalier n'est vraiment pas concurrentiel… Qu'il s'agisse des travailleurs des autres services d'urgence, de leurs collègues du réseau public de santé et de services sociaux, voire des conducteurs de véhicule lourds, tous ces travailleurs et travailleuses reçoivent un salaire plus en phase avec leur réalité. »
La dernière augmentation de salaire des paramédics remonte au 1er avril 2022. Ils sont sans convention collective depuis le 1er avril 2023. En grève depuis le 6 juillet, avec maintien des services essentiels, les paramédics de la CSN ont pris part à une cinquantaine de rencontres de négociation. Au cœur des enjeux qui demeurent en négociation : l'établissement d'un juste salaire pour les paramédics, la surcharge de travail et l'accès à certaines mesures octroyées par le gouvernement à d'autres groupes de la santé et des services comme la bonification de certaines primes et de la rémunération des heures supplémentaires.
Retenir la relève
Sur les 386 personnes sondées, à peine une trentaine identifient les conditions de travail, dont le salaire, comme un élément les encourageant à demeurer à leur emploi pour les cinq prochaines années. « Je ne peux pas dire que ça m'étonne », poursuit Claude Lamarche. « Les paramédics ne se sentent pas respectés par le gouvernement qui laisse traîner les négociations en longueur et agit comme s'il tenait tous les paramédics pour acquis. Le coup de sonde que nous avons mené devrait le convaincre au contraire qu'il y a urgence d'agir. »
« À moins d'un changement de cap immédiat de la part du gouvernement, c'est toute la population de la région qui finira par faire les frais des mauvais choix de la CAQ », réagit le président du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), Bertrand Guibord. Décidément, ce gouvernement a un drôle de sens des priorités : « S'assurer qu'il y aura toujours des paramédics prêts à intervenir dans toute situation d'urgence devrait être au sommet des préoccupations du gouvernement. Après trois ans, les paramédics sont toujours sans convention collective, ce qui n'a aucun sens ! C'est un manque de respect évident pour des travailleuses et travailleurs qui sauvent des vies chaque jour. Ce dont nous avons besoin, ce sont des paramédics motivés et déterminés : ça implique des conditions de travail et salariales à la hauteur de leurs responsabilités. »
À propos
Le Syndicat du préhospitalier-CSN représente les plus de 950 paramédics d'Urgences-Santé.
Il est affilié à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), représentant quelque 3300 paramédics partout au Québec et 140 000 membres dans le réseau de la santé et des services sociaux et dans les services de garde. Il est également affilié au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN) qui rassemble près de 110 000 syndiqué-es issus des secteurs public et privé, regroupés dans plus de 400 syndicats de la CSN dans la région de Montréal, Laval, le Nunavik et Eeyou Istchee Baie-James. La Confédération des syndicats nationaux (CSN) ce sont 330 000 travailleuses et travailleurs de tous les milieux d'activité, partout au Québec.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Pour information : Jean-Pierre Larche, Information-CSN, 514 605-0757 ou [email protected]
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