L'expertise interne face à la collusion grande oubliée de la campagne électorale
MONTRÉAL, le 1er sept. 2026 /CNW/ -- Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) effectue une mise au point face à la surenchère de plans de compressions dans le cadre de la campagne électorale québécoise. Selon le SCFP, le discours de la quasi-totalité des partis dans cette course aux abolitions de postes menace des fonctions vitales de l'État. Comme les commissions Charbonneau et Gallant l'ont démontré en long et en large, l'expertise interne est indispensable pour contrôler les coûts des projets de toute envergure et prévenir la collusion et la corruption.
« Le manque de personnel et la perte d'expertise ont pu créer un terreau fertile pour la collusion » : cette phrase appuyait la première recommandation émise par la commission Charbonneau en novembre 2015, soit de doter le Québec d'une Autorité des marchés publics.
Quant à la commission Gallant découlant du scandale de SAAQclic, elle a constaté que faute d'expertise, la SAAQ s'était rabattue sur des ressources externes du début jusqu'à la fin du projet. Sa recommandation phare prescrivait que le gouvernement du Québec s'éloigne des firmes externes et se dote d'une expertise interne de pointe pour la transformation numérique. Pour cela, il faut que le Québec embauche le personnel en quantité suffisante, rémunéré selon les barèmes du marché et détenant l'expertise requise.
« Depuis quelques décennies, au Québec, les principaux partis politiques ont tendance à dénigrer sans nuance les employés de l'État avec un discours simpliste qui, au final, sape l'efficacité réelle de l'État. Bien sûr, il faut toujours revoir les façons de faire et trouver des manières d'économiser les fonds publics. Mais la course actuelle à qui coupera le plus est une accélération de ce dénigrement. Sans effort de mémoire, le Québec va refaire les mêmes erreurs et encore vider l'État de ses capacités vitales. Cela va donner les mêmes résultats : des pertes de contrôle complètes des coûts des projets, et de vastes scandales de collusion. Parlons donc des vraies conditions de l'efficacité au lieu de couper pour couper », de commenter Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec.
« Il faut donc s'inquiéter de voir des chefs de partis parler de mettre la hache dans la rémunération des employés de l'État ou favoriser ouvertement la médecine 100 % privée et l'école à trois vitesses. La population québécoise réclame des services publics de qualité et mérite mieux que des approches populistes qui vont encore affaiblir les réseaux publics », de dénoncer Patrick Gloutney.
Comptant 143 000 membres au Québec, le SCFP est présent dans 12 secteurs d'activité, soit les affaires sociales, les communications, l'éducation, les universités, l'énergie, les municipalités, les sociétés d'État et organismes publics, les transports aérien et terrestre, le secteur mixte, le transport maritime ainsi que le secteur incendie. Il est le plus grand syndicat affilié à la FTQ.
SOURCE Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ)

Renseignements : Sébastien Goulet, Service des communications du SCFP, 438 882-3756
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