Vente responsable d'alcool : l'étude met en lumière des failles dans les Zones SAQ - 191 visites mystères menées cet été par une firme indépendante dans des commerces avec une Zone SAQ
MONTRÉAL, le 22 oct. 2026 /CNW/ -- Quand l'alcool de la SAQ est vendu ailleurs qu'en succursale, le contrôle ne suit pas. C'est ce que révèle une étude menée à l'été 2026 par la firme ENIPSO pour le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ). Lors de 191 visites de clients mystères dans des commerces comprenant une Zone SAQ - soit des établissements privés qui vendent des produits de la SAQ sans être opérés par l'agence gouvernementale, les règles de vente responsable d'alcool ont été appliquées de façon très inégale.
Ce que l'étude a observé
- Un parent qui achète pour son ado. Un jeune de 16 ou 17 ans choisissait lui-même une bouteille et l'apportait à la caisse, puis son parent payait. La vente a été autorisée dans 74 % des cas. Deux fois sur trois, personne n'a demandé l'âge du jeune.
- Des jeunes adultes qui ne sont pas cartés. Sept fois sur dix, un jeune de 18 à 25 ans est reparti avec de l'alcool sans montrer de pièce d'identité. Pourtant, la consigne est de demander une preuve d'âge à toute personne qui semble avoir moins de 25 ans.
- Personne pour surveiller. Dans 93 % des visites, aucun employé n'était présent dans la Zone SAQ. Dans 76 % des cas, l'alcool, y compris les spiritueux, était en libre accès, pas sous clé.
- Les caisses libre-service, encore moins de contrôle. La vente a été refusée dans 10,5 % des transactions en libre-service, contre 26,2 % avec un employé à la caisse.
« Vendre de l'alcool de façon responsable, c'est un métier. Ça prend du monde formé, du temps et de l'encadrement, explique Martin Lachance, président du SEMB-SAQ. On ne blâme pas les commis d'épicerie ou de dépanneur, mais nous avons la meilleure expertise au monde pour vendre de l'alcool. »
Caroline Senneville, présidente de la CSN, aborde les impacts sociaux du virage de la SAQ : « la vente responsable ne devrait pas reposer uniquement sur la vigilance et le jugement individuel d'un commis, mais aussi sur un ensemble de bonnes pratiques, de processus et de mécanismes qui encadrent la vente d'alcool, il en va de la santé publique! ».
À voir trop grand, la SAQ perd de vue sa mission
« L'expansion à tous vents de la SAQ, sans égard à la santé publique et aux règles en place, nuit aux Québécoises et aux Québécois, explique Simon-Mathieu Malenfant, vice-président-trésorier de la FEESP-CSN. Non seulement nous laissons aller une partie du profit entre les mains du privé, mais en plus, la SAQ se lave les mains de sa responsabilité envers le public en appliquant un laisser-aller dans les zones SAQ. En cherchant à faire toujours plus de profit, la SAQ s'éloigne de sa mission. »
Ce que le SEMB-SAQ demande
Le SEMB-SAQ demande à la SAQ de mettre en pause ses nouveaux projets d'expansion tant qu'un examen rigoureux de leurs impacts sur la santé publique et sur les pratiques de vente responsable n'aura pas été réalisé. Convaincu que l'expertise de la SAQ et de son personnel demeure le meilleur modèle pour encadrer la vente d'alcool au Québec, le syndicat réclame également une vaste consultation sur l'avenir de la distribution et de la vente d'alcool au Québec, à laquelle l'ensemble des acteurs concernés devra être invité et entendu. Dans cet esprit, le SEMB-SAQ demande au nouveau gouvernement et à la SAQ de faire le point sur l'expansion des Zones SAQ avant d'en ouvrir d'autres, et que l'expertise du personnel des succursales soit pleinement reconnue comme un outil essentiel de santé publique.
À propos de l'étude
ENIPSO, cabinet-conseil québécois, a réalisé 191 visites en juillet et août 2026 selon quatre scénarios : jeune de 18 à 25 ans seul, groupe de jeunes, parent avec un mineur et client en état d'ébriété. Les commerces n'étaient pas informés de la démarche. Les mineurs n'ont jamais acheté d'alcool eux-mêmes; le protocole était encadré par la firme.
À propos du SEMB-SAQ
Le Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ) représente les 5000 employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ, partout au Québec. Il est affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), qui compte plus de 425 syndicats affiliés représentant 65 000 membres œuvrant dans le domaine des services publics et parapublics. Forte de 350 000 membres, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) est présente dans l'ensemble des régions du Québec et ailleurs au Canada.
SOURCE CSN - Confédération des syndicats nationaux

Renseignements : Valérie Gilker Létourneau, conseillère aux communications, (514) 588-1654
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