Budget du Québec 2026-2027 - Huit ans de perdus en matière de lutte contre la pauvreté
QUÉBEC, le 18 mars 2026 /CNW/ - En réaction au budget québécois 2026-2027, le Collectif pour un Québec sans pauvreté dénonce l'inaction gouvernementale en matière de lutte contre la pauvreté. De toute évidence, les différentes crises (itinérance, insécurité alimentaire et logement), qui durent depuis plusieurs années, ne sont pas encore assez graves pour que le gouvernement donne un sérieux coup de barre et qu'il investisse les sommes nécessaires pour améliorer les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté. Ce budget est à l'image des huit dernières années du gouvernement : du temps perdu pour la lutte contre la pauvreté et les inégalités socioéconomiques.
Un budget irresponsable
« Au moment où le ministre des Finances, Eric Girard, fait son discours sur le budget, des centaines de milliers de personnes ne parviennent pas à couvrir leurs besoins de base. Et tout ce que le ministre trouve à leur offrir, c'est un budget "sobre" et "responsable". Les personnes en situation de pauvreté sont les mieux placées pour comprendre ce que signifie "un budget sobre", elles qui doivent se priver de tout, même de l'essentiel. Nous avons donc sous les yeux un budget irresponsable, qui ne fait rien pour améliorer même minimalement les conditions de vie des personnes les plus pauvres de notre société. Nous aurions pu dire la même chose des sept autres budgets présentés par le ministre des Finances », explique M. Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif.
« Depuis 2018, le gouvernement n'a mis en place aucune mesure structurante capable de rehausser le niveau de vie des personnes en situation de pauvreté. Le quatrième Plan de lutte contre la pauvreté (juin 2024) contient presque quatre fois moins d'investissements que le plan précédent. La réforme de l'assistance sociale (automne 2024), quant à elle, est financée à même les coupes dans les prestations des familles monoparentales avec un enfant d'âge préscolaire et celles des personnes âgées de 58 ans et plus. C'est un échec sur toute la ligne. »
Des choix fiscaux qui limitent la capacité d'action de l'État
« Avec tout l'argent dont le gouvernement s'est privé au cours des années, il aurait pourtant eu les moyens de faire une différence dans la vie des personnes en situation de pauvreté. Rappelons que les baisses d'impôt accordées en 2024 privent le Trésor public québécois d'au moins 1,8 milliard $ par année. Cette mesure dépouillera les finances publiques de la rondelette somme de 11,1 milliards $ sur 6 ans. Rappelons également que les différentes aides ponctuelles pour faire face à la hausse du coût de la vie pendant les années pandémiques ont représenté une dépense totale frisant les 6,7 milliards $.
« Avec cet argent et d'autres mesures fiscales, le gouvernement aurait pu financer des protections publiques à la hauteur de la mesure du panier de consommation pour tous les ménages québécois. Selon Statistique Canada, il coûterait annuellement 4,7 milliards $ pour garantir la couverture des besoins de base à toutes et tous). »
Des engagements fermes, ça presse !
« Dans les prochains mois, les partis politiques vont présenter aux Québécois∙es leur plateforme en vue des élections générales. Le Collectif les enjoint à prendre des engagements fermes en faveur de la lutte contre la pauvreté et à détailler comment ils comptent financer ces engagements. Il est temps d'agir », de conclure Serge Petitclerc.
SOURCE Collectif pour un Québec sans pauvreté

Renseignements : Rozenn Potin, Responsable des communications, 418 930-5969, [email protected]
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