La 17e édition de l'étude révèle comment le ralentissement économique, les tarifs américains et les enjeux de main-d'œuvre redéfinissent les priorités du secteur.
MONTRÉAL, le 12 mai 2026 /CNW/ - STIQ, le plus grand réseau manufacturier au Québec, dévoile aujourd'hui les résultats de la 17e édition de son Baromètre industriel québécois, une étude annuelle réalisée auprès de 500 PME manufacturières d'ici. Cette étude présente une analyse approfondie de l'état actuel du secteur manufacturier québécois, mettant en évidence les tendances, les défis et les opportunités pour les PME du domaine.
Cliquez ici pour accéder à la 17e édition du Baromètre industriel québécois.
Cette année, l'étude présente les effets du ralentissement économique sur les PME manufacturières québécoises : baisse du taux de croissance des ventes, stagnation ou baisse des investissements, baisse du taux de croissance du nombre d'employés et absence de progrès notable en implantation des technologies numériques.
Face aux effets des tarifs américains et des nouvelles restrictions concernant les travailleurs étrangers temporaires, et considérant le retard de productivité, le Baromètre démontre que les entreprises québécoises mettent de l'avant des solutions pour pallier ces situations, telles que l'amélioration de la productivité ou le développement de marchés.
Productivité : l'urgence d'agir
La productivité insuffisante des entreprises québécoises et canadiennes constitue un facteur important expliquant le déclin relatif du secteur manufacturier par rapport à l'ensemble de notre économie. Au cours de la dernière décennie, l'écart de productivité avec la plupart des économies développées du monde a continué à se creuser.
Le rehaussement de la productivité constitue donc un enjeu de taille pour assurer la compétitivité et la viabilité à long terme des PME québécoises.
Les résultats du Baromètre sont éloquents : la productivité constitue la variable qui influence le plus la performance des entreprises. Celles qui déploient le plus de mesures pour améliorer leur productivité affichent des résultats beaucoup plus positifs : leur chiffre d'affaires a augmenté davantage, elles sont plus nombreuses à exporter à l'international, sont plus proactives face au protectionnisme américain, prévoient embaucher dans une proportion plus élevée et sont nettement plus avancées dans leur virage numérique.
Protectionnisme américain : réagir plutôt que subir
L'étude du Baromètre révèle que six PME manufacturières québécoises sur 10 vendent à l'extérieur du pays et, qu'en moyenne, 80 % de leurs ventes extérieures vont aux États-Unis. Il n'est donc pas surprenant que 80 % des PME disent subir les effets négatifs des tarifs américains.
Devant la diminution de leur marge bénéficiaire, la diminution du volume de commandes de certains clients ou encore, la perte de clients, les PME ont décidé de réagir. Si les tarifs américains ont eu un effet positif collatéral, c'est d'avoir suscité une prise de conscience de la nécessité d'accroître sa productivité et de diversifier ses marchés. Et ce sont ces mesures que les entreprises sondées ont priorisé en réponse au protectionnisme américain.
On peut applaudir le fait que les trois quarts des PME prévoient investir pour améliorer leur productivité, ce qui constitue le plus grand défi du secteur manufacturier. De plus, il est encourageant de constater qu'une assez forte majorité des répondants entendent développer de nouveaux marchés, que ce soit au Québec, dans le reste du Canada ou dans le reste du monde (hors États-Unis).
Plus de la moitié des entreprises emploient des travailleurs étrangers temporaires
Plus de la moitié des PME sondées ont des employés ayant le statut de travailleur étranger temporaire, et ceux-ci comptent en moyenne pour près de 14 % des effectifs. Parmi ces entreprises, près des deux tiers disent être affectés par les récentes mesures règlementaires sur la limitation du nombre de travailleurs étrangers temporaires.
Face à cet enjeu, elles prévoient implanter plusieurs mesures, les principales étant l'amélioration de la productivité (88 %), l'automatisation et la robotisation (66 %) et la hausse de salaire pour certains postes (56 %). Le refus de certaines commandes est moins mentionné (38 %), mais non négligeable.
Fait intéressant à noter : à taille égale, les entreprises qui ont mis en place plusieurs mesures pour augmenter leur productivité sont proportionnellement plus nombreuses à employer des travailleurs étrangers temporaires.
Virage numérique : passer à une autre étape
Depuis plusieurs années, les résultats du Baromètre montrent que l'implantation des nouvelles technologies numériques dans les entreprises ne progresse pratiquement pas. Près de 20 % des entreprises sondées sont modérément ou très avancées dans leur processus d'intégration, soit au moins quatre technologies intégrées. En même temps, plus de la moitié des entreprises n'ont intégré aucune ou qu'une seule technologie numérique dans leurs opérations.
Ces pourcentages étaient similaires en 2018. On peut donc en conclure que plusieurs entreprises ont avancé dans leur processus de numérisation en concentrant principalement leurs investissements dans l'implantation de technologies déjà existantes plutôt que d'implanter de nouvelles technologies.
Faits saillants du Baromètre :
- Ventes :
- La croissance des ventes a ralenti chez une majorité de PME pour une troisième année consécutive. Il en va de même pour la rentabilité.
- Les entreprises qui exportent aux États-Unis sont plus nombreuses à avoir connu une baisse de leur rentabilité.
- Protectionnisme américain :
- 80 % des entreprises québécoises subissent les effets négatifs des tarifs américains.
- Même chez les entreprises qui ne vendent qu'au Québec, près des trois quarts sont affectées par les tarifs américains.
- Pour contrer les effets négatifs du protectionnisme américain :
- Les trois quarts des répondants misent sur l'augmentation de la productivité.
- Près de 70 % envisagent le développement de nouveaux marchés dans le reste du Canada, 63 % considèrent qu'elles peuvent encore développer des marchés au Québec et 39 % souhaitent développer des marchés dans le reste du monde.
- Ressources humaines :
- La relève est un enjeu aussi important que le recrutement pour une deuxième année consécutive.
- Malgré le contexte actuel, les deux tiers des PME interrogées prévoient embaucher en 2026.
- Plus de la moitié des PME emploient des travailleurs étrangers temporaires et parmi celles qui en ont, ils comptent pour près de 14 % des effectifs.
- Près des deux tiers de ces PME disent être affectées par les récentes mesures règlementaires sur la limitation du nombre de travailleurs étrangers temporaires.
Face à ce défi, elles prévoient mettre en place certaines actions :- Amélioration de la productivité (90 %)
- Automatisation, robotisation (66 %)
- Hausse de salaire (56 %)
- Refus de certaines commandes (38 %)
- Investissements :
- Les investissements des PME manufacturières québécoises - que ce soit en formation, en achat d'équipement, en R-D de produits ou de procédés et en technologies numériques - après avoir connu une baisse significative en 2024, n'ont pas vraiment repris en 2025.
- Investissements en achat d'équipement : plus faible taux observé depuis les débuts de l'étude en 2009.
- Productivité :
- L'écart de productivité du Canada avec la plupart des économies développées du monde continue à se creuser.
- Néanmoins, la bonne nouvelle est que les entreprises posent des gestes concrets pour augmenter leur productivité :
- Programme d'amélioration continue (70 %)
- Mise en place d'indicateurs de performance (68 %)
- Achat d'équipements plus performants (66 %)
- Réaménagement d'usine (63 %)
- Les entreprises qui ont mis en place plusieurs mesures pour améliorer leur productivité affichent des résultats beaucoup plus positifs : leur chiffre d'affaires a augmenté davantage, elles sont plus nombreuses à exporter à l'international, sont plus proactives pour faire face au protectionnisme américain, prévoient embaucher dans une proportion plus élevée et sont nettement plus avancées dans leur virage numérique.
- Virage numérique :
- Les entreprises font du surplace dans l'implantation de nouvelles technologies.
- Les entreprises font du surplace dans l'implantation de nouvelles technologies.
- Économie :
- L'année 2025 a vu se poursuivre un ralentissement économique - déjà observé en 2023 et 2024.
- Malgré ce ralentissement, le secteur manufacturier reste un pilier de l'économie québécoise, représentant 87 % des exportations québécoises, avec des ventes s'établissant à 224 G$. Près de 70 % des exportations canadiennes vont vers le États-Unis.
- Le PIB manufacturier s'élevait à 52,6 G$ en 2025, ce qui constitue un recul de 3,9 % par rapport à 2024.
- La part du secteur de la fabrication dans l'ensemble du PIB québécois est en baisse constante depuis six ans, passant de 13,6 % en 2019, à 11,7 % en 2025.
- Le nombre de salariés dans le secteur manufacturier a connu une légère baisse au cours des dernières années, passant de 450 000 en 2019 à 432 000 en 2025.
Citations
« Le secteur manufacturier québécois est à la croisée des chemins. Dans un contexte économique et commercial en mutation, il est essentiel de s'attaquer de manière structurée à l'enjeu de la productivité. Cela passe notamment par des investissements accrus en recherche et développement, en innovation et en automatisation, par l'optimisation des méthodes de gestion, par l'intensification du virage numérique, par l'utilisation du potentiel grandissant de l'IA et par le rehaussement des compétences des employés. C'est à cette condition que les PME manufacturières pourront renforcer leur compétitivité et contribuer pleinement à la vitalité économique du Québec. »
Richard Blanchet, président-directeur général, STIQ
« Le Baromètre de STIQ le montre clairement : la productivité est l'urgence numéro un pour les PME manufacturières, particulièrement face aux tarifs américains, aux instabilités géopolitiques et à la rareté de main-d'œuvre. La Banque Nationale est heureuse de s'associer à STIQ, encore une fois cette année, pour soutenir les entreprises qui accélèrent leur virage numérique et diversifient leurs marchés. »
Hugues Nantel, Vice-président régional Entreprises et Gestion privée, Banque Nationale du Canada
À propos de STIQ
Fondée en 1987, STIQ (Sous-traitance industrielle Québec) est une association multisectorielle d'entreprises québécoises qui a pour mission de développer les relations d'affaires et améliorer la compétitivité des entreprises manufacturières afin de favoriser l'essor de notre économie. Forte du plus grand réseau manufacturier du Québec, STIQ agit comme activateur de performance en créant des maillages fructueux et en déployant des programmes d'amélioration sur mesure.
Tous les jours, depuis près de 40 ans, elle est sur le terrain avec les industriels. Chaque année, l'expertise unique de STIQ bénéficie ainsi à plus de 900 entreprises œuvrant dans les secteurs clés de notre économie, tels que le transport terrestre, l'aéronautique, les produits métalliques, la défense et la sécurité, l'énergie électrique et les ressources minérales.
SOURCE Sous-Traitance Industrielle Québec (STIQ)

Renseignements : Sabrina Sévigny, Conseillère principale, MERCURE, (514) 991-4148, [email protected]
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